Votre action a été enregistrée avec succès !


expo_cercle_3 RENÉ MAGRITTE

21/09/2016 > 23/01/2017

Centre Pompidou - PARIS
expo_cercle_4 CY TWOMBLY

30/11/2016 > 24/04/2017

Centre Pompidou - PARIS

LA NEWSLETTER

En Irak, le palais de Sadam Hussein est devenu un musée

Jéremy Billault 28 septembre 2016

Share on FacebookTweet about this on TwitterGoogle+

Cette semaine, en Irak, un projet de plusieurs années a ouvert ses portes : l’ouverture d’une institution culturelle à Bassora, en Irak. Alors que l’Etat Islamique occupe toujours une partie du pays, l’Irak ouvre un musée d’art antique, ode au patrimoine dans un endroit lourd de sens : l’ancien palais de Sadam Hussein. 

saddam-tt-width-653-height-368-fill-1-crop-0-bgcolor-ffffff-1

© DR

C’est une grande première lourde de signification. En Irak, à Bassora, une nouvelle institution culturelle ouvre ses portes, cela ne s’était pas vu depuis la guerre, depuis 2003. Alors que l’Etat Islamique contrôle toujours le nord du pays et fait des ravages sur le patrimoine culturel, ici comme en Syrie, cette institution culturelle est une réponse, un hommage à ce que les barbares détestent : un musée d’art antique. Pour l’heure, faute de financement, une seule salle a pu être inaugurée, mais l’Irak compte bien faire de l’endroit un lieu culturel d’exception, symbole de renouveau, du rayonnement culturel d’un pays au patrimoine extrêmement riche.

Tabula rasa

Et l’endroit sera symbolique. Car, outre son ouverture qui défie ce que l’on aurait pu attendre des crises, de l’après guerre, de la bataille quotidienne avec Daech, l’idée même de l’emplacement de ce musée impressionne : à Bassora, il est installé dans un palais jadis somptueux, un palais qui, après 2003 a servi de base aux soldats britanniques. Ce palais, c’est celui de Sadam Hussein. Il aura fallu la proposition un peu folle de Qahtan al-Abeed, directeur du département de Bassora au Conseil national des antiquités et du patrimoine et un financement de 3,5 millions d’euros pour transformer ce lieu qui fut historique et, on le sait depuis son ouverture il y a quelques jours, le sera encore à l’avenir. Pour  Qahtan al-Abeed, devenu directeur du musée, il s’agit là de  «remplacer l’évocation de la dictature et de la tyrannie par les thèmes de la civilisation et de l’humanité». Pour relancer son économie, l’Irak espère pouvoir compter sur le tourisme, aussi fallait-il un projet de cette envergure (symbolique si ce n’est littérale).

Exploit

L’ouverture du nouveau musée de Bassora a été une véritable prouesse, de l’idée à sa réalisation. Pillé en 1991 pendant la guerre du Golfe, endommagé en 2003, l’ancien musée de Bassora a enchaîné les dommages. Ses collections avaient heureusement été transférées à Bagdad. Ce sont ces mêmes collections, celles qui racontent l’histoire de la ville de Bassora, qu’il a fallu faire revenir , pour qu’elles soient exposées dans la première salle du nouveau musée. Sculptures, statuettes, pièces de monnaie, le transfert fut difficile mais Qahtan al-Abeed a pu compter; et compte toujours, sur plusieurs dizaines de volontaires, déterminés à mettre ce projet à bien. Dans les années qui viennent,le directeur espère bien pouvoir étendre ses collections et occuper tout le palais métamorphosé, notamment grâce à des financements venus d’associations britanniques ou encore de l’entreprise pétrolière BP, tout aussi britannique.

LES DERNIERS ARTICLES

AJOUTER UN COMMENTAIRE