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Anna Malagrida, la face cachée du PMU au Centre Pompidou

Jéremy Billault 28 septembre 2016

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Depuis 2010, le PMU donne chaque année Carte Blanche à un photographe, dans sa volonté de soutenir la création contemporaine. Cette année, c’est la photographe espagnole Anna Malagrida, lauréate 2016, qui a l’occasion, jusqu’au 17 octobre, de revisiter l’univers étrange des salles de jeu dans une exposition au Centre Pompidou. 

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© Anna Malagrida

D’un partenariat a priori surprenant naît parfois un travail créatif tout à fait intéressant. Ici, les partenaires sont un mécène que l’on associe pas immédiatement à une quelconque pratique artistique et une institution culturelle qui compte parmi les plus importante de France qui fêtera bientôt son quarantième anniversaire : le PMU et le Centre Pompidou. Depuis 2010, ce partenariat prend la forme d’un prix de photo, une Carte Blanche PMU dont le lauréat, qui reçoit une dotation de 20 000 euros, bénéficie d’une exposition dans la galerie photo du Centre Pompidou, à Paris.

Turfitudes

Jusqu’au 17 octobre prochain, il sera donc possible d’assister à l’exposition, en entrée libre, de la photographe espagnole Anna Malagrida, heureuse élue du jury en cette année 2016. Particularité de cette Carte Blanche (qui du coup n’est pas vraiment d’une blancheur éclatante) : l’artiste associé doit rendre un projet inédit qui donnera sa propre vision de l’entreprise et du monde des courses. Pour Anna Malagrida, cela s’est traduit par une interprétation plutôt théâtrale du PMU du coin (littéralement, de celui qui jouxte le musée, rue du Renard) et des personnages qui l’habitent.

Les 200m² du petit espace d’exposition, qui avaient récemment accueilli les charmantes photos cubaines d’Agnès Varda, sont divisés en deux parties. La première salle est dédiée à la photo, à des portraits sans visages de mains très expressives, celles des joueurs qu’on imagine en plein débat ou animés par la tension extrême d’une course à grand enjeu. Tension qui se confirme à travers les quelques grilles de pari récoltés par l’artiste, broyés, roulés en cônes ou en paille (voire même en… libellule-papillon (?)).

La seconde pièce est une installation immersive qui, on peut le dire, est inattendue. Trois vidéos projetées sur le mur central, à droite et à gauche qui filment trois points-de-vue différents sut ce qui a tout l’air d’être une rue parisienne des plus ordinaires. On distingue même son nom, rue du Renard. Vous y êtes, nous aussi : l’artiste a filmé trois plans séquences de trois endroits différents à l’intérieur du PMU du coin.

The dark side of the PMU

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© Anna Malagrida

Au cœur du Centre Pompidou, Musée National d’Art Moderne, on est soudain immergé dans une « salle de jeu », face à face avec un homme qui nous regarde fixement (nous ou l’écran au-dessus de la caméra) et qui ne sait probablement pas que jusqu’au 17 octobre des centaines de visiteurs vont s’accrocher à lui, à son regard, en attendant que quelque chose se passe. Evidemment ce ne sera jamais le cas, nous avons affaire à l’atmosphère pure, brute du centre de jeu, plein de vie et d’agitation. L’artiste s’est installée dans deux PMU différents, le plus proche du Centre Pompidou et celui de la rue du Quatre Septembre : deux salles, deux ambiances et une immersion plutôt réaliste qui donnerait presque envie, en plein musée, de regarder une course ou deux, voire même de miser sur le bon cheval. Ou au moins de commander un Ricard.

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