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Nuit Blanche : Abraham Poincheval perché à 20m de haut Gare de Lyon

Laura Bourdon 27 septembre 2016

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Depuis hier lundi 26 septembre, la Gare de Lyon se met au diapason de la Nuit Blanche. Deux œuvres annonciatrices du parcours ont été dévoilées. Aussi, six jours avant le top départ officiel, les visiteurs pourront découvrir dans la Galerie des Fresques une myriade de chats, signés Alain Séchas, patientant sagement jusqu’à l’arrivée en gare du héros et fil conducteur du parcours imaginé pour la Nuit Blanche, du nom de Poliphile. Un protagoniste fort attendu puisqu’Abraham Poincheval, guettant lui aussi l’arrivée du héros, s’est posté sur une vigie de 15 mètres de haut dont il ne descendra pas, jour et nuit pendant six jours, jusqu’au lancement de la Nuit Blanche prévu le 1er octobre à 19 heures…

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Alain Séchas devant la Galerie des Fresques, gare de Lyon, lundi 26 septembre © Laura Bourdon

Munis de panneaux d’accueil et de bouquets de fleurs, les chats peints par Alain Séchas sur les miroirs de la Galerie des Fresques, Paris gare de Lyon, sont fins prêts pour l’accueil de Poliphile. De quoi susciter l’intérêt des voyageurs à la vue de cet attroupement de félins en état d’attente, à la façon d’une famille regroupée sur le quai de la gare à l’arrivée d’un proche. Cette scène d’apparence quotidienne puise son inspiration dans une gravure du XVe siècle, réalisée pour illustrer le songe de Poliphile. C’est aussi la première étape du parcours imaginé dans le cadre de la Nuit Blanche 2016, une première étape sur un quai de gare ; la gare vue comme un lieu de passage mais surtout, comme un lieu de connexion et de rencontre. Car là est bien tout le propos : une rencontre se prépare…

Non-loin de là sur le parvis de la gare, Abraham Poincheval guette aussi l’arrivée de Poliphile… Et comment ? Juché sur sa vigie, un mât de 90cm x 1m60, à 15 mètres de hauteur ! Il va habiter là, jour et nuit pendant 6 jours, muni du strict nécessaire : ce qu’il faut pour faire face aux intempéries, vingt litres d’eau, un tapis de sol, un duvet, et un carnet pour tenir un journal de bord.

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Abraham Poincheval, se hissant sur sa vigie, lundi 26 septembre, parvis de Gare de Lyon ©AFP

L’artiste est déjà un habitué des défis de ce genre, lui qui, déjà, a hiberné pendant treize jours à l’intérieur d’un ours au musée de la Chasse et de la Nature, s’est enfermé dans une bouteille voguant au fil du Rhône et s’est immergé dans une grotte, privé de lumière pendant une semaine. A la différence tout de même qu’habituellement posté dans des espaces ultra-confinés, cette fois, c’est plutôt la notion d’enfermement par le vide qui est questionnée.

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Abraham Poincheval du haut de sa vigie © Laura Bourdon

A travers cette performance, l’artiste requestionne le réel. Il ne projette pas une vision en amont mais s’attache à l’expérimentation. Au-delà d’être une épreuve au sens de l’exploit, l’artiste vit ici une véritable expérience de transformation de soi, expérimentant les modes de vie en autarcie et les manières inédites d’habiter le monde, comme autant de moyens de perdre ses repères quotidiens.

Par exemple, il est essentiel ici que l’artiste apprenne à minimiser ses gestes, afin que l’équilibre soit trouvé, entre sa présence et le mince objet sur lequel il est juché. Comme s’il se trouvait à la cime d’une montagne, mais en milieu urbain, l’artiste va veiller pendant six jours. Il a lui-même choisit le lieu, dessiné le mât, et s’inspire dans ses performances de la posture des stylites, ermites chrétiens du Ive et Ve siècle, qui se retiraient au sommet d’une colonne pour pratiquer l’ascèse et méditer. Dans cette posture, Abraham Poincheval entre dans un état méditatif, au-delà même du rêveur, il guettera pendant toute cette semaine l’arrivée de la Nuit Blanche et surtout, celle de Poliphile…

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