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Nuit Blanche 2016 : Mer Intérieure, à découvrir absolument, dans le bassin du Palais de Tokyo

Laura Bourdon 23 septembre 2016

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Il y a 45 millions d’années, le territoire de Paris était encore recouvert d’une mer d’une dizaine de mètres de profondeur, grouillante de vie et d’organismes… En référence à cette histoire géologique, l’artiste brésilien Rodrigo Braga imagine une œuvre in situ située dans le bassin de l’esplanade entre le Palais de Tokyo et le Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris, installée à l’occasion de la Nuit Blanche 2016. Mer Intérieure, c’est une invitation de l’artiste à nous propulser toutes ces années en arrière, mais c’est surtout une invitation à contempler notre capitale autrement, les yeux grands ouverts, écarquillés, afin d’y déceler toutes ses richesses, ses merveilles auprès desquelles nous passons, malheureusement, bien trop souvent à côté.

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Rodrigo Braga, Shells on bridge, Courtesy de l’artiste

Dans le cadre de la Nuit Blanche 2016, suivant les traces de Poliphile, le visiteur découvre sur l’esplanade du Palais de Toko une mer enclavée… dont d’imposants rochers émergent, à la surface. Des rochers à l’allure presque familière. Ils sont en effet extraits d’une carrière de région parisienne, servant généralement la construction des édifices haussmanniens de la capitale. A l’approche de ces rochers calcaires, le visiteur découvre une infinité de fossiles, savamment incrustés dans la pierre, témoins de l’ancienne vie aquatique et grouillante, qui s’étendait sur le bassin parisien il y a plusieurs millions d’années.

D’une remarquable poésie, cette installation est le fruit du travail de l’artiste brésilien Rodrigo Braga. D’abord révélé par la photographie, Rodrigo Braga s’attache à la relation entre la nature et les hommes, le règne animal et le règne végétal, comme dans la dernière série qu’il présente à la 30ème Biennale de Sao Paulo en 2012. Lors de son arrivée à Paris, Rodrigo Braga est saisit d’une image : celle de la mer qui jadis, recouvrait le territoire.

C’est ainsi que naît l’idée de mettre en scène Mer Intérieure et ses traces organiques, s’emparant du paysage minéral de l’esplanade du Palais de Tokyo. « Je travaille sur la capacité de l’être humain à créer des systèmes qui sont liés à la nature, qui la modifient ou en extraient des éléments, et je réalise qu’en dépit de toutes les contradictions possibles, nous faisons partie de cette nature et de ses changements ».

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Rodrigo Braga, Mer intérieure, détail, 2016 © DR

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Rodrigo Braga, Mer intérieure, détail, 2016 © DR

SAM Art Projects

De l’idée à la réalisation, le travail de l’artiste fut appuyé et soutenu par le concours de divers acteurs, à la générosité et l’engagement hors pair. A l’initiative du projet, SAM Art Projects, association loi 1901 désormais reconnue d’utilité publique, portée par Sandra Hegedüs. D’origine brésilienne, Sandra Hegedüs constate avec regret le manque de visibilité d’artistes issus de circuits moins habituels du monde de l’art, notamment d’artistes hors Europe et Amérique du Nord ou de pays dits émergents, alors qu’ils connaissent le succès dans leurs pays respectifs. D’abord collectionneuse, Sandra Hegedüs se dirige vers le mécénat, avec pour objectif de mettre en lumière et permettre à ces artistes de rayonner sur la scène internationale. Depuis 2009, c’est avec un dévouement exceptionnel qu’elle multiplie les actions en faveur d’artistes contemporains à cet effet, à travers, notamment, deux actions principales : la remise du Prix SAM, chaque année, ainsi que l’attribution de résidences artistiques comme c’est le cas de Rodrigo Braga, en France, au Palais de Tokyo.

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Rodrigo Braga, Making of de l’installation Mer intérieure, 2016 © DR

Un mécénat de compétences

Par-delà l’action financière, le projet bénéficie aussi de mécénat de compétences. En effet, du choix des pierres et leur découpe, de l’incrustation de fossiles jusqu’au transport de 45 pierres de taille sur l’esplanade du Palais en plein coeur de Paris, soit 40 m3 de pierres pour un poids variant pour chaque unité, entre 500 kg et 6 tonnes, mieux vaut s’armer d’une bonne équipe. Pour cela, SAM Art Projects s’est entouré d’entreprises de pointe, d’expertise, depuis l’acquisition des matières premières jusque dans le transport des matériaux finaux, en passant, bien sûr, par la phase réalisation. Directeur de l’entreprise France Lanord et Bichaton, entreprise dédiée à la construction et la restauration de patrimoine située à Nancy, Olivier Crancée n’hésite pas à ouvrir son atelier et mettre à la disposition de SAM Art Projects et de l’artiste, une équipe de professionnels dédiée. Référence dans son domaine, l’entreprise est notamment amenée à réaliser la plupart des chefs-d’oeuvres nancéens de l’Art Nouveau, aux côtés de designers et d’architectes de renommée comme Louis Majorelle.

Une véritable collaboration naît de cette mise en relation entre l’artiste et l’équipe d’experts (dont un Meilleur ouvrier de France en taille de pierre) ; un travail « main dans la main » où chacun apporte sa pierre à l’édifice : le savoir-faire du professionnel, l’imagination de l’artiste, le tout permettant de pousser la technologie au-delà de ses frontières et d’impulser l’innovation, pour atteindre la prouesse technique. Un pari audacieux, qui démontre l’investissement de l’entreprise nancéenne en soutien aux actions artistiques les plus emblématiques de la création actuelle.

Sous les pavés, la plage…

Déployée le 1er octobre, Mer Intérieure sera visible jusqu’au 18 décembre. Nous ne pouvons que vous inviter à venir vous emparer, vous aussi, de ce paysage métamorphosé que nous offre Rodrigo Braga aux abords du Palais. Comme si la mer venait tout juste de se retirer, laissant apparaître une cascade de rochers peuplés de coquillages, depuis l’esplanade du Palais de Tokyo jusque dans les profondeurs de son bassin. Pour un instant de poésie, de magie, comme un rappel de notre histoire, un rappel aussi de toutes ces mystérieuses beautés naturelles qui finalement, nous entourent. Elles sont là, ces merveilles, ces traces de l’histoire, juste sous nos yeux. Il suffit de se laisser aller à la contemplation, et peut-être, tout simplement, d’apprendre à les regarder…

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