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Ai Weiwei et la crise des migrants : l’artiste installe des canots de sauvetage sur la façade du Palazzo Strozzi

Laura Bourdon 23 septembre 2016

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A l’occasion de la grande rétrospective de celui qui est probablement l’un des artistes le plus médiatique et dissident chinois, Ai Weiwei, organisée par le Palazzo Strozzi à Florence, l’artiste se démarque par une nouvelle intervention qui créé déjà l’engouement. Cette fois, Ai Weiwei poursuit sa quête de revendication en faveur de la cause des migrants, entamée il y a déjà plusieurs mois, s’exportant du musée afin de marquer son empreinte tangible sur la façade du Palazzo Strozzi, joyau architectural considéré comme l’un des plus prestigieux de la capitale toscane. 

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Reframe © Site officiel Palazzo Strozzi, Courtesy of Ai Weiwei Studio

Du 23 septembre au 22 janvier 2017, le Palazzo Strozzi, véritable écrin architectural de la capitale toscane, accueille l’activiste Ai Weiwei dans le cadre d’une rétrospective présentée comme majeure. L’exposition à peine inaugurée, l’artiste fait déjà des émules avant même que le public ne franchisse les portes du Palais… L’artiste y expose en effet une installation d’envergure, visible depuis la rue : 22 canots de sauvetage pneumatiques orange superposés sur deux façades du palais Renaissance, encadrant les fenêtres du 2e étage.

Cette nouvelle œuvre intitulée « Reframe «  (Recadrer) se veut, au-delà d’un geste purement artistique, une véritable dénonciation politique, défendant la cause de millions de migrants mettant leur vie en péril chaque semaine sur des embarcations de fortune en Méditerranée. Une cause pour laquelle Ai Weiwei se bat depuis maintenant plusieurs mois.

Une photo publiée par Ai Weiwei (@aiww) le

En février à Berlin, il avait déjà évoqué la tragédie des migrants avec une autre installation pour le moins spectaculaire, alliant là aussi, patrimoine et actualité, ayant recouvert les colonnes de la Konzethaus de 14000 gilets de sauvetage orange récupérés sur l’île grecque de Lesbos. « J’ai visité des dizaines de camps de réfugiés, en Grèce, en Turquie, en Syrie, en Israël ou dans la bande de Gaza, et j’ai parlé avec tous ces gens (…). Ceux qui se battent pour leur liberté sont les héros d’aujourd’hui et mon travail n’est que de leur dire le profond respect que j’ai pour eux », déclare l’artiste.

« Reframe » est un véritable coup  d’éclat pour le Palazzo Strozzi, qui reçoit déjà sur sa page Facebook  de nombreuses critiques dénonçant l’affront esthétique, le vandalisme, ou encore « l’attaque idéologique à un des plus beaux édifices du monde ». Bien sûr, l’exposition du Palais ne s’arrête pas à sa devanture. Une soixantaine d’œuvres de l’artiste sont regroupées, entre installations monumentales, sculptures et photographie. Le public pourra notamment redécouvrir quelques-unes des œuvres les plus emblématiques d’Ai Weiwei, avec entre autres, la série de photographie « doigts d’honneur », réalisée par l’artiste devant les sites les plus réputés de la planète comme la place Tiananmen à Pékin, le Maison Blanche et la Tour Eiffel. Certaines des propositions ont été conçues spécifiquement pour l’exposition. C’est le cas d’une série de portraits réalisés à partir de Lego, représentant de célèbres figures contestataires : Dante, Savonarole ou Galilée. « Ces figures de l’histoire ont contesté à leur époque pour faire avancer les choses, il ne faut pas l’oublier », souligne l’artiste. Aussi, au beau milieu de la cour du Palais trône une installation géante de 5 tonnes, constituée de panneaux solaires, déjà présentée à San Francisco sur l’île d’Alcatraz. Elle témoigne de l’engagement de l’artiste pour la liberté.

Une photo publiée par Ai Weiwei (@aiww) le

Baptisée « Ai Weiwei Libero » (Ai Weiwei libre), l’exposition se poursuivra jusqu’au 22 janvier 2017 et semble une fois de plus secouer tant le monde artistique que politique. Car on l’aura compris, chez l’artiste chinois, « l’enjeu précède l’œuvre », et c’est de l’enjeu politique pour ne pas dire historique dont il est question ici. Une bataille que l’artiste mène au quotidien, à travers une résistance active et une oeuvre absorbée, si ce n’est transcendée, par son combat.

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