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Provoke, la revue qui changea l’Histoire de la photo

Jéremy Billault 21 septembre 2016

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Jusqu’au 11 décembre prochain, le BAL (Paris, 18) présente la première grande exposition consacrée à une revue et à un mouvement décisif dans l’Histoire de la photographie : Provoke. Parue en trois numéros à la fin des années 60, Provoke est un manifeste, un art poétique décidé à remettre la subjectivité au cœur de la photographie, dans un contexte politique extrêmement tendu. Une exposition incroyablement documentée qui offre au visiteur les meilleures conditions pour réfléchir, découvrir ou redécouvrir le mouvement.

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Portrait de Takuma Nakahira Shinjuku, Shōmei Tōmatsu © Shōmei Tōmatsu – INTERFACE

Nous avons là probablement affaire à l’une des expositions les plus précieuses de la rentrée. L’endroit ? Le BAL, centre d’art fondé par Raymond Depardon consacré à l’image et au document (photographie, vidéo, cinéma, nouveaux médias) installé dans une ancienne salle de bal du 18ème arrondissement. Le sujet ? Provoke. Une revue japonaise dont les trois numéros sont sortis entre 1968 et 1969, créée par un collectif de photographes, de poètes et de penseurs et rapidement devenue un manifeste, politique et esthétique malgré sa parution plutôt confidentielle. Née dans le contexte tendu d’une société japonaise en pleine métamorphose et en pleine rébellion face à l’emprise américaine, Provoke prend des positions radicales, rejette la photographie conventionnelle et son rôle de pure représentation en multipliant les influences artistiques.

Recherches

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Nobuyoshi Araki, sans titre, 1973 © Nobuyoshi Araki / Collection Art Institute of Chicago

Pour mettre en place la première grande exposition consacrée au sujet, le BAL a bien fait les choses : il y a trois ans, le centre d’art a initié un groupe de recherche international, composé d’artistes, critiques, historiens, galeristes et collectionneurs venus d’Europe, des Etats-Unis et, bien sûr, du Japon. Le résultat est probablement ce que l’on pouvait espérer de mieux pour aborder le sujet, qu’on le découvre ou qu’on le connaisse : une vaste exposition qui présente le contexte dans lequel est né le mouvement avant d’exposer le contenu des trois (plus un) numéros plutôt rares de Provoke tout en s’attardant sur chacun de ses artistes clés.

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Kōji Taki, photographie extraite de Provoke 3, 1969 © Yōsuke Taki / Collection privée

Au Japon, les années 60 sont marquées par d’importants mouvements de contestation, notamment motivée par la présence de bases américaines sur le territoire en pleine guerre du Vietnam. Ce climat tendu provoque la création d’un grand nombre d’associations d’étudiants, de photographes et de journalistes, qui utilisent la photographie pour informer, témoigner à travers des publications indépendantes sur les réseaux militants. C’est dans cette veine que sera créée Provoke, avec des intentions plus ambitieuses et révolutionnaires quant à sa conception de la photographie.

«Une bombe»

La grande salle en est la démonstration. Les trois numéros (auxquels s’ajoute un ouvrage qui  regroupe les numéros 4 et 5, jamais parus en tant que tels) sont présentés en intégralité sur trois murs. Autour, les œuvres emblématiques de trois artistes du collectif,  Takuma Nakahira, Daido Moriyama et Yutaka Takanashi. Parfois explosive, parfois habitée par une immense tension, presque tactile, ou même abstraite, la photographie est totalement remise en question ; elle replace le regard au cœur de la création, la subjectivité au cœur la représentation.

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Anonyme, Contestation autour de la construction de l’aéroport de Narita, c. 1969, Collection Art Institute of Chicago

Nobuyoshi Araki, récemment très remarqué dans sa fabuleuse exposition au musée Guimet, qui n’a, à son grand regret, jamais fait partie du collectif, aura pourtant été l’une des voix qui comptent, celles qui ont éclairé le monde sur ce qui se trame derrière cette revue distribuée à quelques privilégiés et à quelque tokyoïtes sélectionnés au hasard dans l’annuaire. C’est probablement pour cette raison et pour l’affinité théorique qui lie Araki et les photographes de Provoke que l’on le retrouve discrètement dans l’exposition du BAL. « Provoke m’a inspiré, La plupart des gens n’y ont pas prêté attention, mais ce mouvement a eu l’effet d’une bombe ». 

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Daido Moriyama , sans titre, photographie extraite de la série Accident (Akushidento), 1969 © Daido Moriyama / Collection de la Shadai Gallery, Tokyo Polytechnic University

Inutile d’approfondir, tant l’exposition du BAL est bien réalisée : scientifiquement, esthétiquement, émotionnellement, l’immersion est totale. Elle nous plonge dans une époque, dans un mouvement à l’énergie extraordinaire (notamment à travers les nombreuses photos de performances spectaculaires de l’époque) et parvient à illustrer à quel point Provoke a  influencé  l’Histoire de la photographie. Précieuse, indeed.

PROVOKE

14/09/2016 > 11/12/2016

Le BAL

PARIS

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