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Poète, bricoleur, créateur de spectacles : bienvenue dans l’univers de Gilbert Peyre

Laura Bourdon 19 septembre 2016

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Il y a des enfants qui s’amusent avec des objets achetés par leurs parents… Et il y a ceux qui fabriquent leurs propres jouets. Gilbert Peyre est de ceux-là. Complètement autodidacte, l’artiste s’est construit un monde imaginaire autour d’automates articulés, où son, musique et voix contribuent à donner une âme à ses machines électroniques, tout aussi fantasques que farfelues faisant dialoguer avec brio la poésie, l’humour et le caustique. Cap sur une exposition ludique et inventive, unique en son genre. 

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J’ai froid, 1998-2000, électropneumatique © Gilbert Peyre, photo David Damoison

Né en 1947, Gilbert Peyre commence très tôt à fabriquer lui-même ses propres jouets. Un plaisir qui le poursuivra jusqu’à ce que ses jouets soient vendus sur le marché aux Puces de Saint-Ouen dans les années 70. Artiste autodidacte, il s’initie peu à peu à l’électromécanique dans les années 90, en s’associant avec un ingénieur de la Société Loupi Electronic. Progressivement, l’électronique et la programmation informatique s’installent dans ses créations. Par cette progression de sa pratique, il devient un artiste à la croisée des genres : entre ingénieur et plasticien, mécanicien et poète, inventant et réinventant des mises en scènes aux allures de spectacle de cirque et d’ambiance de fête foraine, sur fond de théâtre et d’opéra…

En 1987, la Halle Saint Pierre découvre Gilbert Peyre. Elle présente ses œuvres en première mondiale dans plusieurs expositions et lui consacre une première monographie en 2000. Il sera par ailleurs montré au sein d’expositions collectives à la Fondation Cartier, au Musée Bourdelle, à la FIAC ou encore à l’exposition Persona du Quai Branly. Ses œuvres montent sur scène en 1995, dans un spectacle chorégraphique qu’il intitule « SculpturOpéras ». En 2009 il est repéré par le réalisateur Jean-Pierre Jeunet. Fasciné par l’univers du plasticien dont la pratique se saisit de matériaux de récupération, de bricoles et d’outils qu’il empile et mécanise, Jean-Pierre Jeunet créé expressément le personnage de Petit-Pierre dans son film Micmacs à tire-larigot, afin d’utiliser les sculptures mouvantes.

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Rap Danse, 1998, électromécanique © Gilbert Peyre, photo J. Littkemann

Bienvenue donc, dans le monde enchanté de Gilbert Peyre à la Halle Saint-Pierre. Metteur en scène du rêve et de l’imaginaire, nous sommes d’entrée de jeu plongés dans une salle obscure où d’étranges créatures s’animent avec virtuosité. La musique bat son plein, nous sommes accueillis par une de ces fameuses machines extravagantes de laquelle émane la voix d’Edith Piaf. Un peu plus loin, dans une ambiance tamisée, notre regard est captivé par une marionnette animée : c’est une souris, elle nous livre son show de danse sur fond de rap, semblant jouer ici sa plus belle performance. On y rencontre des coqs, des poupées métalliques, des danseuses de flamenco ; les thèmes de l’enfance et de l’Espagne sont prégnants. On y découvre des instruments de musique jouant leurs propres partitions ; des peintures qui s’animent, des parties de cartes qui se jouent toute seules… Nous prenons garde à ne pas pervertir le circuit mécanique du vélo circulant tout autour de cet ensemble, formant un véritable spectacle de machines animées, une performance d’installations mécaniques, pneumatiques et musicales, aux combinaisons ambivalentes, à la fois captivantes et burlesques.

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Partie de cartes, 1991, électromécanique © Gilbert Peyre photo Fred Burnier

Une salle de vidéo permet de découvrir l’envers du décor : l’atelier de Gilbert Peyre. Nous entrons ici plus amplement dans son monde où finalement, création et existence semblent se confondre. A l’étage, nous découvrons les installations les plus ambitieuses de l’artiste. « La mécanique est la plus belle partie de l’objet », dit Gilbert Peyre. Associant la technologie de pointe aux matériaux condamnés comme obsolètes, Gilbert Peyre conduit à leur réhabilitation. Tel un magicien, il redonne élan et vie à ces objets dont l’actionnement révèle une extraordinaire force expressive.

Fervent promoteur de l’art brut et de l’art singulier, la programmation de la Halle Saint Pierre nous permet aujourd’hui de découvrir ce type de propositions à la fois singulière et décalée. Dans son exposition qu’il intitule Electromécanomaniaque, Gilbert Peyre nous offre un véritable spectacle-performance. Nous entrons comme dans une bulle, le temps s’arrête et nous ne cessons d’être surpris, à chaque détour de sculpture ou d’installation. A travers cette mise en scène pleine de surprises, Gilbert Peyre allie savamment prouesses techniques et esthétique foraine, le tout avec beaucoup d’humour. En circulant au milieu des œuvres, nos âmes d’enfants se révèlent, on progresse au cœur d’un monde peuplé de légendes et d’êtres hybrides. Electromécanomaniaque devrait ravir à coup sûr, toutes celles et ceux ayant gardé une âme d’enfant.

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