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Kiosques à journaux parisiens : un nouveau projet, toujours des polémiques

Agathe Lautréamont 19 septembre 2016

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On le sait depuis déjà plusieurs mois, l’actuelle maire de Paris Anne Hidalgo a décidé de remplacer les historiques kiosques à journaux de la capitale pour de nouveaux modèles, qui seront progressivement déployés entre 2017 et 2019. Après un premier design  qui avait suscité beaucoup de polémiques au cours de l’été, c’est un second modèle qui a été révélé en ce milieu de mois de septembre. Pas sûr que les flammes de la polémique ne soient éteintes pour autant…

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© Mairie de Paris

Jeudi 15 septembre dernier, la mairie de Paris par les voix de Bruno Julliard et Olivia Polski a révélé le nouveau visage des kiosques à journaux qui vont bientôt apparaître dans tout le paysage de la capitale. Nouveau, car c’est là le deuxième projet à être révélé pour la rénovation de ces espaces de vente, créés par Mediakiosk en partenariat avec la designer Matali Crasset. En mai dernier, le tout premier visage des petites baraques vertes avait en effet provoqué une levée de bouclier de la part des amoureux du patrimoine français et des riverains soucieux que Paris conserve un visage reconnaissable, ancré dans une image historique et romantique.

Stop donc, à la modernisation à outrance.  Car sur ce premier dessin, le toit arrondi et gris métallisé avait cristallisé pas mal de polémiques, tandis que l’intérieur blanc, trop épuré, trop lisse, ne correspondait en rien à l’image que l’on se fait traditionnellement d’un kiosque à journaux. Matali Crasset a donc revu  sa copie. À la place du gris, un toit vert et strié, qui s’inspire des « ateliers parisiens » si l’on en croit les mots de Bruno Julliard, le premier adjoint de la maire de Paris.

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Les kiosques actuels © Betrand Guay – Getty Images

Souci de l’environnement oblige, les nouveaux kiosques à journaux seront plus spacieux que leurs prédécesseurs, mais surtout « eco-friendly ». Mieux isolés, il n’y aura donc plus de perte d’énergie, et cela améliorera dans le même temps les conditions de travail des kiosquiers. Un système de chauffage, un plancher isolant et des vitres amovibles au niveau du comptoir permettront aux vendeurs de journaux de mieux lutter contre le froid, l’humidité et la pluie.

Du côté des matériaux, ceux utilisés pour la construction des abris sont en fait des produits recyclés ou revalorisés. En ce qui concerne l’éclairage, la facture d’électricité devrait se trouver réduite de 54%, grâce à un nouveau système d’ampoules LED, moins gourmandes en énergie.  Pas sûr cependant, que les écrans installés à l’extérieur des kiosques seront, eux, éco-responsables… En tout et pour tout, le déploiement des nouveaux kiosques coûtera 1.85 millions d’euros par an.

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La première proposition © Mairie de Paris

Mais si l’on en croit la communication de la mairie de Paris, ce remplacement des kiosques pour de nouveaux modèles n’est pas qu’une question esthétique. Il s’agirait également de promouvoir davantage la presse écrite et les points de distribution. L’espace de vente, plus vaste que le précédent, devrait permettre de mettre davantage en valeur les journaux et les autres produits vendus par le kiosquier. Olivia Polski, adjointe chargée du commerce, de l’artisanat, des professions libérales et indépendantes, a tenu à souligner pendant la présentation du nouveau modèle de kiosque : « l’engagement de la Ville de Paris dans le soutien à la vente de la presse écrite, la diffusion de la presse et l’amélioration des conditions de travail des kiosquiers. Ce à quoi elle ajoute : « Ces nouveaux modèles de kiosque de presse offriront un nouveau visage de la presse à Paris avec un accès à la presse renouvelé et attractif ».

Un nouveau design, plus ancré dans la modernité, et qui va remplacer un modèle présent dans le paysage parisien depuis 1980, permettra-t-il de relancer les ventes de journaux papiers ? C’est en tout cas ce qu’espère la mairie de Paris, qui de son côté ne cesse de marteler à qui veut l’entendre que les kiosques actuels, appelés à être remplacés, ne sont en aucun cas d’authentiques modèles haussmanniens mais bien des copies « en plastique » qui n’ont donc aucune valeur historique. Mais qu’en est-il de l’image de Paris ? Motus.

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