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Munch, Monet, Hodler : rencontre de trois géants au Musée Marmottan-Monet

Agathe Lautréamont 14 septembre 2016

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Pour cette rentrée 2016, le Musée Marmottan-Monet poursuit sur sa lancée des expositions transversales, qui rapproche les genres, les époques et les styles ; dans la continuité d’expositions comme L’art et l’enfant ou La toilette. Pour ce mois de septembre, l’institution de l’ouest parisien a décidé de frapper un grand coup et réunit dans un même parcours aussi coloré qu’inattendu trois grands génies de la peinture, qui ne se sont pourtant jamais rencontrés : Claude Monet, Edvard Munch et Ferdinand Hodler. L’accrochage s’attache à nous apprendre à quel point ce trio d’artistes a bien plus en commun qu’on ne l’imagine en vérité… Visite d’une exposition qu’il ne faut pas manquer !

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Claude Monet, Coucher de soleil à Étretat, 1883 © Musée des Beaux-Arts de Nancy

Moderne, Claude Monet ? Indubitablement ! Si le célèbre peintre français est surtout fêté comme le plus éminent membre de l’école Impressionniste, il n’en demeure pas moins que les toiles de la fin de sa vie lorgnent plus du côté de l’abstraction que de celui des touches enlevées et délicates de l’impressionnisme. Et de plus en plus à notre époque contemporaine, les études tendent à toujours plus rapprocher l’artiste de Giverny de l’art de la seconde moitié du XXe siècle, tant les liens entre les deux périodes artistiques sont des plus troublants.

Entre deux courants

Or, dans la continuité de cette logique, le musée Marmottan-Monet a décidé de lui aussi étudier la question, en confrontant plusieurs œuvres du maître Monet aux travaux de deux de ses contemporains. L’un est suisse, l’autre norvégien. Ils ne se rencontrèrent jamais et pourtant, leurs travaux placés côte à côte dans les salles d’expositions du musée établissent un dialogue des plus troublants.

Ce rapprochement donne donc naissance à l’exposition Hodler, Monet, Munch : peindre l’impossible, qui suit un parcours strictement thématique, dans une explosion de couleurs et de formes qui enchantent l’œil et suscitent nombre d’émotions vives.

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Edvard Munch, Hommes noir et jaune dans la neige, 1910-1912 © Musée Munch, Oslo

Une réunion

C’est la première fois que ces trois peintres sont réunis dans le cadre d’une même exposition, aussi est-ce non sans une certaine fébrilité que l’on pénètre dans le nouvel accrochage de Marmottan-Monet. Mais pourquoi ce sous-titre : « Peindre l’impossible » ? Parce que les trois hommes, à un moment de leur carrière, se sont penchés sur le défi colossal de peindre des éléments de la nature qui forcent à l’inventivité, à la technique mais aussi à développer une part d’imaginaire : la lumière vive, l’eau mouvante, la neige étincelante.

Tous trois ont également en commun d’être de grands voyageurs, qui ne se contentent jamais de leur petit univers toujours trop vite trop étroit, de leur zone de confort qu’ils transgressent sans cesse et qui cherchent constamment à découvrir d’autres horizons susceptibles de nourrir leur inspiration. Les mutations technologiques de leur époque (entre autre, l’essor fulgurant du chemin de fer) permettent ces déplacements plus rapides et plus confortables.

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Ferdinand Hodler, Lac de Thoune et chaîne de Stockhorn, 1904 © Collection Christoph Blocher

Peindre les éléments

Dans sa correspondance, en 1887, Claude Monet explique au sujet de ton tableau La barque : « J’ai repris encore des choses impossibles à faire : de l’eau avec de l’herbe qui ondule dans le fond… C’est admirable à voir, mais c’est à rendre fou de vouloir faire ça. » Et cette quête de la représentation impossible, Hodler et Munch la recherchaient également.

Mais parvenir à reproduire de tels motifs sur une toile demande une extrême rigueur, un investissement physique puisqu’il faut être au plus près du motif pour espérer obtenir un résultat ressemblant et savoir aussi s’accommoder des vaguelettes qui rident la surface de l’eau, des reflets de lumière qui jouent avec la transparence de l’onde, et des touches colorées qui rendent compte de la profondeur de l’étang ou de la rivière.

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Claude Monet, La maison vue du jardin aux roses, 1922-1924 © Bridgeman Art Library

Relever des défis

L’étape sur l’étude de la neige par les trois peintres est probablement la plus éblouissante, au sens propre comme au figuré. Voyageant en Norvège pour Monet, peignant sur le motif dans leurs terres natales pour Munch et Hodler, les grandes étendues de poudreuse blanche sont un sujet inépuisable pour le trio de peintre, qui comprend bien que la neige n’est pas une simple étendue morne et blanche, mais un volume à la densité changeante, aux coloris délicats et inattendus, aux nuances subtiles. La représenter est un défi pour l’artiste, et les trois artistes mis en avant par l’exposition s’en tirent, chacun dans leur style, avec brio.

Alors, tentés ? Car tout ceci n’est en vérité qu’un avant-goût de toutes les belles surprises réservées par le dernier accrochage du musée parisien. Vous avez jusqu’au 22 janvier prochain pour courir au Musée Marmottan-Monet !

HODLER MONET MUNCH

15/09/2016 > 22/01/2017

Musée Marmottan Monet

PARIS

Pourquoi réunir le temps d'une exposition Ferdinand Hodler, Claude Monet et Edvard Munch ? Parce que ce sont des peintres essentiels de la ...

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