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Le Vitrail aux 100 Visages récompensé par le Prix Liliane Bettencourt

Laura Bourdon 13 septembre 2016

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Dynamiser les savoir-faire d’excellence et accroître leur rayonnement, tant en France qu’à l’étranger, est l’un des objectifs tenu par le Prix Liliane Bettencourt pour l’intelligence de la main, qui aura récompensé depuis sa création en 1999 plus de 90 artisans d’art. C’est donc une multitude de savoir-faire qui sont ici mis en avant, appuyés et soutenus financièrement, par l’action de la Fondation aujourd’hui reconnue comme un vrai label d’excellence par les professionnels. Plus qu’une récompense, le Prix Liliane Bettencourt constitue une référence dans la mise en valeur des métiers d’art. Le Vitrail aux 100 Visages est l’une des créations récompensées cette année : une expérience collaborative ayant donné naissance à une véritable prouesse technique, une synthèse entre innovation et tradition, ou comment traduire l’œuvre d’un photographe sur un vitrail. Coup de projecteur.

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© Sophie Zénon pour la Fondation Bettencourt Schueller

Le 9 juin dernier, le Prix Liliane Bettencourt pour l’intelligence de la main annonçait les lauréats de sa 17e édition. Depuis l’année 2014, trois récompenses sont remises pour trois catégories distinctes : Talents d’exception, qui attribue cette année son prix à Didier Mutel, graveur, imprimeur en taille douce, pour son livre d’artiste R217A ; Parcours, attribué au Label Dentelle de Calais-Caudry ; et la catégorie Dialogues, mettant en avant la collaboration entre un artisan d’art et un créateur, attribué cette année à l’un des plus prestigieux maître-vitrailliste dénommé Pierre-Alain Parot pour son travail avec l’artiste plastisienne Veronique Ellena : le Vitrail aux 100 Visages, de la Cathédrale de Strasbourg, que nous avons rencontré.

Un procédé inédit

Pour célébrer ses 1000 ans, la Cathédrale de Strasbourg se dotait en 2015 d’un tout-nouveau vitrail dans la chapelle Sainte Catherine : un véritable chef-d’œuvre, monumental et novateur de par la technique employée et son concept alliant technologie de pointe et savoir-faire traditionnel. Le résultat est époustouflant et vient s’intégrer à un ensemble de vitraux de prestige datés du XIVe siècle.

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Veronique Ellena, artiste plasticienne, et Pierre-Alain Parot, vitrailliste © Sophie Zénon pour la Fondation Bettencourt Schueller

« Ils ne savaient pas que c’était impossible… Alors ils l’ont fait ! ». Ce travail, c’est le résultat de plusieurs mois de collaboration entre Pierre-Alain Parot et Veronique Ellena. Et lorsque deux sensibilités artistiques se confondent, cela peut faire bien des miracles : la preuve avec ce vitrail monumental, créé à partir d’un procédé tout à fait inédit qu’est la reproduction photographique sur verre à partir d’une technique de reproduction d’images numérique. Les limites techniques d’un procédé industriel et ancestral ont ici été poussées et détournées, au profit d’un procédé artistique.

L’atelier historique de Pierre-Alain Parot

C’est au cœur de la ville d’Aiserey, sur la Côte d’or, proche de Dijon, que Pierre-Alain Parot s’est entouré d’une équipe pluridisciplinaire et hautement qualifiés de quatorze compagnons, afin d’œuvrer à la préservation d’un métier historique d’excellence. C’est en 1972 que Pierre-Alain Parot reprend l’atelier de vitrail familial, pour en faire aujourd’hui l’un des plus importants et des plus prestigieux, notamment labellisé « Entreprise du patrimoine vivant ».

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Vue de l’atelier de Pierre-Alain Parot © Sophie Zénon pour la Fondation Bettencourt Schueller

Dans le cadre de la création du Vitrail aux 100 visages, la mise au point de la technique de reproduction de l’image sur verre a été vécue telle une véritable aventure technologique, pensée en étroite collaboration avec le bureau de recherche de Saint-Gobain.

Concrètement, l’œuvre est construite autour d’un assemblage de deux couches de verres. La première couche est réalisée à partir d’un procédé révolutionnaire de dépôt mécanique numérique sur verre. Une fois le décor prêt, il est cuit dans des fours de fibre céramique, entre 620 et 640 degrés, étape essentielle qui va permettre d’intégrer le décor à la matière afin de le rendre indélébile.

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Vue de l’atelier de Pierre-Alain Parot © Sophie Zénon pour la Fondation Bettencourt Schueller

A cette première couche en est apposée une seconde donnant naissance à un double-vitrail : une nécessité d’une part pour protéger le décor des agressions extérieures mais aussi pour rehausser les couleurs, initialement trop faibles en valeur. Cette seconde couche correspond à un travail traditionnel : elle est composée de verre de couleurs soufflés à la bouche, préalablement travaillé par gravure, émaillage, assemblage avant d’être montés en plomb.

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Vue de l’atelier de Pierre-Alain Parot © Sophie Zénon pour la Fondation Bettencourt Schueller

Un Vitrail aux 100 visages

Le vitrail de la Chapelle Sainte Catherine s’élance sur huit mètres de haut. Il est composé de deux baies, assemblées par huit panneaux. En véritable Ode à la nature, la baie de gauche a été pensée en hommage à Sainte Catherine, proche de la nature et des choses simples. Elle est peuplée de végétation, de fruits, d’animaux symboliques, capturés par Veronique Ellena ayant sillonné toute la France à la recherche de ces beautés naturelles. Plus notre regard s’élève vers le ciel, plus le décor naturel est pur.

La baie de droite représente le visage du Christ bénissant du peintre flamand Hans Hemling, choisi par la photographe notamment pour ses qualités de douceur : son visage, son regard, suscitent bien-être et apaisement, qualités recherchées pour l’ensemble du vitrail. Et l’originalité de cette œuvre, par-delà la mise au point de sa technique novatrice, c’est également la mise en abyme de près de 200 visages, photographiés par Veronique Ellena qui sont ici intégrés et juxtaposés, formant le visage du Christ. Une action qui s’inscrit dans la volonté de rendre pérenne ces visages, ainsi qu’un appel à la tolérance et à la notion de vivre ensemble.

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Vue de l’atelier de Pierre-Alain Parot © Sophie Zénon pour la Fondation Bettencourt Schueller

Le début d’une grande aventure

A l’aune de ce projet : la volonté de réintroduire le vitrail, auparavant beaucoup plus présent dans notre quotidien. On le retrouve aujourd’hui beaucoup plus dans les pays d’Europe du Nord, ou encore sur les façades d’hôpitaux d’Angleterre, mais bien moins dans la sphère publique et privée. L’atelier de Pierre-Alain Parot répond d’ailleurs majoritairement à des commandes publiques liées à la restauration (à hauteur de 80%), les 20% restant étant consacrés à la création. L’idée, c’est donc de s’approprier ce nouveau procédé de façon artistique et de faire progresser le projet, réintroduisant petit à petit le vitrail contemporain dans l’espace public, comme le déclare Pierre-Alain Parot. « Il constitue le début d’une véritable aventure. Nous souhaitons en effet développer cette technique dans l’univers de l’artisanat d’art en créant une « Factory » d’impressions numériques sur le verre. (…) Il s’agit là d’un nouveau moyen d’expression du vitrail contemporain qui, je l’espère, retrouvera ses lettres de noblesse, pas seulement pour des commandes publiques mais aussi pour des particuliers ».

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