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La Finlande ne veut pas de son musée Guggenheim…

Agathe Lautréamont 12 septembre 2016

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Les temps sont durs pour tout le monde, même pour les pays scandinaves réputés pour être ceux connaissant la meilleure santé économique de l’Union Européenne. Dernier exemple en date : la Finlande, qui a fait savoir par la voix de sa capitale Helsinki, qu’elle allait faire quelques coupes dans le budget du Ministère de la Culture. Première victime de cette décision : le projet de la grande ville de se doter de son propre musée Guggenheim.

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© Moreau Kusunoki Architectes

Le projet remonte à 2011 et pourtant, six ans plus tard, la construction ou non d’un musée Guggenheim en plein cœur d’Helsinki reste une pomme de la discorde pour les hommes politiques du pays. La semaine dernière, le gouvernement finlandais a débattu de son budget et bien sûr, la question du musée est revenue sur la table. Et coup de tonnerre : les politiciens ont décidé qu’il n’y aurait aucun financement de la part de l’État pour mener à bien la construction, arguant que le Guggenheim représenterait une charge colossale pour le pays mais également pour les contributeurs, alors que la situation économique de la Finlande n’est plus aussi idéale qu’elle a pu l’être quelques années auparavant… En 2015, le pays a en effet connu un début de récession, tandis que le chômage est en augmentation.

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© Moreau Kusunoki Architectes

Mais en vérité, depuis la première évocation du projet en 2011, le Musée Guggenheim Helsinki n’a cessé de voir des obstacles se dresser sur son chemin. Quand la Fondation Solomon R. Guggenheim a pour la première fois lancé cette idée de nouvelle institution, déjà à cette époque les citoyens finlandais s’étaient opposés au plan, en majorité du fait que la charge que cela représenterait pour le contribuable. Autre argument avancé : que le Guggenheim face de l’ombre aux institutions déjà existantes dans la capitale de ce pays nordique d’un peu plus de 5 millions d’habitants. Helsinki avait donc rejeté dans un premier temps la proposition, forçant la Fondation à mettre son projet en suspens.

Coup de théâtre en 2015 : le projet est relancé, et semblait véritablement sur les startin’ blocks, lorsqu’un projet architectural dessiné par le studio de design Moreau-Kusunoki remporta une compétition internationale. La proposition, décrite par les membres du jury comme « un pavillon fragmenté, non-hiérarchisé, où l’art et la société pourraient se rencontrer et se mélanger », avait suscité l’enthousiasme. Mais il semblerait que c’était pour mieux faire machine arrière en 2016, quand les dirigeants Finlandais ont refusé d’allouer les 40 millions d’euros nécessaires à l’édification du bâtiment. Rien de bien surprenant, quand on connaît la politique d’austérité budgétaire menée par le gouvernement de coalition dirigé par le Premier Ministre Juha Sipilä (composé du Parti du centre, du parti des Vrais Finlandais et du Parti de la coalition nationale). Objectif : tenter de réduire la dette publique.

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© Moreau Kusunoki Architectes

Interrogé par l’agence Reuters à ce sujet, le membre du parti d’extrême-droite les Vrais Finlandais et élu dans la circonscription d’Helsinki Sampo Terho a expliqué que la décision, cette fois-ci, était immuable. Celui-ci s’est défendu de toute opposition au projet en lui-même, mais estime que la période est très mal choisie pour demander à l’État finlandais une telle participation financière. Mais c’est sans compter les nombreux soutiens au Guggenheim, qui estiment qu’une institution aussi prestigieuse pourrait stimuler sensiblement l’économie de la capitale finlandaise et donnerait un coup de boost au tourisme dans le pays. Exemple le plus généralement utilisée : le Guggenheim Bilbao, dessiné par l’architecte superstar Frank Gehry, qui a aidé à transformer la petite ville espagnole en une destination immanquable pour les amoureux d’art (à tel point qu’un nom a été donné au phénomène : « l’effet Bilbao »). Au bout du compte, l’État serait gagnant de l’installation du nouveau musée dans la capitale, sans compter que la création de l’institution amènerait à la création de nombreux emplois.

Malgré ce revers, la Fondation Guggenheim a expliqué qu’elle continuerait à discuter avec la Finlande de ce sujet, et pourquoi pas tenter de trouver d’autres sources de financement pour l’érection du bâtiment. Malheureusement, il faudra tout de même récolter environ 135 millions d’euros pour mener le projet à bien. Une somme bien trop importante pour être apportée uniquement par la ville d’Helsinki et les financements privés…

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