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Le fonds photographique Albert Kahn est maintenant disponible en ligne !

Agathe Lautréamont 6 septembre 2016

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C’est le résultat d’un travail de longue haleine que propose le site internet du Musée Albert Kahn de Boulogne-Billancourt. Les archives photographiques du voyageur et philanthrope Albert Kahn (1860-1940), qui représentent un fonds de 72 000 ( ! ) autochromes, sont peu à peu numérisées par l’équipe du musée, puis rendues disponibles en ligne. Une collection exceptionnelle, composée au cours de la première moitié du XXe siècle, et un témoignage inestimable sur les peuples du monde.

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Chaque photo est accompagnée d’une légende très complète © Collections Albert Kahn

Lorsque l’on pense aujourd’hui au nom d’Albert Kahn, la première image nous venant à l’esprit est probablement celle de son jardin japonais situé à Boulogne-Billancourt ; témoignage d’un attachement profond à la culture nippone et à sa pratique paysagiste qui se rapporte à un art à part entière. Mais cet ancien banquier né en 1860 avait une autre passion, tout aussi dévorante, que le jardinage : la photographie. Grand philanthrope curieux de son époque mais aussi des cultures lointaines, Kahn cherchait à travers ses voyages et ses images à promouvoir un message de paix et de tolérance grâce à la rencontre avec l’Autre.

C’est ainsi qu’entre 1909 et 1931, le riche homme d’affaires parcouru la planète avec une équipe de chercheurs à ses côtés, saisissant tout ce qu’il voyait grâce à la technique dite de l’autochrome. Ce procédé de restitution photographique des couleurs, inventé par les célèbres frères Auguste et Louis Lumière en 1903.

Cette technique est en réalité le tout premier procédé industriel de photographie en couleur, qui permet de produire des images positives sur plaques de verre. L’autochrome a principalement été utilisée entre 1907 et 1932 et aujourd’hui, les autochromes les plus célèbres passés dans la mémoire collective sont ceux saisis dans les tranchées de la Première Guerre mondiale.

Les archives du monde

Bosnie, Sarajevo, Deux Serbes

Bosnie, Sarajevo, Deux Serbes, octobre 1912 © Collections Albert Kahn

Albert Kahn, friand de cette technique et ayant déjà pressenti l’importance de l’image pour le témoignage ethnologique et humanitaire, ne se déplaçait jamais dans un pays étranger sans son matériel ; afin de figer dans sa mémoire autant que sur des photographies les merveilles et les personnes qu’il rencontrait au hasard de ses pérégrinations.

De nos jours, des campagnes du philanthrope sur toute la surface terrestre,  nous reste un fonds muséal exceptionnel. Jugez plutôt : pas moins d’une centaine d’heures de films (en noir et blanc, cela va de soi) mais surtout un ensemble de 72 000 autochromes ! Le travail d’Albert Kahn est donc central aussi bien dans les balbutiements de la photographie que dans la transmission du souvenir de mondes éphémères.

Interrogé en janvier 1912 sur sa pratique photographique et ses incessants voyages, le riche banquier avait expliqué : « La photographie stéréoscopique, les projections, le cinématographe surtout, voilà ce que je voudrais faire fonctionner en grand afin de fixer une fois pour toutes des aspects, des pratiques et des modes de l’activité humaine dont la disparition fatale n’est plus qu’une question de temps ».

L’ancêtre de la photographie

Serbie, Monastir Bitolj, Chez le riche Serbe, 3 filles de Smilevo et la petite fille de la maison en costume plutôt citadin

Serbie, Monastir Bitolj, 3 filles Serbes et une fillette, mai 1913 © Collections Albert Kahn

La plus grande partie des autochromes conservées aujourd’hui au sein du Musée Albert Kahn de Boulogne-Billancourt a donc été prise par le philanthrope lui-même, entre 1908 et 1909 ; ces images ayant été réalisées en Chine, au Japon, au Brésil, aux États-Unis, en Uruguay ou encore en Argentine. Passé cette époque, il s’entoura d’une équipe de chercheurs qui vont poursuivre avec lui cette grande quête d’une collection ethnographique qu’il baptise alors « Les archives du monde ».

Jusqu’en 1931, Kahn et ses collaborateurs ont couvert pas moins de soixante pays et rassemblé le fond absolument exceptionnel que l’on peut découvrir aujourd’hui dans le musée qui porte son nom. Et depuis dix ans, les équipes de l’institution muséale se sont lancés dans une tâche complexe et fastidieuse : numériser, une à une, chaque plaque autochrome afin de les rendre disponibles directement sur le web.

Japon

Geisha et maiko, Kyōto, Japon, octobre-novembre 1912 © Collections Albert Kahn

Ces archives sortent donc peu à peu des réserves du centre culturel, mais pour le moment, « seulement » 23 000 autochromes peuvent être découvertes sur la page internet du Musée Albert Kahn. Au fil des années cependant, le reste de la collection devrait rejoindre ceux déjà en ligne.

Ces archives en ligne sont parfaitement organisées et peuvent être consultées par thème (villes, commerces, paysages, populations) et chaque image se trouve accompagnée d’un texte de présentation, lui-même adjoint d’une légende détaillant le lieu, l’opérateur et la date de la prise de vue.

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