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Une sculpture flottante pour dire la douleur des réfugiés nord-coréens

Agathe Lautréamont 5 septembre 2016

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Ce week-end, le long du cours tranquille de la Tamise qui traverse Londres, les habitants de la mégalopole européenne ont vu apparaître, puis s’illuminer dans la nuit, une étrange sculpture cubique flottante. Non loin de la Tate Modern, cette œuvre collaborative, installée à l’initiative de l’artiste Ik-Joong Kang, est composée de dessins réalisés par des hommes et des femmes qui, il y a soixante ans, sont parvenus à fuir la Corée du Nord.

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Ik-Joong Kang, Floating Dreams, 2016 © Peter McDiarmid

En ce début de mois de septembre, se déroule à Londres le festival Totally Thames, une célébration artistique prévue pour s’étirer jusqu’à la fin du mois et se dérouler soit aux abords, soit directement sur la Tamise. Dans ce cadre, l’artiste Ik-Joong Kang a révélé sa nouvelle sculpture, baptisée « Floating Dreams » (Rêves flottants), juste à côté du Millenium Bridge.

Un simple cube, éthéré, glissant tranquillement sur les eaux du fleuve et s’éclairant une fois que la nuit tombe. Mais si l’on s’approche suffisamment de l’installation, on se rend compte que celle-ci est en fait composée de dessins. Cinq cents dessins, pour être tout à fait exacte. Et ces esquisses, colorées ou sombres, enfantines ou maîtrisées, s’offrent au regard des passants à la façon d’un mémorial.

L’œuvre d’Ik-Joong Kang rend en effet un poignant hommage aux millions de personnes déplacées et à un peuple entier brusquement divisé suite à la Guerre de Corée (1950-1953). Mais loin de seulement rappeler un épisode tragique de l’histoire du continent asiatique, la sculpture cherche, avant tout, à porter un message d’espoir : celui d’une réunification prochaine des deux Corée : nord et sud.

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Ik-Joong Kang, Floating Dreams, 2016 © Peter McDiarmid

Des rêves en papier de riz

Jusqu’au 30 septembre prochain donc, l’œuvre d’Ik-Joong Kang va éclairer les eaux qui passent sous le Millenium Bridge, à quelques pas de la Tate Modern. Afin de mener à bien cette installation émouvante, l’artiste d’origines sud-coréennes est retourné dans sa terre natale afin de partir à la rencontre d’hommes et de femmes qui sont parvenus à fuir la dictature nord-coréenne lors de la partition du pays, il y a une soixantaine d’années.

Pour la plupart, ces témoins du terrible conflit ont entre 80 et 90 ans et tous ont accepté avec plaisir de répondre à la demande de l’artiste, à savoir dessiner le souvenir de leurs maisons, de leurs villes natales, avant la guerre. C’est ainsi que méthodiquement, Ik-Joong Kang a rassemblé pas moins d’un demi-millier de dessins, qui ont ensuite été soigneusement transférés sur du papier de riz coréen traditionnel (un carré de 26 centimètres de côté), appelé Hanji.

Chaque œuvre est donc unique, et porte le poids du souvenir d’un individu précis, empreint de douleur ou de joie, de nostalgie de l’enfance ou de regret d’une époque définitivement perdue.

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Ik-Joong Kang, Floating Dreams, 2016 © Peter McDiarmid

Un message d’espoir

L’ensemble final mesure en tout sept mètres de haut et est surmonté de la sculpture d’un petit enfant tenant à la main une lampe allumée. En réalisant une mosaïque de 500 témoignages différents pour une œuvre unique finale, Ik-Joong Kang espère mettre en lumière la douleur et l’espoir de tous ces coréens qui sont devenus des déplacés forcés à cause de la guerre. Au travers de « Floating Dreams », c’est un message de paix qui est transmis aux passants qui viendront admirer l’installation.

Sur la berge, proche du Milllenium Bridge, des panneaux reproduisent les témoignages, cette fois-ci écrits, de certains participants à la sculpture. Ainsi Hyosoup Hwang, un médecin à la retraite de 80 ans, explique : « J’aimerais retourner un jour dans l’hôpital que mon père a bâti en Corée du Nord. J’attends la réunification des deux Corée depuis si longtemps… »

De nos jours, les deux Corée sont toujours techniquement en guerre, après qu’un armistice a été signé entre les deux partis le 27 juillet 1953. Depuis, c’est le statu quo puisqu’aucun traité de paix n’a jamais été établi.

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