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La National Portrait Gallery hésite à restaurer un portrait de William Shakespeare

Agathe Lautréamont 31 août 2016

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Une des œuvres les plus emblématiques de la National Portrait Gallery, un portrait du plus célèbre des dramaturges, William Shakespeare, va peut-être avoir droit à un sérieux coup de propre. L’idée a été avancée à l’occasion d’un séminaire organisé par un musée, mais la restauration d’une telle œuvre n’est jamais sans risque. L’institution rendra sa décision dans le courant de l’année 2017…

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John Taylor, Portrait présumé de William Shakespeare, 1600-1610 © Wikimedia Commons

Si de nombreux débats animent encore les échanges entre les universitaires concernant l’œuvre du dramaturge anglais William Shakespeare, que l’on se rassure : il en existe également au sujet des portraits du grand écrivain de l’ère élisabéthaine !

Aujourd’hui, il n’existe que deux représentations certaines qui sont reconnues sans aucune ambiguïté pour être celles de l’écrivain, même si elles sont toutes les deux posthumes : le Portrait Droeshout, qui a servi de frontispice au Premier Folio, recueil d’œuvres de Shakespeare imprimé en 1622 et le buste qui fait partie du monument funéraire en mémoire de Shakespeare, qui se situe dans le chœur de l’église de la Sainte-Trinité de Stratford-upon-Avon.

Celui qui se trouve aujourd’hui au sein de la National Portrait Gallery de Londres, le Portrait Chandos, est encore controversé. Probablement exécuté entre 1600 et 1610, cette estimation ferait donc de lui le seul tableau réalisé du vivant de l’auteur du Marchand de Venise. La toile aurait été peinte par l’artiste John Taylor, un ami supposé du grand dramaturge. Malheureusement, en plus du mystère quant à la véritable date de réalisation de l’œuvre, l’identité même du peintre, Taylor, demeure empreinte de mystère…

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Le Portrait Droeshout, qui apparaît sur le Premier Folio © Wikimedia Commons

Une histoire mouvementée

Au cours de la décennie 1660, le Portrait Chandos, déjà présenté à l’époque comme une représentation du visage de William Shakespeare, fut accroché au sein du Duke’s Theatre de Londres. Au cours des XVIIe et XVIIIe siècles, l’œuvre souffrit de plusieurs altérations et éraflures, ainsi que d’une tentative de restauration des plus douteuses. Aujourd’hui, il est nommé « Portrait Chandos » en référence au Duc de Chandos qui se porta acquéreur du portrait en 1789. Puis, en 1856, l’œuvre entra dans l’histoire comme la toute première œuvre d’art offerte à la National Portrait Gallery, sous le numéro d’inventaire NPG1.

De nos jours, le Portrait Chandos est considéré comme une véritable relique, une mine d’or pour l’Histoire et la postérité. Extrêmement fragile du fait de son histoire mouvementée (il ne reste aujourd’hui qu’une très fine couche de peinture), les conservateurs réfléchissent depuis plusieurs années à une restauration qui permettrait au portrait de retrouver tout son éclat : il faudrait effacer des retouches anciennes qui ont allongé la barbe et les cheveux du dramaturge et gratter une couche de vernis vieillie qui donne une teinte jaunâtre et assombrie, peu flatteuse, à la peinture.

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Une salle de la National Portrait Gallery © Wikimedia Commons

Une restauration délicate

Une restauration relèverait donc du défi pour les spécialistes. D’abord, il conviendra de ne pas altérer la peinture utilisée pour le portrait, effacer les ajouts peu scrupuleux (qui commencent d’ailleurs à s’effacer d’eux-mêmes) puis évaluer l’ancienneté du vernis jauni avant de procéder à son retrait.

Mais la perspective la plus excitante pour les conservateurs, est bien la possibilité d’en apprendre davantage sur l’homme qui se trouve représenté sur cette toile. Est-il, oui ou non, William Shakespeare comme on le soupçonne fortement depuis tant d’années ? En effaçant le vernis détérioré et les ajouts successifs au fil des siècles, les spécialistes auront peut-être la surprise de découvrir un tout nouveau visage, peut-être bien plus ressemblant au véritable Shakespeare, à condition que le modèle soit bien celui que l’on espère…

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