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ART-O-RAMA, la foire qui lance la rentrée de l’art contemporain à Marseille

exponaute 30 août 2016

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Oubliez les foires géantes où des centaines de galeries sont présentes, Art-O-Rama est une foire à taille humaine qui présente 21 galeries qui ont toute en commun la particularité de défendre la jeune création contemporaine. Cette 10ème édition toujours orchestrée par Jérôme Patalacci réaffirme les valeurs fortes de cet événement à savoir : présenter des artistes émergents, privilégier la prise de risques et favoriser la création locale tout en lui donnant une existence à l’international. Le résultat ? Une sélection intéressante de près de 37 exposants, des partis pris parfois glissants mais assumés et surtout, une vision panoramique de cette scène émergente et internationale pas toujours facile à pénétrer. Immersion.

FricheTourPanorama@CarolineDutrey

@Caroline Dutrey

C’est sous un soleil de plomb et au grès des brises provoquées par les jolis éventails jaune estampillés Art-o-rama que la foire s’est ouverte. Jérôme Patalacci n’oublie pas d’évoquer son mentor, Roger Pailhas, galeriste emblématique de Marseille reconnu pour son audace et son goût pour la jeune création.  Disparu en 2005, la foire lui rend hommage cette année, en créant un prix à son nom. Ce prix récompense le meilleur projet curatorial de la foire en offrant à son participant les frais de participation à la foire. Cette première édition été décernée à la galerie parisienne Crève-Cœur qui présentait un projet collectif intitulé « Salon d’été ». Mettant en avant les pièces de Julien Carreyn, Renaud Jerez, Than Hussein Clark, Adriana Minoliti, et Jorge Pedro Núñez, les artistes ont créé une sorte de foyer au cœur duquel le mobilier oscille entre décoration et fonctionnalité onirique. Résolument immersive (on se serait bien couché entre les bras diaboliques du sofa de Renaud Jerez), l’ensemble des pièces dialogue de manière fluide. On se réjouit de ce succès qui soutient une galerie qui ne manque effectivement pas d’audace dans ses choix curatoriaux.

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Vue de l’exposition, galerie Crève-Cœur © Crève-Cœur

Couleur…

Samedi donc, c’est à 15h30 que ce sont ouvertes les portes de la foire. En y pénétrant, le premier projet qui s’offre au visiteur est celui de Mahatsanga Le Dantec : un bureau explosé, une chaise typique de celle que l’on trouve dans les open-space, renversée, un mur éventré, le tout maintenu figé par des tiges de métal noir, ouvre les festivités. Onirique ou cauchemardesque, cette installation spectaculaire donne le ton.

A quelques encablures de là, notre œil est attiré par les toiles d’Alejandra Hernandez exposées par la galerie italienne Laveronica arte contemporanea, Modica. Peinture figurative, ultra référencée et non dénuée d’humour, on aime cet univers coloré qui peut sembler naïf au premier coup d’œil mais qui est loin d’être léger dans ses thématiques. 1er solo show de l’artiste qui termine actuellement un post diplôme à la HISK, on salue, encore une fois, cette prise de risque du galeriste qui lui offre une belle exposition auprès des collectionneurs.

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Vue de l’exposition, galerie Crève-Cœur © Crève-Cœur

Cette avalanche de couleurs semble presque répondre aux choix de la galerie de L21 basée à Palma de Majorque qui met à l’honneur les œuvres de Rafa Forteza tout aussi colorées. Sa galerie se plait à affirmer : « L’artiste associe différents éléments sur une même surface. Il empile des matériaux, assemble et relie, tel un puzzle dont les pièces forment ses sculptures et peintures (…) Il ne conçoit pas le processus créatif comme un jeu, puisqu’il n’y a pas de règles ni d’instructions qu’il faut apprendre à l’avance. L’artiste ne croit pas en l’explication des œuvres. Il espère plutôt créer des pièces qui vont faire réagir et ressentir les visiteurs.»

Les couleurs, la sensation de chaleur, on la retrouve aussi dans les choix de la galerie parisienne Joseph Tang. En effet celui-ci a souhaité répondre à la problématique exposée par Joseph Kosuth : « Si une photographie est considérée comme une preuve présupposée de quelque chose et que la peinture fait autorité en matière de représentation, comment réconcilie-t-on la vérité physique d’un objet, l’entière propriété de l’objet/sculpture ? » mais à l’heure de la génération post-internet, les réponses n’ont rien à voir avec celle de Kosuth. Julie Béna, Sean Bluechel, Adam Cruces, Pepo Salazar y répondent à leur façon et on aime les différentes formes des réponses avec une affection toute particulière pour les fruits en coupe d’Adam Cruces.

… Et vidéo

La vidéo occupe également une place prépondérante dans la foire notamment dans le Show Room consacré à la jeune scène artistique issue des écoles d’art de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur. L’œuvre de Jean-Loup Faurat à mi-chemin entre installation musicale, technologique et cinématographique est aussi drôle que fascinante. En effet Jean- Loup Faurat réutilise une scène du film de Steven Spielberg « Close Encounters of the Third Kind » dans laquelle des scientifiques tentent de créer un nouveau langage afin d’entrer en contact avec une entité extraterrestre par le biais de synthétiseurs et de panneaux lumineux. L’artiste sépare chaque son sur un canal distinct afin d’isoler les communications des scientifiques de celles des extraterrestres illustrées à la fois par des sons et des signaux lumineux. L’enregistrement initial a donc muté et il en résulte un ajout paradoxal de valeur esthétique.

Clémentine Roche, également présente dans la sélection du Show Room , s’intéresse quant à elle à la sphère intime d’un personnage « P » qui s’est reclus stratégiquement afin de se protéger des agressions extérieures dans son projet « Mirador ». La jeune artiste adopte le point de vue de ce personnage et crée une installation vidéo complétée par un recueil photographique composé par 800 images prises par « P ». Vidéo et photos décrivent cette perception du monde nécessairement conditionnée par la peur. Toute la scénographie (vidéo et photographique) est la vision du monde de ce personnage à travers ses fenêtres. Le résultat est un projet introspectif qui sonde les paranoïas, la claustrophobie et les manies de ce personnage. Mais la démarche de Roche est également humaniste puisqu’elle questionne finalement la frontière entre réalité objective et subjective.

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Vue de l’exposition © Sabrina Belouaar

On pourrait continuer l’inventaire des artistes et des galeries, mais être exhaustif en parlant d’Art-o-rama est un exercice difficile pour ne pas dire impossible. L’important, c’est l’envie, l’envie d’avoir envie, alors ne doutez pas de la qualité de la sélection de galeries et d’artistes, vous découvrez de nombreuses pépites et apprendrez beaucoup de cette diversité délibérément cosmopolite.

Art-o-rama se tient à la Cartonnerie de la Friche Belle de Mai jusqu’au 11 septembre. A l’occasion de la rentrée de l’art contemporain à Marseille, la Friche accueille également une rétrospective de Raoul Reynolds ainsi que Labor Zero Labor un projet de webtélé artistique coordonné par Benjamin Lavenza et l’exposition « Interprétation à l’œuvre » proposée par l’association Astérides en collaboration avec la Fonderie Darling de Montréal.

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