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Interprétations à l’œuvre : le langage gestuel trituré par 14 artistes

exponaute 29 août 2016

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Une proposition des Astérides et de la Fonderie Darling de Montréal.

Dans le cadre de la rentrée de l’art contemporain de la ville de Marseille, la Friche Belle de Mai est un véritable vivier artistique. Parmi les propositions que l’on retiendra, l’exposition « Interprétations à l’œuvre ». Proposée par le collectif Astérides en collaboration avec la Fonderie Darling, elle questionne le langage gestuel et tente de remettre le public au centre de l’expérience en effaçant les barrières invisibles qui séparent parfois les artistes contemporains du grand public.

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Jimmy Robert, Vocabulary (capture), 2011

Si certains projets de la rentrée de l’art contemporain de Marseille n‘ont pas la prétention (ou l’ambition) de s’adresser au plus grand nombre, on peut affirmer que la proposition des Astérides et de la Fonderie, curatée par Mathilde Guyon et Anne Marie Saint Jean Aubre, tente réellement de recréer du lien entre public et artistes. D’une part en offrant une variété de supports : vidéos, sculptures, performances, dessins sont au programme ; mais également en ayant une approche accessible sans tomber dans la facilité.

La thématique du langage gestuel, avec tout ce qu’elle implique de symbolique, offre l’avantage de se prêter au détournement. On peut citer dans ce sens la vidéo de Jimmy Robert : l’artiste, des écouteurs vissés sur les oreilles, interprète les danses des communautés urbaines que la mondialisation a diffusé aux quatre coins du monde. Le spectateur, n’entend pas la musique diffusée, mais les formes de danses incarnées par Jimmy Robert sont reconnaissables : hip pop, techno, transe, rock, tous les styles y passent et le visiteur s’amuse à essayer de reconnaitre tel ou tel style. En surimpression de la vidéo, des termes en anglais plus ou moins énigmatiques (« Whatever », « Conformist », « Modernist ») apparaissent et viennent nourrir la devinette du langage de la danse, du signe.

L’autre proposition vidéo et plastique que l’on retiendra est celle de Tom Castinel : face à une étagère pleine d’objets du quotidien, l’artiste s’en empare et détourne leur fonction initiale. L’image léchée et fixe met en valeur la dimension absurde du symbole et du langage, faisant ainsi revêtir à ces « choses » une nouvelle dimension, une nouvelle musicalité. Des collages viennent enrichir l’esthétique de l’artiste en faisant écho à la vidéo : des corps découpés écrivent des sortes de partitions musicales que l’on se plait à déchiffrer à la manière d’un musicien.

Tom Castinel, Métachorée (extrait), 2015

 

A l’entrée de l’exposition, c’est une sculpture de Jennifer Caubet qui attire le regard. Habituée à questionner la notion d’espace, la jeune artiste fait régulièrement appel à des ingénieurs et des architectes pour parfaire son travail. Ici, elle fige le mouvement d’un arc sur le point de lancer ses flèches. Intitulé « Extension variable », l’œuvre faite de métal, fil et flèches, questionne à la fois le geste mais également sa temporalité.

Enfin il faut souligner que la présence de la Fonderie de Montréal met en exergue la non-universalité de certains gestes. De l’autre côté de l’atlantique les formes ne sont pas toujours appréhendées de la même façon que sur le continent européen. Le travail vidéo de Samir Ramdani intitulé « Broken leg » illustre cette réalité en s’intéressant au « Street mouvement » des Krampers. Le musicien d’électroacoustique Gilles Grand aborde cette danse en ces termes : « Les Krumpers sont les danseurs de Los Angeles dont les mouvements vifs et heurtés racontent la vie, et la jouissance. Le Krump ou Kingdom Radically Uplifted Mighty Praise, soit approximativement l’éloge puissant d’un royaume radicalement porté est une suite de mouvement dont l’enchaînement conte une histoire.

Samir Ramdani, Broken leg (extrait), 2014. Produit par le Pavillon/Palais de Tokyo et le Musée de la danse de Rennes

 

L’introduction semble nous apprendre ces mots-mouvements. Ensuite les gestes s’accumulent et notre apprentissage rapide de ce langage corporel commence à laisser libre cours à des significations erronées ou incertaines. » Confiait-il à l’occasion du FID (Festival International du Film de Marseille) en 2011. Ce langage corporel engagé et dénonçant un certains nombres de réalités sociales est filmé par Samir Ramdani sans mise en scène. Au cœur des rues de Los Angeles, l’artiste s’intéresse à ce nouveau langage et livre au spectateur, les premières clefs de décryptage de cet art made in USA.

Astérides et la Fonderie ne s’arrêtent pas là, puisque cette exposition est complétée par une programmation de performances. Ce weekend le public a été invité à créer des archives fictives sous la forme de collages d’images « Les Anarchives de la danse » ; les danseurs Bruno Fariasde Mello freire, Adaline Anobile, José Calixto Ramos, et Julie Gouju sont venus interpréter ces collages à la manière d’une partition chorégraphique. Les prochaines performances programmées, seront confiées à Carole Douillard (« Sleeper ») et à Eric Duyckaerts (« Que dire ») le 8 octobre prochain et finalement clôturée par le travail d’Ulla Von Brandenburg intitulé « Hier est aussi demain et aujourd’hui comme ici » les 26 et 27 novembre. Une raison supplémentaire de se presser à la Friche Belle de Mai et de vivre cette expérience.

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