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Festival Visa pour l’Image à Perpignan : la folie du XXIe siècle en photographie

Agathe Lautréamont 29 août 2016

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Ce samedi 27 août débutait la 28e édition du festival international de photojournalisme Visa pour l’Image, dans la ville de Perpignan. Entre la crise migratoire qui frappe l’Europe, les ravages du virus Zika ou la situation des sans-abris au Brésil, l’événement dédié au reportage photographique dresse un bilan bien sombre de la situation de notre monde contemporain… Mais participe, peut-être, à éveiller les consciences.

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L’édition 2014 de Visa pour l’Image © Horacio Villalobos – Getty Images

C’est la première fois depuis la guerre du Kosovo (1998-1999) que le Festival Visa pour l’Image reçoit autant de propositions d’images et de reportages centrées sur une même crise humanitaire historique. En conséquence et en toute logique, c’est bien la crise des migrants qui est la thématique la plus représentée dans le cadre de ce festival culturel du sud de la France.

À l’agence de presse AFP, Jean-François Leroy, directeur et cofondateur de Visa pour l’Image, a précisé que trois expositions couvraient ce sujet. L’une d’entre elles a été réalisée par le membre du bureau de l’AFP à Athènes Aris Messinis, et se concentre sur les flots de réfugiés qui abordent l’île grecque de Lesbos. Le titre, frappant, est « Scènes de guerre en zone de paix ».

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L’édition 2006 de Visa pour l’Image © Homer Sykes – Getty Images

Grèce et Moyen-Orient

Les photographes grecs sont d’ailleurs particulièrement représentés, avec une autre grande figure issue de l’agence Reuters : Yannis Behrakis. Celui-ci est un spécialiste de la couverture des zones de guerre, activité à laquelle il se livre depuis 25 ans. Mais après avoir parcouru le globe, c’est sur ses terres d’origine qu’il est revenu réaliser un dernier reportage, observant les afflux massifs d’Afghans, Irakiens et Syriens fuyant les conflits du Moyen-Orient.

Un spectacle désastreux qui est toujours couvert avec sensibilité et justesse par les reporters mis en avant dans le festival ; à l’image de la photographe Marie Dorigny qui, de son côté, s’est attachée à réaliser des portraits de femmes migrantes arrivant sur les rivages européens, avec dans leurs bras, leurs jeunes enfants.

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L’édition 2006 de Visa pour l’Image © Homer Sykes – Getty Images

Des désastres dont on parle peu

Avec ces nouveaux accrochages, le directeur de Visa pour l’Image ne cache pas son espoir d’alerter pour de bon les consciences et pourquoi pas, améliorer le sort de ces vagues de populations. Si certaines images du conflit syrien ou de la crise migratoire ont particulièrement ému l’opinion publique (comme la photo de l’enfant Aylan retrouvé mort sur une plage turque) ou celle plus récente d’un autre jeune garçon blessé à Alep, Jean-François Leroy regrette cependant que les choses n’aillent jamais au-delà du choc de la photo et de l’émotion sur le moment. Car malheureusement, une photographie n’est jamais parvenue à mettre fin à une guerre.

Ailleurs dans le monde, c’est vers l’Afrique que le photographe Frédéric Noy-Cosmos a décidé de tourner son objectif. Celui-ci a choisi de mener l’enquête sur la périlleuse situation des homosexuels et des personnes transgenres qui vivent sur le continent africain et qui, encore trop souvent, sont persécutés. Du côté de Peter Bauza, qui travaille pour Echo Photojournalism, c’est au Brésil qu’il s’est rendu ces derniers mois. Non pas pour photographier les Jeux Olympiques comme on pourrait le penser de prime abord, mais pour parler de Jambalaya, plus connu sous le nom de Copacabana Palace. Ce complexe immobilier de la ville de Rio de Janeiro est en partie occupé par des familles de sans-abris, qui y mènent une existence terrible dans des conditions insalubres.

Toujours au Brésil, Felipe Dana de Associated Press s’est rendu dans une région pauvre de ce vaste pays, au nord-est, où des centaines de familles doivent vivre avec le fléau qu’est le virus Zika, transmis par les piqûres de moustiques.

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L’édition 2006 de Visa pour l’Image © Homer Sykes – Getty Images

Quid de l’Europe ?

En tout et pour tout, ce ne sont pas moins de 280 agences de presse et 3000 professionnels accrédités, représentant plus de cinquante pays, qui se donnent rendez-vous à Perpignan jusqu’au 11 septembre prochain. L’accent est donc mis sur l’actualité brûlante (les migrants) et les désastres humains ou guerriers qui ne sont que rarement couverts par les grands journaux.

Quant aux attentats terroristes qui ont frappé l’Europe et plus particulièrement la France depuis plusieurs mois, ils ne seront traités que lors de projections, en soirée. Aucune exposition à ce sujet, car selon le directeur du Festival : « On met tous les attentats au même niveau, c’est ma responsabilité en tant que directeur d’un festival international ».

Rendez-vous donc jusqu’au 11 septembre prochain pour un Festival de photographie incontournable, qui met en avant une profession à risque, mais nécessaire pour l’éveil des consciences sur l’état de notre monde au XXIe siècle.

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