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Le Centre Pompidou reçoit un don de 250 œuvres russes et soviétiques !

Agathe Lautréamont 25 août 2016

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C’est une donation exceptionnelle qui sera bientôt présentée au public par le Centre Pompidou. Le musée du cœur de Paris a en effet reçu pas moins de 250 œuvres d’art contemporain, toutes créées entre 1950 et 2000, de la main d’artistes soviétiques et russes. Une plongée qui, si elle n’aspire pas à l’exhaustivité, devrait offrir un panorama étonnant et éclairant de la création du plus vaste pays du continent européen…

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Le Centre Pompidou © DR

À partir du 14 septembre prochain, le grand public aura l’occasion de découvrir une exceptionnelle exposition organisée par le Centre Pompidou. Celle-ci, baptisée « Kollekstia ! », offre à découvrir l’art qui s’est développé pendant l’ère soviétique, puis dans la décennie qui a suivi la chute du bloc de l’Est. Ainsi, le voyage artistique commence dès 1950, avec des artistes taxés de « non-conformistes » comme Vladimir Yakovlev, Yuri Zlotnikov ou encore Francisco Infante qui, grâce à la politique de « dégel » voulue par Nikita Khrouchtchev, ont eu la chance de visiter des expositions internationales et ont vu leur style artistique se transformer considérablement.

Cinquante ans de création

Mais l’embellie connue au cours des années 50 ne dure pas et dès le début de la décennie 1960, l’URSS connaît une nouvelle fermeture artistique. Toute création qui ne se conformerait pas au réalisme socialiste devient indésirable. Viennent les années 1970, et la naissance de l’École Conceptualiste de Moscou qui prend son essor sous la férule d’Ilya Kabakov, Rimma ou encore Viktor Pivovarov. Cette nouvelle conception tend à transcender les frontières entre les genres, et se laisse volontiers influencer par des domaines comme la performance, les arts visuels voire l’écriture poétique.

Résolument conceptuel, l’art de cette époque en URSS se fait avant tout le miroir de la place grandissante glanée par la littérature dans la création artistique russe. À cette école s’ajoute le groupe dit « Mukhomor » comptant des personnalités comme Vadim Zakharov, Yuri Albert ou Mikhaïl Roshal. On trouve également dans cette collection exceptionnelle des œuvres représentantes du Sots Art, qui n’hésite pas à moquer les codes de la propagande soviétique dans des œuvres pop et provocatrices : l’idéologie de l’URSS se trouve joyeusement égratignée et tombe de son piédestal.

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Vladimir Potanin, en 2015 © UK Business Insider

Un art plus riche qu’on ne le pense

L’arrivée des années 1980 rime avec Perestroïka, qui amène dans son sillage une véritable effervescence créative qui mêle à ses influences quelques notes « underground ».  Les jeunes artistes, épris de nouveauté et de liberté, usent de leur art comme d’un reflet pour leurs aspirations à plus de changement et d’émancipation. Dix ans plus tard, le marché de l’art perce en URSS, s’institutionnalise, tandis que la grande maison de ventes Sotheby’s organise sa première enchère à Moscou en 1988. Peu à peu, les différences entre art officiel et non-officiel se gomment, s’estompent, pour peu à peu disparaître totalement à l’aube des années 2000.

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Serges Lasvignes, président du Centre Pompidou © Joel Saget – Getty Images

Toutes ces œuvres offertes par Vladimir Potanin (par le truchement de la Vladimir Potanin Foundation) au Centre Pompidou viennent compléter un fonds artistique déjà riche en œuvres de la main de créateurs russes. L’occasion pour Beaubourg de partager avec le grand public la découverte d’une période artistique bien peu étudiée, mal connue, qu’on imagine muselée du fait de l’avènement du bloc soviétique.

Quant à l’étude de ces œuvres, elle permettra une meilleure connaissance de la production russe au cours de la seconde moitié du XXe siècle. L’exposition s’inscrit dans la programmation de l’année franco-russe du tourisme culturel et s’intègre dans un vaste ensemble d’événements (conférences, projections, débats…) qui s’étendront jusqu’au mois de janvier 2017. En attendant, rendez-vous en septembre pour pouvoir découvrir au Centre Pompidou cette surprenante collection !

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