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Le mystérieux manuscrit de Voynich sera reproduit dans l’espoir d’enfin percer ses secrets

Agathe Lautréamont 22 août 2016

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C’est l’un des livres les plus mystérieux de l’Histoire. Probablement rédigé au cours du XVe siècle, ce manuscrit découvert en 1912 par un bibliophile polonais (Wilfrid M. Voynich) contient des inscriptions qu’aucun scientifique ni cryptographe n’est parvenu à déchiffrer à ce jour.  Le livre conservé depuis 1969 à la Bibliothèque Beinecke de l’Université de Yale, aux USA, va cependant sortir exceptionnellement des collections pour être intégralement reproduit puis diffusé par une petite maison d’édition espagnole. Objectif : le rendre accessible au plus grand nombre afin, peut-être, de percer enfin ses mystères…

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Une page du manuscrit de Voynich, avec les mystérieuses inscriptions © Wikimedia Commons

C’est un petit manuscrit médiéval de 23 centimètres de haut pour 15 centimètres de large. Ses folios, du vélin, ont été datés grâce au recours au Carbone 14, entre 1404 et 1438. À l’intérieur de ses pages, des illustrations représentant des plantes qui n’ont jamais été identifiées ainsi que des lignes et des lignes de textes toutes rédigées dans un langage et un alphabet inconnu. Personne n’a encore réussi à percer le mystère du manuscrit de Voynich. Et c’est ce mystère si impénétrable qui en a fait l’un des documents les plus célèbres de l’histoire de la cryptographie.

Pourtant, des scientifiques de tous horizons et de toutes les époques ont pourtant cherché à décoder les lignes du volume depuis sa découverte en 1912. Ses lignes tracées dans un alphabet délicat, ses plantes aux courbes envoûtantes et ses enluminures représentant de belles créatures nues ne cessent, en effet, de fasciner. Pourtant, du fait de sa fragilité, le manuscrit de Voynich est jalousement conservé à l’Université de Yale, et ne sort des réserves qu’en de rares occasions pour des raisons évidentes de préservation.

Or cette année, le livre va passer entre les mains de Siloe, une petite maison d’édition espagnole qui a obtenu le droit de « cloner » l’ouvrage, après des demandes répétées et pressantes adressées à la bibliothèque américaine pendant près de dix ans !

© CESAR MANSO AFP

Le manuscrit analysé par la maison Siloe, en Espagne © Cesar Manso – AFP

Une reproduction minutieuse et… coûteuse

La maison Siloe s’est spécialisée dans la reproduction d’anciens manuscrits, rendant ainsi accessible au plus grand nombre de véritables trésors historiques, au plus grand bonheur des passionnés d’histoire et des bibliophiles. L’éditeur espagnol a ainsi obtenu le droit de réaliser 898 répliques parfaites du manuscrit de Voynich, si fidèles à l’original de chaque trou, chaque tache, chaque froissement de papier sera intégralement reproduit.

Ce chiffre est une tradition dans la maison : chaque reproduction d’ouvrage est précisément tirée à 898 exemplaires. Chaque volume sera ensuite vendue à un prix situé entre 7000 et 8000 euros. Une somme importante qui ne refroidit cependant pas les amateurs : 300 acquéreurs ont déjà précommandé leur volume !

Cette soudaine décision a été justifiée par le conservateur de la Bibliothèque de Beinecke, en expliquant le nombre important de demandes reçues chaque année par l’Université de Yale de la part de curieux souhaitant consulter le mystérieux livre. Raymond Clemens, interrogé par le journal britannique The Guardian, a précisé que ces facsimilés espagnols permettront à un plus grand nombre de cryptographes en herbe de parcourir l’ouvrage et pourquoi pas, tenter d’en percer les mystères.

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Une page du manuscrit de Voynich  © Wikimedia Commons

Accessibilité au plus grand nombre

Certaines reproductions seront mises à disposition de bibliothèques et universités du monde entier, et la bibliothèque de Yale aura ses propres « clones » qui seront montrés à des étudiants et des lecteurs potentiellement intéressés. Pour la petite anecdote, plus de 90% des accès à la bibliothèque digitale de Yale concernent le manuscrit de Voynich, signe que celui-ci n’en finit pas d’attiser toutes les curiosités.

Pendant très longtemps, on a pensé que le manuscrit de Voynich était l’œuvre d’un moine anglais de l’ordre des franciscains, Roger bacon, qui vécut au cours du XIIIe siècle et était célèbre pour son intérêt dévorant pour l’alchimie ; un penchant qui l’avait fait passer par la case prison. Or, cette théorie avait été balayée par la datation du livre au Carbon 14, qui avance plutôt une fourchette de réalisation entre 1404 et 1438.

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Une page du manuscrit de Voynich © Wikimedia Commons

Alchimie, canular ou… extra-terrestres ?

Toujours est-il que les théories les plus farfelues courent sur le manuscrit de Voynich qui pour le moment, refuse de livrer ses secrets, malgré les tentatives de décryptage des plus fameux cryptographes du monde. Est-ce là un livre d’alchimie ? Ou un simple canular réalisé par un plaisantin de l’époque médiévale ?  Difficile à dire.

En attendant, il faudra environ 18 mois à la maison d’édition Siloe pour produire la toute première reproduction du manuscrit. Tout a été pensé : photographies très détaillées, papier utilisant une pâte spéciale qui reproduit le vélin, reliure à la main… Les acquéreurs des « clones » du manuscrit de Voynich auront vraiment le sentiment d’avoir l’original entre les mains.  Peut-être l’heureux possesseur d’un de ces 898 reproductions parviendra-t-il enfin à décrypter le manuscrit ?

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