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Dans le rétro : quand les arts étaient… des disciplines olympiques !

Laura Bourdon 19 août 2016

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Alors que les Jeux Olympiques de Rio se terminent ce week-end, voyageons dans le temps, au début du siècle dernier, à une époque où les pratiques olympiques étaient moins nombreuses… Mais plus variées. Dans la conquête idéale de l’athlète complet, dans son corps et dans son esprit, retour à un temps qui paraît lointain : celui où l’art était « un sport comme un autre. » 

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Affiche Jeux Olympiques de Stockholm, 1912 © Wikimedia Commons

Une médaille d’or pour la peinture ? De 1912 à 1948… c’était possible ! Les pratiques artistiques étaient pleinement intégrées au programme des Jeux Olympiques, aux côtés du waterpolo et du tir à l’arc. La Suède est la première à avoir intégré l’art à son programme malgré quelques réticences au départ. L’initiative a été lancée sous l’égide du fondateur des Jeux Olympiques,  Pierre de Coubertin, impressionné par l’idée de ce que pouvait représenter un véritable athlète complet, à la fois bien dans sa tête et dans son corps.

Athlète complet

Il aurait été incomplet pour lui de présenter les Jeux Olympiques sans y combiner l’athlétique à l’esthétique. Les disciplines artistiques sont donc entrées dans le programme des Jeux à partir de 1912 regroupant cinq catégories : l’architecture, la peinture, la sculpture, la littérature et la musique, toutes portées sous le regard d’un jury international.

Malgré des médailles d’or attribuées pour les cinq disciplines lors de la première édition, celle-ci dénombra pourtant une faible participation comptant seulement 35 engagés dans la compétition. Pour autant, d’années en années, les épreuves d’art ont vu leur nombre de participants se multiplier jusqu’à présenter en 1928, plus de 1100 œuvres au Stedelijk Museum (Amsterdam). En 1932, le Los Angeles Museum of History Science accueillait plus de 400 000 visiteurs férus de découvertes artistiques et, durant toute la période où elle fut représentée, la discipline aura décerné 151 médailles.

Art de représenter le sport

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Jean Jacoby, Corner (à gauche), Rugby (à droite – récompensé par une médaille d’or aux JO de 1928) © Saatchi blog

S’agissant des règles : elles ont perpétuellement évolué entre 1912 et 1948, si ce n’est en ce qu’elles devaient être originales (dans le sens où aucune réplique n’ait été réalisée), et qu’elles soutiennent un lien direct avec le sport. Ainsi les peintures à l’huile, les compositions musicales ou encore les sculptures se devaient de refléter un aspect du concept des JO.

C’est ainsi que les Jeux ont vu fleurir des œuvres littéraires aux longueurs limitées à 20 000 mots, relevant de la dramaturgie, l’épique ou le lyrique ; des statues, des projets architecturaux (conçus avant les Jeux)… notamment le stade Olympique d’Amsterdam, designé par Jan Wils en 1928 et qui lui valut une médaille d’or.

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Stade Olympique d’Amsterdam, Jan Wils, 1928 © Wikimedia Commons

Pour ce qui est des compositions musicales, celles écrites sur papier n’étaient pas facile à évaluer… Néanmoins la discipline était représentée et subdivisée en sous-catégories : l’instrumental et l’orchestral, les solos et les chorales. Enfin, bien sûr, les aquarelles, dessins, gravures faisaient partie intégrante de la compétition, célébrant en 1924 puis en 1928 le peintre luxembourgeois Jean Jacoby, ou encore Axel Diggelman, triple médaillé olympique de peinture (catégorie arts graphiques, puis arts graphiques commerciaux) pour ses affiches publicitaires intitulées Arosa I Placard.

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Arosa, Alex Diggelmann, 1936 © Christie’s

Si nous ne devions citer qu’un athlète plus-que-complet, ce serait probablement Alfréd Hajós. Champion olympique en nage libre (100m ET 1200m) aux JO d’Athènes en 1896, champion de course et de lancer de disque en Hongrie en 1898 et sélectionné plusieurs fois en équipe nationale de football, l’homme, déjà sportif, décrochera vingt ans plus tard une médaille d’argent… d’architecture pour la construction d’un stade !

Amateurs d’art

Des noms peu connus ? En effet, (et on l’aurait presque oublié si nos confrères du Huffington Post n’étaient pas tombés sur un commentaire facebook rappelant la gloire du peintre Jack B. Yeats aux JO de 1924), il est même arrivé que les membres du jury soient parfois plus célèbres que les participants, comme c’était le cas pour Igor Stravinsky en 1924.

Peut-être en raison, justement, du terme même de « compétition », pas franchement apprécié par des artistes réticents à l’idée que leur œuvre esthétique soit jugée par un comité. Mais, la raison principale à ce « manque de notoriété », en tout cas à l’international, c’est surtout que les artistes professionnels ne peuvent intégrer les JO, dont la règle ne donne l’accès qu’aux participants amateurs. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle 1948 marqua la dernière année où la discipline fut représentée dans un cadre compétitif : les artistes étant jugés trop « professionnels », il a été décidé de retirer la discipline des Jeux.

Aujourd’hui  l’art a toujours sa place dans le cadre des Jeux Olympiques mais hors compétition ! Il est pourtant loin de passer inaperçu, comme le démontre les installations spectaculaires mises en œuvres par les artistes aux renommées internationales, comme cette année, JR ou encore Mariko Mori.

Quand Coubertin participait…

Et pour l’anecdote, en 1912, Pierre de Coubertin a lui-même participé aux Jeux qu’il a lancés dans la catégorie Littérature. Sous, non pas un, mais deux pseudonymes (Georges Hohrod et Martin Eschbach), il a présenté Ode au Sport, un poème récompensé… par la médaille d’or. On vous laisse d’ailleurs avec un extrait, celui d’un poème champion olympique des poèmes, bijou d’esprit coubertinien :

« O Sport, tu es la Paix ! Tu établis des rapports heureux entre les peuples en les rapprochant dans le culte de la farce contrôlée, organisée et maîtresse d’elle-même. Par toi la jeunesse universelle apprend à se respecter et ainsi la diversité des qualités nationales devient la source d’une généreuse et pacifique émulation. » 

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