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Fernando Botero : la vie voluptueuse, au Kunsthal de Rotterdam

Agathe Lautréamont 16 août 2016

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Pour célébrer la période estivale, il fallait bien une exposition tout en couleur. Et c’est précisément ce qu’a fait le Kunsthal de Rotterdam, en choisissant d’accorder une rétrospective d’ampleur à l’artiste colombien Fernando Botero. Grâce à une centaine d’œuvres, le parcours du musée néerlandais rend hommage à l’un des artistes les plus connus d’Amérique Latine, en exposant parmi les œuvres préférées du peintre célèbre pour ses personnages… voluptueux. Visite d’une exposition réjouissante qui fête l’insouciance et la… légèreté !

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Fernando Botero, Le pique-nique, 2001 © Kunsthal Rotterdam

 En entrant dans l’exposition du Kunsthal de Rotterdam, c’est une petite ballerine en bronze noir qui nous accueille. Très concentrée sur sa pose, elle se dresse debout sur un pied, tandis qu’elle semble sur le point de s’envoler. On croirait presque voir son tutu frémir légèrement.  Face à elle, une nativité repensée, un poussin, une femme (comme toujours chez l’artiste) aux formes pleines.

Ne cherchez pas les angles, ne cherchez pas la ligne effilée. Vous venez de pénétrer dans l’univers de l’artiste colombien Fernando Botero. Près d’une centaine d’œuvres, allant de la peinture à la sculpture en passant par le dessin et le pastel ont été réunies pour offrir un panorama exhaustif et éclairant du travail de Botero. L’accrochage a en effet été préparé en étroite collaboration avec le principal intéressé, qui a récemment fêté ses quatre-vingt-quatre ans.

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Fernando Botero, Première dame, 1989 © Kunsthal Rotterdam

Les différentes étapes du parcours renvoient donc non seulement aux thématiques chéries par Botero (les arts du cirque, la corrida, les natures mortes…) mais ont la particularité d’être constituées d’œuvres que l’artiste aime tout particulièrement et qu’il a lui-même prêtées avec beaucoup de plaisir au Kunsthal pour quelques mois…

 

Un artiste, deux cultures

Tout le talent de Fernando Botero est d’être parvenu à jeter un pont entre la culture latino-américaine et la tradition artistique européenne. Mais plus encore, Botero parvient à créer un univers absolument magique, qui déborde de personnages hauts en couleur et de scènes inspirées de son enfance, teintées d’ingénuité et d’une joie non-dissimulée.

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Fernando Botero, D’après Jan van Eyck, 2006 © Kunsthal Rotterdam

Et c’est peut-être là ce qui fait l’universalité du travail de l’artiste colombien. Bien au-delà des critiques étroites qui le réduisent à l’artiste-qui-peint-des-gens-gros, Fernando Botero est un créateur aux multiples facettes, qui explore aussi bien l’influence reçue durant sa formation artistique de la part des grands maîtres des siècles passés que le folklore qui a jalonné toute sa jeunesse.

Une salle de l’exposition du musée de Rotterdam est ainsi entièrement dédiée à Botero revisitant ses classiques. Ainsi, c’est avec un œil amusé que l’on reconnaît des références à Jan van Eyck, Diego Velázquez, Ingres ou encore Piero della Francesca.

Souvenirs d’enfance et grands maîtres

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Fernando Botero, Les danseurs, 2002 © Kunsthal Rotterdam

Un peu plus loin, ce sont des scènes dansantes et enlevées. On admire des couples enlacés lors d’un bal populaire, on admire la grâce d’un équilibriste réalisant son numéro de cirque. Plus loin, un picador salue la foule après avoir froidement tué un taureau. On croirait voir des bulles de savon à la place des personnages de Botero, tant ils paraissent d’une grande légèreté.

Bien sûr, l’embonpoint des personnages est là et s’il peut surprendre le néophyte de prime abord, on l’oublie après quelques pas dans l’exposition, tant ces formes pleines font partie d’un art de vivre célébré par Botero, parfois comique, parfois extrêmement touchant. Ses femmes nues aux formes pleines, ses chevaux gigantesques mais tout aussi bien portants, ses hommes aux joues rondes et aux yeux rieurs nous parlent d’un univers idéalisé, mais qui s’inspire aussi des plus grands codes artistiques de notre monde.

Avec un œil un brin moqueur, Botero croque avec cynisme le monde de la religion et ici, les hommes forts peuvent prendre une toute autre signification, et se muer en une critique de l’avidité du clergé.

On navigue donc dans une exposition plaisante, riche et exhaustive, qui donne une vision certes très classique et attendue du travail de Fernando Botero, mais qui a le mérite de mettre de bonne humeur. On ressort du parcours le sourire aux lèvres et l’envie de connaître encore davantage le monde de l’artiste colombien.

Et si jamais une virée culturelle du côté des Pays-Bas vous tente, rendez-vous sur le site de l’office de tourisme des Pays-Bas qui nous a  aimablement permis de voir l’exposition :  holland.com/culture !

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