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Deux hommes arrêtés après avoir essayé de voler un (faux) Banksy

Jéremy Billault 16 août 2016

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En Angleterre, deux hommes ont été arrêtés alors qu’ils essayaient de voler une fresque de Banksy apparue la veille près d’un immeuble abandonné. Il y a deux ans, une fresque similaire créée par Banksy dans la même ville avait été volée et envoyée aux Etats-Unis avant de revenir sur place. Pas de chance, l’oeuvre quasi-volée était une copie… Histoire. 

New Banksy popped up one street away from us. #banksy #folkestone

Une photo publiée par Dan Watts (@danjwatts) le

Pas sûr que cette fois-ci, le jeu en vaille la chandelle. Au sud-est de l’Angleterre, dans la ville de Folkestone, deux jeunes hommes ont été interpellés, pris en flagrant délit de vol d’une oeuvre d’art pourtant difficile à déloger : une fresque de street-art. Apparue dans la nuit, la fresque était soupçonnée, presque à juste titre, d’être l’oeuvre de Banksy et donc d’avoir une valeur de plusieurs millions de dollars.

Alors qu’il y a quelques semaines, Banksy et ses agents confirmaient l’authenticité d’une oeuvre apparue du jour au lendemain dans la cour d’une école, l’histoire de la fresque de Folkestone se prêtait à une interprétation hâtive. Sur cette fresque, qui n’a finalement pas bougé, les deux voleurs ayant sous-estimé l’ampleur de la tâche, une vieille dame, un baladeur, une colonne, un pot de fleur, un cactus, deux tampons (de gros indices, l’un attestant que l’oeuvre vient des USA, l’autre qu’il s’agit d’un « retour à l’envoyeur ») et une signature étrange. Le fait qu’un Banksy soit signé Banksy est déjà étonnant. Le fait qu’un Banksy soit signé « Robsci by Banksy » l’est encore plus.

Voyage voyage

4000

Ce qu’il faut savoir (et que tout voleur d’art qui se respecte aurait dû savoir), c’est que Banksy, le vrai, est déjà passé par là. En 2014, Banksy avait réalisé une fresque dans le cadre de la Triennale de Folkestone. Sur cette fresque, une vieille dame, un baladeur, une colonne et un pot de fleur. Voilà. A l’époque, le propriétaire mal intentionné d’une salle d’arcade avait eu l’idée brillante et absolument originale de déloger l’oeuvre pour s’en emparer. Question de malice ou de matériel, l’homme avait réussi. Lui. Avant qu’il n’ait eu le temps de se faire prendre, l’homme avait envoyé le Banksy par bateaux aux Etats-Unis à destination d’un galeriste expert en la matière. Une rapide enquête retrouve le coupable et retrace le chemin de l’oeuvre, la justice ordonne son retour à Folkestone.

Idée originale…


Pas de chance pour nos voleurs deuxième génération, si l’on fait revenir Art Buff à Folkestone, ce n’est probablement pas pour l’exposer au même endroit, sans protection et sans gardiens, à portée de burin de n’importe quel idiot qui (et ça n’a pas loupé) voudrait s’en prendre à elle dans les 24 heures qui suivent son retour. Non. Comme on pouvait s’en douter, la nouvelle oeuvre est une imitation, un hommage non dissimulé au plus célèbre des artistes de rue.

Cette oeuvre est celle d’un artiste local, Robsci (tiens donc), qui a tenu à célébrer à sa façon le retour de ce qui est rapidement devenu l’un des emblèmes de la ville, attirant les visiteurs par milliers avant son périple américain. Pas de Banksy donc: la double signature était un signe, le trait brouillon, un indice et l’immonde cactus phallique, une preuve irréfutable.

L’originale, quant à elle, attend tranquillement son retour sur le devant de la scène : « Notre Banksy est en sécurité dans nos réserve, a déclaré Ioannis Ioannou, dirigeant de la Creative Foundation, qui s’est battue pour faire revenir Art Buff sur place. Il semblerait que quelqu’un l’ait simplement recopié. Robsci est un gars du coin qui se balade et qui fait des graffiti comme ceux de Banksy ». Le fait est que ce genre d’affaire est amené à se multiplier; avec le temps, Banksy, comme d’autres, prend de la valeur si bien qu’il prend (et fait prendre) un risque à chaque fois qu’il se pose aléatoirement quelque part. Parfois c’est un musée, parfois un voleur mais la situation est, en général, plutôt compliquée.

 

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