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Deux rares mosaïques romaines découvertes à Chypre

Agathe Lautréamont 12 août 2016

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Elles sont là, incroyablement bien conservées, encore éclatantes de belles couleurs brunes, ocres, jaunes et orangées. Découvertes sur le site archéologique d’Akaki, à Chypre (à quelques encablures de la capitale Nicosie), deux grandes et rares mosaïques datant de la période romaine ont été mises au jour en milieu de semaine. La découverte, exceptionnelle, représente des courses de chars antiques et des épisodes de la vie du personnage mythologique Hercule.

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La mosaïque représentant une course de chars © Eleni Papadopoulou

Cet été 2016 aura été une période indéniablement faste pour l’archéologie chypriote. En effet, au cours de ces mois de juillet et d’août, ce ne sont pas moins de deux rares mosaïques qui ont été révélées par une équipe de chercheurs œuvrant sur la petite île méditerranéenne. La première surprise a donc eu lieu au mois de juillet, lorsqu’une équipe de scientifiques qui procédait à des fouilles non loin de la ville côtière de Larnaca a annoncé avec beaucoup de fierté avoir retrouvé un sol recouvert de mosaïques datant du IIe siècle après Jésus-Christ et représentant une partie des douze travaux du héros Hercule. Puis, en ce début de mois d’août (le 9, pour être tout à fait précis), un autre groupe de chercheurs s’affairant sur le site d’Akaki a également eu droit à sa propre mosaïque ! Et non des moindres…

Plus récente, cette pièce rare retrouvée dans une région de l’île à quelques kilomètres de Nicosie date du IVe siècle après Jésus-Christ et figure une course de chars dans un hippodrome. Longue de vingt-six mètres et large de quatre mètres, l’œuvre représente en tout et pour tout quatre chars de course. L’un du quatuor d’auriges est représenté debout sur son char lancé à pleine vitesse et tiré par quatre chevaux fougueux.  Au-dessus de chaque char, se trouve une inscription en lettrages noirs.

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© Département des antiquités de Chypre

Septième mosaïque de ce type au monde

Si les lignes n’ont pas encore été traduites, les chercheurs sont quasi-certains qu’il s’agit du nom de l’aurige et peut-être de certains de ses chevaux. Ces archéologues ont également trouvé des détails représentant la piste de course, comme ces sculptures en forme de cônes ou encore ces statues représentant des dauphins ; probablement des fontaines, puisqu’un fin filet d’eau s’échappe de leur bec. Deux autres personnages sont également visibles : l’un debout tenant un fouet, un autre apportant une coupe remplie d’eau claire.

Le directeur de l’équipe d’archéologues chypriotes, Fryni Hadjichristophi, a déclaré à la presse locale que cette découverte représente seulement la septième mosaïque romaine dépeignant une course de chars connue au monde. L’excavation est donc exceptionnelle non seulement pour la grande qualité de préservation de l’œuvre, mais également au regard de sa thématique, très peu fréquente. En milieu de semaine, une conférence de presse a eu lieu devant la découverte, en présence d’officiels et de nombreux journalistes.

La directrice du Département des Antiquités, Marina Ieronymidou, a expliqué aux reporters rassemblés à cette occasion que la découverte permettait d’en apprendre davantage sur la colonisation romaine dans cette partie relativement isolée de l’île. Les chercheurs espèrent également tirer de nombreuses informations quant à l’utilisation décorative et sociale de ce type de mosaïques de grande taille.

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La mosaïque d’Hercule, découverte en juillet © Département des antiquités de Chypre

Des signes évidents de richesse

Au vue de ses dimensions exceptionnelles et de la finesse de sa réalisation (les carreaux sont admirablement placés et les motifs géométriques plutôt complexes), les archéologues pensent que la mosaïque devait orner le sol d’une villa appartenant à un citoyen très riche, probablement un marchand influent ou une personnalité politique. Face à cette découverte encourageante, les chercheurs vont poursuivre leurs investigations, espérant découvrir peut-être d’autres vestiges de belles villas romaines.

Au mois de juillet dernier, c’était une toute autre mosaïque qui avait été mise au jour du côté de Larnaca. Longue de vingt mètres, celle-ci devait probablement faire partie d’un ancien complexe de bains publiques, ou thermes. Les carreaux, moins bien conservés que ceux découverts en août mais tout de même admirables, représentent les travaux d’Hercule, labeur que le demi-dieu s’est imposé pour avoir assassiné sa famille.

Giorgos Philotheou, un des archéologues à l’origine de cette découverte, a expliqué au quotidien Le Courrier de Chypre que de telles trouvailles ne se produisaient que tous les cent ans. Les restes de constructions romaines (l’île fit partie de l’empire romain à partir de 58 avant notre ère) sont d’autant plus rares dans cette partie de Chypre que la région a été régulièrement secouée par de violents tremblements de terre au cours du IVe siècle, détruisant une bonne partie des édifices antiques qui se dressaient là.

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