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Au Musée Lalique, le voyage devient un art de vivre

Agathe Lautréamont 10 août 2016

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Entre le XIXe siècle finissant et la première moitié du XXe siècle, l’industrialisation fulgurante du monde occidental permet aux modes de transport de se moderniser. Bateaux, voitures et train connaissent ainsi un essor sans précédent, rendant des destinations par le passé difficilement accessibles désormais à la portée de tout un chacun. Très inspiré par ce bond technologique, le verrier Lalique sera inspiré par la thématique du voyage, créant à cette occasion des pièces emblématiques de son art qui sont aujourd’hui passées à la postérité.

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Bouchon de radiateur Lalique © Photo : Agathe Lautréamont

Que peuvent donc avoir en commun le paquebot Normandie, le train Côte d’Azur Pullman Express et les bolides Bugatti ? C’est bien simple, tous trois ont été décorés de pièces conçues par René Lalique.  Art, luxe et innovation sont donc au cœur de la nouvelle exposition du Musée Lalique de Wingen-sur-Moder, en plein cœur des Vosges… Lorsque l’on parcourt la correspondance entretenue entre René Lalique et son épouse, on note chez le maître verrier une véritable méfiance, voire une peur des transports. Il interdisait même à son épouse de monter à vélo, tant il considérait cette nouvelle invention comme une hérésie. Comment alors un homme né au temps de la voiture à cheval, peut-il se retrouver à collaborer activement avec des marques d’auto comme Bugatti ou la compagnie de paquebots French Line ?

C’est ce que se propose de raconter la nouvelle exposition du Musée Lalique, intitulée : « Lalique et l’art du voyage ». Grâce à un parcours thématique, explorant trois modes de transports distincts (bateau, voiture et train), l’événement du charmant musée de l’est de la France explore l’art de vivre d’une époque et comment le verrier Lalique est parvenu à s’en emparer pour mieux faire partie des incarnations de celui-ci.

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Maquette du paquebot Normandie © Photo : Agathe Lautréamont

Art de vivre à la française et verre moulé

Les premières réalisations qui nous accompagnent au début du parcours sont celles créées pour la compagnie générale transatlantique, plus connue sous le nom de « Transat » et appelée à devenir la « French Line ». Entre 1921 et 1935, René Lalique épaulé de sa fille Suzanne fera partie de la fine fleur des créateurs sélectionnés par la compagnie pour décorer le fleuron de leur flotte. D’abord, il y eut le Paris, mis à l’eau en 1921. Mêlant Art Nouveau et Art Déco, ce paquebot a vu son grand salon décoré par les pièces de verre de Lalique.

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Vaisselle en argent de l’Île-de-France © Photo : Agathe Lautréamont

Puis vient l’Île-de-France. Stimulé par le style résolument moderne du bateau, Lalique se charge de la création de 112 luminaires ainsi que de divers plafonniers qui vinrent orner la salle à manger du navire.  Enfin, un peu moins de dix ans plus tard, ce fut au tour du Normandie d’accueillir des œuvres du maître-verrier en son sein. Pots à feu (grands luminaires posés à même le sol), luminaires mais également pièces de vaisselle raffinées : rien n’est trop beau pour le célèbre paquebot qui navigua pourtant moins d’une décennie, rattrapé par la Seconde Guerre mondiale.

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Bouchons de radiateur Lalique © Photo : Agathe Lautréamont

Bugatti et Jaguar

Du côté de l’automobile, c’est dans un tout autre genre que René Lalique s’est illustré à la fin du XIXe siècle. L’automobile commençant à se démocratiser, les riches propriétaires d’un véhicule cherchaient à personnaliser le leur. Et quel meilleur moyen pour cela que le bouchon de radiateur, idéalement situé à l’avant du véhicule et attirant donc tous les regards ? Certaines de ces petites figures de proue luxueuses ont donc été dessinées par Lalique sur le modèle de la vitesse, de la légèreté, de la vélocité.

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Bouchon de radiateur Lalique © Photo : Agathe Lautréamont

Libellules, hirondelles et chevaux devinrent ainsi des classiques de sa production ; et ces pièces se sont à la longue muées en de vraies pièces de collection très prisées des connaisseurs. Ces bouchons représentaient pour Lalique un marché certain, mais également une forme de publicité. Le créateur a ainsi su mettre ses créations en valeur grâce à des catalogues photographiés, mais aussi par un système d’éclairage ingénieux qui, le soir tombé, donnait un nouveau cachet à la voiture et son bouchon de radiateur en verre.

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Vue de l’exposition © Photo : Agathe Lautréamont

I am the passenger

Enfin, dans le domaine du chemin de fer, deux grandes collaborations ont marqué profondément la carrière de René Lalique : celles de la décoration de la voiture officielle du président Millerand et du Côte d’Azur Pullman Express. Le maître verrier va alors livrer de magnifiques panneaux de verre moulés arborant des motifs floraux en relief, donnant à l’intérieur des cabines un cachet indéniable et une grande luminosité. Les motifs délicats et évoquant le monde végétal comme animal témoignent au mieux de la délicatesse dans l’art de René Lalique, qui a su capter les goûts et les tendances de son temps.

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LALIQUE ET L'ART DU VOYAGE

29/04/2016 > 02/11/2016

Musée Lalique

WINGEN-SUR-MODER

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