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Un vestige de l’Empire Romain découvert à Aix-en-Provence

Laura Bourdon 9 août 2016

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A la demande du service régional de l’archéologie de la DRAC d’Aix-en-Provence, une équipe d’une dizaine d’archéologues est déployée depuis le 11 juillet dernier pour un travail de fouille préventive appelé à durer jusque début septembre. Cette exploration a déjà permis de faire jaillir une voie antique, enfouie de quatre mètres sous terre, ainsi que la collecte de sépultures témoignant de la présence d’une nécropole, comme annoncé sur le site officiel de la mairie d’Aix-en-Provence.

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© Carine Martinez / Ville d’Aix

Fondée en 122 avant J.-C. sous le nom d’Aquae Sextiae et capitale historique de la Provence, la ville d’Aix détient un patrimoine historique et culturel fort. Son service archéologique opère tel un acteur incontournable de la mise en relief de cette richesse, ayant notamment découvert en 2014 les vestiges d’un immense théâtre antique de plus de 100 mètres de diamètre. L’équipe de professionnels dédiés nous amène à mieux cerner l’histoire de la cité romaine et de ses alentours à travers un travail méticuleux de fouille et d’interprétation.

Des projets de travaux au lancement du travail de fouille

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© Site officiel de la Ville d’Aix-en-Provence

Au printemps dernier, le projet de construction d’un parking près du centre hospitalier d’Aix-en-Provence et la création d’une voie de bus le long de l’avenue Philippe-Solari, avaient motivé la prescription d’une fouille archéologique par le service régional de l’archéologie de la DRAC (Direction Régionale des Affaires Culturelles).

En effet, le sondage de plusieurs tranchées semblait révéler le passage d’une voie romaine, permettant à l’époque de relier les cités entre elles et faciliter le parcours entre l’Empire et ses centres de décision, participant ainsi à son expansion économique. Des travaux de construction entrepris par ailleurs en 1954, au niveau de l’avenue Philippe-Solari, avaient permis de récolter les vestiges d’un mausolée et d’une urne funéraire en marbre, sépultures permettant l’identification éventuelle d’une ancienne aire funéraire.

Ces présuppositions ont déterminé le lancement d’une opération de grande ampleur : un travail de fouille par une équipe d’une dizaine d’archéologues, affairés sur site depuis le 11 juillet dernier, sur un périmètre de 3100 m² autour de l’hôpital de la ville.

Une recherche fructueuse 

Une recherche fructueuse puisqu’à peine quinze jours plus tard, le diagnostic des chercheurs s’avère confirmé, attestant d’une présence entre les Ier et IIIe siècles avec la découverte d’un « axe structurant inédit, toujours supposé mais jamais vu », selon Nuria Nin, directrice du service Archéologique de la ville.

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© Site officiel de la Ville d’Aix-en-Provence

Visible sur 50 mètres de long et mesurant 9 mètres de large, le chemin antique se trouve enfoui de quatre mètres sous la route actuelle. Entièrement construite de pierres et de galets, la présence de traces d’usure tout le long de la chaussée reflète l’intensité de son utilisation par les romains. D’après le service régional d’archéologie, la structure de la voie ressemblerait en beaucoup de points à la Voie Aurélienne (nom donné à la grande voie romaine partant de Rome et longeant la côte occidentale de la péninsule italienne).

Le travail des archéologues a également permis d’exhumer une tombe à crémation sur la partie ouest de la route. Il s’agirait du troisième cimetière antique de la ville d’Aix, après la nécropole du sud de la ville et la plus récente découverte de celle du 41 cours Gambetta.

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© Site officiel de la Ville d’Aix-en-Provence

D’après l’archéologue en charge du site, Ariane Aujaleu, d’autres structures sont à identifier : « Des petits bâtiments agricoles, des traces de mises en culture, des objets du quotidien restent encore cachés sous la terre ».

Par-delà une meilleure compréhension des modes de vie et pratiques des populations ancestrales, le travail archéologique représente aussi l’opportunité pour les Aixois de se  reconnecter à leur propre héritage patrimonial.

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