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L’empreinte du peintre Eckersberg sur l’art au Danemark

Agathe Lautréamont 8 août 2016

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Jusqu’au milieu du mois d’août, la Fondation Custodia met à l’honneur un grand peintre de l’âge d’or danois, peu connu dans notre Hexagone mais considéré dans son pays comme un maître absolu de la peinture : l’artiste Christoffer Wilhelm Eckersberg (1783-1853). L’institution culturelle parisienne expose une collection exceptionnelle qui après avoir visité Copenhague et Hambourg, s’installe en France pour encore deux semaines. Après avoir exploré la pratique du peintre, attardons-nous sur l’influence de l’artiste sur les générations futures…

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C. W. Eckersberg, Femme devant un miroir, 1841 © Wikimedia Commons

Lorsque l’on parle d’âge d’or artistique au Danemark, on se réfère bien sûr à la première moitié du XIXe siècle, lorsque le pays a connu une période d’intense et d’exceptionnelle créativité dans tous les arts (peinture, musique, architecture, sculpture…). Même si la capitale, Copenhague, fut ravagée par les bombardements de la flotte anglaise en 1807, cet événement n’entacha pas la fièvre artistique et Romantique venue tout droit de l’Allemagne voisine. Mais l’art le plus florissant de cette période demeure sans aucun doute la peinture, dont la figure de proue est le peintre mis en lumière tout l’été par la Fondation Custodia : Christoffer Wilhelm Eckersberg.

Son style se caractérise par une prédominance de la peinture de paysage, des scènes sublimées par les lumières douces du Nord qui englobent délicatement les éléments tout en leur procurant des couleurs vives et des contrastes importants. Eckersberg, dans la veine Romantique, n’hésitait pas à livrer des visions quelque peu idéalisées de ce qu’il représentait, mais sans pour autant glisser vers une forme de fantaisie qui aurait laissé entendre au spectateur que ce qu’il admire n’est que pur imaginaire de la part d’un peintre un peu fantasque.

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C. W. Eckersberg, Maisons dans le parc de la Villa Borghese, 1816 © Wikimedia Commons

Maître d’une époque

Des scènes d’intérieur, représentant souvent de petits groupes de personnes (familles, cénacles d’intellectuels…) sont également courantes à son époque (un genre dans lequel s’illustra brillamment le peintre). Mais là où l’artiste pouvait répondre à des commandes de mécènes aisés, il pouvait aussi produire des tableaux centrés sur l’existence de gens simples et au niveau de vie plus modeste (domestiques, artisans…) Mais aujourd’hui, l’art danois peine encore à sortir des frontières de son pays d’origine. Déjà au XIXe siècle, l’artiste allemand Caspar David Friedrich avait bien cherché à le promouvoir, sans trop de succès.

L’exposition de la Fondation Custodia est donc plus que bienvenue, tant elle offre une vision complète du travail d’Eckersberg et également une représentation de l’homme qu’il était. Véritable géant de la peinture danoise, formé dans l’atelier de Jacques-Louis David lors de son séjour en France, il fut également le grand ami du sculpteur néo-classique Bertel Thorvaldsen, dont les œuvres largement inspirées de l’Antiquité grecque eurent une influence véritable sur son travail et sa conception de la pratique artistique. Au retour de son voyage formateur de trois années en Italie, Christoffer Wilhelm Eckersberg ne tarda pas à être admis à l’Académie des Arts de Copenhague, en octobre 1817.

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Christen Købke, Portail nord de la citadelle © Wikimedia Commons

Professeur et père d’une génération

Là, il enseigna à de nombreux jeunes artistes danois désireux de suivre les traces du grand maître. Des artistes de renom comme Christen Købke, Vilhelm Kyhn ou encore Jørgen Roed ont été élèves du maître de l’âge d’or danois. Puis, en 1827, Eckersberg est nommé directeur de l’Académie. En l’espace de deux ans, il eut le temps de revitaliser profondément l’enseignement artistique de la ville de Copenhague, apportant ainsi une contribution non négligeable à la vie culturelle de son pays. Quelque peu iconoclaste, il n’hésita pas à bousculer les codes de l’enseignement en emmenant ses élèves directement à l’extérieur, leur demandant alors de peindre sur le motif.

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Vilhelm Kyhn, Les bois de Jutland, 1845 © Wikimedia Commons

Un riche héritage

C’est donc à Eckersberg que l’on doit la naissance de la peinture en plein air au Danemark. Loin de brimer ses élèves avec des codes et des héritages étriqués, il encourageait ses poulains à laisser libre cours à leurs envies et visions personnelles, tout en s’inspirant des plus brillants enseignements des anciens maîtres.

Aujourd’hui au Danemark, existe la Médaille Eckersberg, créée en hommage au grand peintre. Cette récompense, remise par l’Académie royale des beaux-arts du Danemark, couronne chaque année un artiste danois. Elle fut créée en 1883, pour fêter les cent ans de la naissance de l’artiste (Olafur Eliasson, exposé cet été à Versailles a été décoré de la médaille Eckersberg en 2004).

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C. W. ECKERSBERG

01/06/2016 > 14/08/2016

Fondation Custodia

PARIS

Pour la première fois, la France accueille une exposition monographique de Christoffer Wilhelm Eckersberg, artiste danois majeur du XIXe si...

Exposition terminée
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