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Le Rijksmuseum d’Amsterdam fête Adriaen van de Velde et l’âge d’or du paysage hollandais

Agathe Lautréamont 8 août 2016

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Lorsque les trois bonnes fées se sont penchées sur le berceau d’Adriaen van de Velde en 1636, elles n’ont pas eu à réfléchir bien longtemps sur les dons qu’elles allaient lui accorder. Entouré d’une nature luxuriante, un père et un frère aîné artistes, c’est bien simple : il sera peintre paysagiste ! Mais pas seulement… Découverte d’un artiste aux multiples talents, qui a sublimé comme personne les paysages néerlandais.

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Adriaen van de Velde, Couple dans un paysage, 1667 © Rijksmuseum

Déjà tout jeune, Adriaen van de Velde put s’éveiller à l’art en admirant, puis manipulant les pinceaux, palettes et chevalets des membres de sa famille. Son œil artistique, il l’exerça en effet auprès de sa figure paternelle, Willem van de Velde l’ancien, qui avait glané au cours de son existence gloire et aisance financière grâce à ses représentations navales, pour lesquelles il était salué de ses pairs. L’aîné de la fratrie van de Velde, Willem le jeune, se tailla à son tour la part du lion du fait de ses marines et ses scènes de plage.

Sur ce terreau indéniablement fertile, un talent certain ne pouvait qu’éclore ; une intuition confirmée par les œuvres de jeunesse d’Adriaen. On a conservé du peintre des œuvres exécutées à l’âge de 16 ou 17 ans, illustrant une maestria éclatante. Cinq ans plus tard, la critique néerlandaise parlait en des termes élogieux de ses travaux exposés pour la première fois au grand public.

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Adriaen van de Velde, Paysage de collines avec route, 1672 © Rijksmuseum

Nul doute que la maison van de Velde pouvait s’apparenter à un atelier artistique, à l’activité frémissante tout autant que stimulante. De cette confrontation de deux générations de peintres, de l’apprentissage auprès de ses aînés, Adriaen van de Velde glane un œil d’une acuité admirable, un art du dessin d’une précision époustouflante, mais aussi un rejet féroce des scènes marines et navales qui avaient fait la renommée de sa famille ! Comme il faut tuer le père, voilà qui est décidé : il peindra la nature, la campagne, les bois.

Huiles sur toiles, esquisses, sanguines et pierres noires ponctuent le fascinant parcours du Rijksmuseum, qui nous offre là la première rétrospective dédiée au travail du paysagiste néerlandais. À la vue de ses œuvres bucoliques, où les cieux toujours bleus sont percés d’heureux rayons de soleil, où les représentations pastorales livrent une vision idéalisée et rêveuse de la campagne hollandaise, l’amour du peintre pour son art autant que pour son pays transparaît, étincelant.

Affamé de lumière, il choisit des teintes chamarrées pour ses paysages célébrant la beauté de sa terre natale. Avec un regard que l’on pourrait presque qualifier de naturaliste, il croque, esquisse, peint des moutons, des bœufs, des chevaux et des ânes d’une précision admirable, saisis sur le vif, s’ébattant autour d’un étang, se reposant au soleil réconfortant, ou surveillant une couvée d’un œil farouche.

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Adriaen van de Velde, Paysages avec paysans et troupeaux, 1664 © Rijksmuseum

Ce fut-là la spécialité d’Adriaen van de Velde au fil de toute sa prolifique carrière : des paysages baignés d’une lumière noble et étonnante, agrémentés de quelques personnages venant compléter et équilibrer des scènes qui se révèlent de véritables odes à un pays tout entier. Son imagination foisonnante empêcha son pinceau de se montrer répétitif, sa fantaisie nourrissant ses toiles de représentations mouvantes, idéalisées. Ainsi, son art se vendit parfaitement au cours de sa vie.

Au XVIIe siècle, la peinture néerlandaise connaît son âge d’or, ce qui implique en toute logique une compétition importante et palpable entre artistes, ainsi qu’un marché généreusement alimenté. Loin de se départir de son courage, cette compétition va au contraire conforter van de Velde dans son style riche en détails, qui lui permettait de faire montre de toute l’étendue de son talent et ce, peu importe quel domaine il daignait aborder. Mais vers la fin de son existence, le peintre décida de s’extraire de sa zone de confort.

Adriaen van de Velde_Een liggende koe en drie schapen_1671_Amsterdam Museum_Legaat CJ Fodor

Adriaen van de Velde, Vache couchée et trois moutons, 1671 © Rijksmuseum

Retournant au corps humain, à la proportion et à l’enseignement des grands maîtres classiques, il peignit en fin de carrière des œuvres à portée mythologique, puis religieuse. Son Annonciation accrochée en bonne place dans l’exposition du Rijksmuseum témoigne non seulement d’un regain de foi à l’approche de la mort, mais également de sa confession catholique ; fait rare pour un peintre né dans un pays et une famille de tradition protestante.

Artiste de grand talent, au regard ingénu mais également de conviction, Adriaen van de Velde méritait bien une rétrospective digne de nom. Merci, le Rijksmuseum !

Si jamais une virée culturelle du côté des Pays-Bas vous tente, rendez-vous sur holland.com/culture !

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