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En Syrie, le site archéologique de Tell Ajaja vandalisé par Daesh

Agathe Lautréamont 8 août 2016

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Un nom de plus à ajouter à la longue listes des sites détruits par l’organisation terroriste État Islamique. Tell Ajaja, site archéologique assyrien (du nom d’une ancienne région du nord de la Mésopotamie) était aux mains des forces terroristes depuis deux ans, avant que les armées Kurdes ne les en délogent. Le site de nouveau accessible, l’armée et les correspondants sur place n’ont pu que constater l’ampleur des dégâts…  

Ayham al-Mohammad AFP

Deux soldats des forces syriennes sur le site de Tell Ajaja, août 2016 © Ayham al-Mohammad – AFP

Pendant deux ans, Tell Ajaja (un des sites archéologiques les plus riches de toute la Syrie) était resté aux mains des fous d’Allah, subissant lentement, comme Palmyre, les dégradations et destructions que les fanatiques lui imposaient lentement, mais sûrement. Statues millénaires, sculptures et bas-reliefs ont été méthodiquement saccagés, jusqu’à ce que les forces Kurdes ne parviennent à chasser les islamistes du site, au mois de février dernier, après être parvenus à libérer toute la région d’Hassaké, au nord-est du pays. Malheureusement, suite au passage de l’organisation terroriste, le site de Tell Ajaja n’est plus que l’ombre de lui-même.

Ce joyau de l’ère assyrienne, situé à une cinquantaine de kilomètres de la frontière irakienne, offre un spectacle de désolation aux correspondants de l’AFP qui ont pu se rendre sur place. Partout dans les collines, des entrées de tunnels grossièrement taillés. Au sol, des trous, des fossés, traces des pillages perpétrés par les islamistes.

tell ajaja

Les collines de Tell Ajaja, percées des tunnels creusés par les terroristes © Ayham al-Mohammad – AFP

Çà et là, des éclats de sculptures témoignent que des œuvres inestimables ont été détruites dans l’indifférence générale. Car si la majorité des œuvres et trésors de Tell Ajaja dorment aujourd’hui dans des musées syriens et internationaux (l’endroit fait l’objet de fouilles archéologiques depuis le XIXe siècle), il faut croire (comme en témoignent les très nombreux tunnels creusés dans le sol syrien) que l’État Islamique était au courant que d’autres œuvres, celles-ci inconnues, dormaient encore dans son sous-sol. Les vestiges non-exhumés par les scientifiques du monde entier ont donc, hélas, fini sous les coups de masse des terroristes.

Interrogés par des correspondants de l’AFP en fin de semaine dernière, le directeur des antiquités de Hassaké (Khaled Ahmo) et le chef des antiquités syriennes (Maamoun Abdulkarim) ont tous deux fait part de leur grande détresse. Les islamistes sont en effet parvenus à mettre la main sur des œuvres encore inconnues (vestiges de colonnes, statues) qui sont aujourd’hui définitivement perdues. Les deux chercheurs estiment qu’environ 40% du site a été ravagé par l’EI, annihilant ainsi des témoignages précieux sur l’histoire politique, sociale et religieuse de la culture assyrienne millénaire.

lamassu louvre

Des Lamassu, ici conservés au Louvre, font partie des œuvres assyriennes visées par l’État Islamique © Musée du Louvre

Les collines qui renfermaient encore des trésors inestimables ont ainsi été transformées en campements militaires, au mépris des richesses que contenait ce lieu. Les soldats guidaient ensuite des trafiquants d’objets archéologiques à travers le site, afin ensuite de les monnayer. La vente illégale d’œuvres d’art et de pièces archéologiques représente une manne financière non-négligeable pour l’Organisation État Islamique. Ces pièces rares faisaient ensuite l’objet d’une contrebande à travers l’Europe, en transitant par la Turquie (une accusation qui avait été férocement démentie par le dictateur Recep Tayyip Erdoğan).

Tell Ajaja est donc à ajouter à la trop longue liste des sites archéologiques qui ont été victimes de la folie destructrice des fous d’Allah. À l’heure actuelle, on dénombre pas moins de 900 monuments et sites qui auraient été détruits, endommagés ou pillés par l’organisation islamiste. Palmyre, Nimroud, Hatra, Apamée ne sont qu’une infime partie des sites antiques qui ont été méthodiquement saccagés par le groupe terroriste au nom d’une idéologie réductrice ou pour acheter des armes.

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