Votre action a été enregistrée avec succès !


expo_une_favori
expo_cercle_1 CY TWOMBLY

30/11/2016 > 24/04/2017

Centre Pompidou

- PARIS

expo_cercle_2 SOULÈVEMENTS

18/10/2016 > 15/01/2017

Jeu de Paume - PARIS
expo_cercle_5 RENÉ MAGRITTE

21/09/2016 > 23/01/2017

Centre Pompidou - PARIS

LA NEWSLETTER

La science découvre un portrait caché sous une toile d’Edgar Degas

Jéremy Billault 5 août 2016

Share on FacebookTweet about this on TwitterGoogle+

Des scientifiques australiens viennent de découvrir, sous le Portrait de femme d’Edgar Degas, un autre portrait recouvert par le peintre. Grâce au rayons-X, couplés avec une technologie très avancée, les chercheurs ont pu reproduire le second portrait et lui donner de nouvelles couleurs virtuelles, au point d’avoir probablement découvert l’identité de celle qu’il représente. 

1053

Edgar Degas, Portrait de femme, tel qu’il est exposé au musée ©Australian Synchrotron

C’est un genre de découverte auquel on commence doucement à être habitué. Rembrandt, Van Gogh, Magritte, De Vinci, tous ont déjà été démasqués par la technologie, pris en flagrant délit de recouvrement d’un dessin par un autre dans une éternelle discrétion. La plupart du temps, le pourquoi du comment des tableaux cachés est un peu plus prosaïque : on recycle une toile, on recommence un tableau qu’on juge raté, pas de complot illuminati à l’horizon. Mais il faut avouer que ce n’est pas sans une certaine émotion que l’on observe de près les archéologues du pigment qui, fréquemment, nous apportent sur un plateau de nouvelles informations historiques après des mois, voire des années de travail.

1944

©David Thurrowgood/Australian Synchrotron

Cet été, Edgar Degas fait son entrée au Panthéon des cachottiers grâce à un tableau qui appartient à la National Gallery of Victoria de Melbourne, en Australie. Grâce à des techniques d’imagerie très avancées, un tableau intitulé sobrement Portrait de femme est en quelques sortes devenu Portraits de femmes : un second visage est apparu derrière le premier, si nettement que les scientifiques pensent même pouvoir identifier celle qui en aurait été le modèle.

Synchrotron

1364

La phase de coloration virtuelle ©  National Gallery of Victoria/the Australian Synchrotron

En 1937, à son arrivée dans les collections du musée australien, le tableau avait déjà reçu un accueil mitigé : des critiques suspicieux s’étonnaient des teintes brunâtres du portrait et des couleurs un peu ternes de son visage. Près de 80 ans plus tard, tout s’explique : la décoloration est le fait de la présence d’un autre visage fantomatique, suspendu la tête en bas derrière le premier portrait. C’est ce que révèlent les premiers tests, ceux des rayons-X «classiques» qui nous permettent de vaguement distinguer les contours éthérés d’un visage féminin. Mais le musée a décidé d’aller plus loin. Beaucoup plus loin.

Pour lever le voile sur les traits et, pourquoi pas, l’identité de la femme mystère, la NGV s’associe à ceux qui pouvaient sortir l’artillerie lourde : le synchrotron australien de Clayton, un immense instrument électromagnétique, un accélérateur de particules capable de produire une lumière un million de fois plus brillante que celle du Soleil. L’impressionniste appréciera.

4451

La reconstitution finale du portrait caché © National Gallery of Victoria/the Australian Synchrotron

Pas de panique, la technologie appliquée sur le tableau (la spectrométrie de fluorescence X, ou XRF) n’est en rien destructrice pour l’oeuvre qu’elle vise. Après une analyse longue de 33 heures et des images de plus de 31 millions de pixels, les scientifiques ont pu se livrer à une première interprétation avant de donner virtuellement des couleurs à ce portrait masqué (couleurs basées sur l’ensemble de l’oeuvre de Degas pour obtenir un résultat « probable »).

emma-dobigny-1869

Edgar Degas, Emma Dobigny, 1869

Ainsi les scientifiques australiens ont-ils pu faire une découverte émouvante, une rencontre en tête-à-tête avec celle qui se cachait depuis tant d’années et, cerise sur le gâteau, qu’ils pensent avoir reconnue. Vraisemblablement, le modèle du portrait mystérieux serait (on vous laisse en juger) Emma Dobigny, qui fut à plusieurs reprises le modèle d’Edgar Degas, mais aussi de Puvis de Chavanne et Camille Corot, notamment pour un portrait sublime qui porte son nom. S’il arrivait fréquemment à Degas de repeindre ses tableaux, la découverte de ce portrait et sa reconstitution (peut-être artificielle) reste un événement plutôt émouvant qui, probablement, permettra à la science d’en découvrir d’autres à travers toute les périodes de l’Histoire de l’art. Reste à savoir qui sera le prochain…

LES DERNIERS ARTICLES

AJOUTER UN COMMENTAIRE