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Habiter le campement à la Cité de l’Architecture : enquête, actualité, territoire

Agathe Lautréamont 5 août 2016

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À une époque où l’actualité se fait très régulièrement l’écho du drame des migrants et des situations humanitaires désastreuses de nombreux camps de réfugiés disséminés sur le continent européen, la Cité de l’Architecture aborde ce sujet délicat via un prisme inédit et instructif. Lorsqu’il est question d’exilés, de nomades, de voyageurs, de contestataires, d’infortunés et de conquérants, est-il possible de parler d’architecture ? Le parcours, prenant et passionnant, se montre sans concession, et évite l’écueil du misérabilisme.

77. Occupy Central, révolution des parapluies, Hong-Kong, Chine - Tania Tam Yukikei

Occupy Central, révolution des parapluies, Hong-Kong© Tania Tam Yukikei

Si jamais pendant ce mois d’été, vos pas vous mènent du côté du Palais de Chaillot, il faut impérativement pousser la porte de la Cité de l’Architecture. Jusqu’au 29 août prochain, via le prisme de populations vivant en marge de ce qu’on appelle traditionnellement les « normes », le musée parisien propose une réflexion éclairante et originale sur les questions de campement, d’habitation, et comment ces sujets peuvent être discutés lorsque l’on sait qu’un camp n’a pas pour vocation d’apporter à son habitant l’établissement définitif (ou sur très long terme) sur un territoire donné.

Est-il alors possible de parler d’architecture, lorsque les structures face auxquelles on se trouve sont des tentes, des cabanes, des bidonvilles, des squats… ? Les migrants, les ZADistes, les opposants politiques sont-ils véritablement des bâtisseurs de structures à part entière ?

Le pèlerinage 'Qoyllur Rity' au Pérou

Le pèlerinage Qoyllur Rit’ au Pérou © Cité de l’Architecture, 2016

Grâce à un parcours thématique se concentrant sur six catégories différentes (nomade, voyageur, infortuné, exilé, conquérant, contestataire),  la Cité de l’Architecture livre donc à un accrochage résolument dans l’air du temps, mais qui apporte un autre regard, bienvenu car documenté et instructif, sur l’existence de ces populations à part, qui existent constamment dans l’incertain, le momentané, le temporaire, le précaire. Fruit d’une recherche de plusieurs mois, le parcours peut s’appréhender à la manière d’une enquête, tant l’iconographie et les textes sont des mines d’or d’information.

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Car l’habitation, avant d’être une propriété privée, un point de chute ou un marqueur social, demeure avant tout un abri. Avoir un refuge pour un être humain est un besoin nécessaire, primordial, comme le centre névralgique de toute une existence. Aussi ces populations en marge ne vivent-elles pas réellement. Comme le montrent les indénombrables photos qui jalonnent le parcours, ces femmes, hommes et enfants survivent dans leur monde de préfabriqué si fragile.

Les images parfois difficiles montrent des réalités crues que l’on refuse de voir, sans jamais pour autant tomber dans le pathos. On comprend mieux pourquoi tant de gens s’établissent de manière durable dans des camps de fortune, habitent leurs tentes, investissent leurs bidonvilles en fonction de leur histoire personnelle, mais plus généralement du fait d’un triste contexte politique, sociale, économique voire (et de plus en plus) environnemental.

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Un mot, enfin, sur la scénographie inventive et brillante. Pensé comme une expérience à vivre, le parcours est constitué d’échafaudages en métal, sur lesquels ont été installés les photographies, cartes, plans et textes qui constituent le cœur de l’exposition. Entre ces indénombrables barres en fer, un couloir lumineux a été aménagé, comprenant une installation sonore et cinétique.

Par des modifications de l’éclairage, des bruitages et des sons difficile à définir, le visiteur est extrait de sa zone de confort, tandis que son attention est constamment en éveil, s’attendant à percevoir un nouveau bruit ou à être surpris par un brusque éclat de lumière. «Habiter le campement» est à voir.

HABITER LE CAMPEMENT

13/04/2016 > 29/08/2016

Cité de l’architecture et du patrimoine

PARIS

C'est une réflexion sur les notions de l’habitat et du campement et la tension inhérente entre elles tant la forme des camps répond à ...

Exposition terminée
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