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À Rome, une villa de la Renaissance retrouve sa splendeur grâce à une donation anonyme

Agathe Lautréamont 29 juillet 2016

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En plein centre de Rome, à quelques pas de ce qu’est maintenant le cœur battant de la capitale italienne, se trouve la Villa Giulia, une magnifique bâtisse érigée au temps de la Renaissance, et qui accueille aujourd’hui en son sein le Musée National d’art Étrusque. En ce début de semaine, l’institution culturelle a dévoilé, non sans une certaine fierté, le résultat de travaux qui ont permis de rendre toute sa beauté à son nymphée. Particularité de cette restauration : les travaux ont été rendus possibles grâce à une donation anonyme !

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Le nymphée restauré © Erybin – Instagram

Au creux de la Villa Giulia, actuel Musée National d’art Étrusque situé à Rome, un magnifique nymphée subtilement ouvragé attendait depuis des décennies qu’on lui accorde une restauration, pour lui rendre sa beauté d’antan… Et c’est désormais chose faite ! La pièce centrale de cette magnifique villa italienne, érigée au cours de la période de la Renaissance et qui fut la résidence d’été des papes, brille désormais de mille feux grâce à une subvention pour le moins inattendue : un groupe de généreux donateurs japonais, qui ont cependant tenu à conserver leurs identités secrètes…

Ce superbe bassin situé dans un jardin intérieur de la villa (l’espace est appelé nymphée, puisqu’il était généralement bâti en hommage aux nymphes, ces créatures mythologiques liées aux sources, bois, montagnes et autres éléments naturels) a été construit sur ordre du pape Jules III, entre 1550 et 1555. Quelque peu oublié, souffrant des affres du temps, la structure avait lentement périclité. Avant la restauration, la mosaïque centrale du bassin avait perdu de son éclat et était en grande partie noircie, le jardin était partiellement envahi par une végétation incontrôlée et la pierre blanche s’était progressivement obscurcie du fait de la pollution.

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L’état du nymphée avant restauration, en 2008 © Wikimedia Commons

Mais ça, c’était avant le vaste coup de propre qui a été donné au bâtiment séculaire, qui a désormais retrouvé toute sa splendeur ! L’imposante mosaïque centrale, figurant un triton doté de ses attributs classiques (le trident et la conque dans laquelle il souffle) a retrouvé sa beauté.  La nature est à nouveau maîtrisée, l’eau du bassin de nouveau limpide, tandis que le marbre utilisé pour orner la promenade peut afficher ses belles couleurs chaudes.

À l’origine, le nymphée de la Villa Giulia a vu sa construction menée par l’architecte et sculpteur florentin Bartolomeo Ammanati (1511-1592), un disciple de Michel-Ange dont le style a été très fortement influencé par son illustre maître (on lui doit quelques monuments remarquables à Rome, Florence ou encore Padoue). Mais si Ammanati a bien guidé la construction et sélectionné les principaux matériaux, l’idée originelle émane bel et bien de Giorgio Vasari (1511-1574). Ce grand esprit artistique, qui fut tour à tour écrivain, architecte et peintre, est surtout passé à la postérité pour avoir écrit Les vies des meilleurs peintres, sculpteurs et architectes, un ouvrage aujourd’hui considéré comme une œuvre fondatrice de l’Histoire de l’art et une source importante sur l’existence des plus grands personnages de la Renaissance italienne.

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Le nymphée restauré © Sandrol-67 / Instagram

C’est donc en septembre 2015 que les travaux de restauration du nymphée richement décoré ont pu être lancés. C’est en effet à cette période que le Ministère de la Culture italien a reçu une donation de 25000 euros, quelques jours après le passage d’un groupe de visiteurs japonais qui se montrèrent particulièrement enthousiasmés par la découverte de ce bassin de la Renaissance. Ce don était accompagné de deux conditions : que les noms des généreux donateurs ne soient jamais divulgués, et que l’origine des fonds ayant permis la restauration ne soient révélés qu’une fois la restauration achevée, et les merveilles architecturales du bassin à nouveau montrées au grand public. C’est maintenant chose faite, le nymphée ayant été inauguré il y a quelques semaines.

Alfonsina Russo, conservatrice au sein du Musée National d’art Étrusque, a expliqué à l’agence de presse italienne ANSA que les gérants de la Villa Giulia s’étaient habitués à voir le nymphée terne et envahi par la mousse et la moisissure et ce, à tel point que la mosaïque centrale était devenue presque totalement noire. L’imposant triton en était quasi-invisible. Or, suite à l’arrivée des fonds anonymes, la Villa s’est intéressée à l’histoire de cette mosaïque, et a exhumé de ses archives des dessins d’époque qui montraient bel et bien de subtiles couleurs, grâce à des carreaux bleus et verts.

Le bassin quant à lui, est entouré d’une frise de marbre aux teintes chatoyantes, allant du vert au gris en passant par l’orangé. Les cariatides, ces imposantes sculptures qui soutiennent le balcon du nymphée, ont également eu droit à leur coup de propre, révélant des expressions inattendues sur les visages des statues. Nul doute que la Villa Giulia va pouvoir connaître une nouvelle vie grâce à cette restauration, une belle histoire…

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