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Le monde sibyllin d’Ellie Davies : entre art contemporain et photographie

Agathe Lautréamont 27 juillet 2016

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Mise à l’honneur jusqu’au 20 août prochain dans la galerie londonienne Crane Kalman, l’artiste britannique Ellie Davies est une créatrice qui aime se situer à la rencontre de divers courants. Influencée aussi bien par la poésie que par les contes de fée qu’elle lisait durant son enfance, la jeune femme crée des univers magiques via ses photographies, dans lesquelles elle insère des installations d’art contemporain. Découverte d’une créatrice à l’imaginaire féérique et énigmatique…

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Smoke and Mirrors, 2010 © Ellie Davies

Un rapide regard porté au travail de l’artiste Ellie Davies nous transporte dans un autre univers : un monde qui puiserait dans les récits écoutés le soir, à la veillée, au coin du feu ; avec de ci, de là, des éléments qui auraient pu être puisés dans les légendes séculaires du cycle Arthurien. Les forêts épaisses au cœur de l’Angleterre sont bien connues de la créatrice britannique. Au cours de son enfance, celle-ci les a parcourues pendant des heures avec sa famille, marchant avec ravissement au milieu des frondaisons et des tapis de feuilles mortes qui semblent sans fins, mais aussi dans lesquels elle aimait à se perdre pour mieux aller de surprise en surprise.

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Between the trees, 2014 © Ellie Davies

Adulte, Davies ressentit l’envie de rendre hommage à l’espace préservé de new Forest,  au sud de l’Angleterre. Plongeant dans ses souvenirs de jeunesse, revoyant les courses folles d’elle et sa sœur dans les sous-bois, l’artiste a exploité sa fibre créatrice pour monter une série artistique intitulée « Into the Woods ». Inquiétant et attirant à la fois, l’univers qu’elle a créé grâce à la photographie et à l’art contemporain capte instantanément le regard.

Les œuvres d’Ellie Davies font en effet appel à des souvenirs profondément enfouis en nous. Quel enfant n’a jamais ressenti une étrange fascination pour le monde sylvestre, ses secrets, ses méandres et les créatures sauvages qui y vivent ? Sur chaque cliché de l’artiste britannique, on s’attend à voir surgir un loup, ou peut-être une fée, qui sait ? Davies explique que ses œuvres sont pour elle une tentative de rétablir un lien entre elle et les paysages de sa petite enfance.

En ajoutant à ses prises de vue des installations poétiques créées à partir de fils de laine, de peinture dorée ou de vapeur d’eau, Davies tente de redonner corps aux visions qui parsemaient son imagination enfantine. En un sens, l’art est pour elle une quête de la pureté de l’imaginaire enfantin qui, elle l’espère, ne disparaît pas totalement une fois l’âge adulte arrivé.

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Smoke and Mirrors, 2010 © Ellie Davies

Dès le petite enfance, la forêt est souvent présentée comme un espace inquiétant, potentiellement dangereux, dans lequel les jeunes enfants ne doivent pas pénétrer sous peine de se perdre, ou pire… Nombre de contes et récits mettent en scène les bois comme un lieu de chagrin, où les parents cruels abandonnent leurs enfants ou le loup guette sa prochaine proie.

Mais paradoxalement, si l’on puise dans un imaginaire plus ancien, plus ancré dans les cultures celtes et le folklore encore vivace dans certaines régions d’Angleterre, le bois prend un tout autre visage.

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Into the Woods, 2016 © Ellie Davies

La forêt devient le lieu de vie des fées, des enchanteurs qui ont le secret de la guérison et de la vie éternelle. Là, entre les arbres, jaillissent des sources miraculeuses ou évoluent des animaux au pelage blanc immaculé, signe qu’ils viennent de l’Autre Monde, le Sidh, un lieu magique dont la signification n’a rien à voir avec l’aspect infernal qu’on lui accole aujourd’hui.

La série artistique « Into the Woods » d’Ellie Davies est une sorte de synthèse poétique de toutes ces influences. Tour à tour, ces photographies et installations recréent un lieu menaçant, où l’obscurité et le monde sauvage pouvaient être une métaphore de notre propre subconscient.

Mais quand dans ses photographies, surgissent des nuées de lucioles dorées, des chemins de fils cotonneux, de jeunes pins recouverts d’or, alors l’on passe dans le folklore Celte, on redécouvre des éléments de la légende arthurienne ; on pense à la forêt de Brocéliande, dont l’histoire se partage entre notre Bretagne et Albion.

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Smoke and Mirrors, 2010 © Ellie Davies

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