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Découvertes estivales # 3 : l’abbaye d’Auberive, patrimoine et art contemporain

Agathe Lautréamont 26 juillet 2016

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Pour ce troisième épisode de notre saga estivale, nous partons dans l’est de l’Hexagone, plus précisément du côté de la Haute-Marne. Là, à quelques kilomètres au nord de Dijon, en plein cœur d’une nature sauvage et préservée, se dresse l’impressionnante abbaye d’Auberive. Lieu de culte cistercien fondé en 1135, le monument aura connu bien des péripéties après presque 900 ans d’existence. Et la dernière en date,  est sa transformation en centre d’art, il y a pile dix ans ! Découverte d’un lieu propice à la contemplation, à la réflexion et à l’émerveillement…

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© Abbaye d’Auberive

L’abbaye d’Auberive fait partie de ces monuments français qui portent en eux la marque des siècles, des bouleversements des époques et des grands événements historiques, sociaux et politiques. Son histoire débute en 1135, quand une douzaine de moines issus de l’abbaye de Clairvaux, dans l’actuel département de l’Aube. Son implantation, au cœur d’un espace naturel difficilement accessible, renvoie bien aux attentes cisterciennes de l’époque : un espace isolé mais riche en eau, sans quoi une vie en communauté ne saurait se développer.

En effet, les moines de l’ordre de Saint Benoît ne consommant pas de viande, leur principal apport en nourriture provient des poissons de la rivière toute proche. Grâce aux ressources fournies par la rivière Aube, les moines se développent en totale autarcie, jusqu’à atteindre son apogée au XIIIe siècle.

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© Abbaye d’Auberive

Une histoire tourmentée

Les XIVe et XVe siècles marquent le début du déclin pour l’abbaye, qui souffre des conséquences de la Guerre de Cent ans, et perd nombre de ses possessions territoriales. Au XVIe siècle, de nouveaux bâtiments sont ajoutés à l’abbaye sur ordre de l’abbé Louis de Rye mais cette embellie ne dure pas, la période étant durement marquée par les guerres de religion, et les pillages que subit le lieu de culte en 1567 et 1587. L’arrivée du XVIIe siècle donne à l’abbaye d’Auberive l’aspect extérieur que nous lui connaissons aujourd’hui. Les ailes Ouest et Nord sont ajoutées, tandis que la vieille abbatiale datant du XIIe siècle est démolie.

Des travaux de surélévation sont également entrepris afin d’éviter les dégâts causés par l’humidité de l’Aube toute proche. Après la Révolution de 1789, les ordres monastiques se voient supprimés et les 8 derniers moines qui restaient encore vivre au sein de l’abbaye quittent les lieux ; tandis que le domaine est vendu comme bien national. À partir de cette période, l’abbaye connaîtra de nombreuses reconversions : filature de coton, haut fourneau, prison pour femme (la communarde Louise Michel sera détenue 20 mois à Auberive), colonie pour délinquantes mineures, colonie agricole pour jeunes garçons…

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© Abbaye d’Auberive

Le renouveau

Quand survient la Seconde Guerre mondiale, le bâtiment est réquisitionné avant de devenir une colonie de vacances dans les années 1960. Enfin, en 2004, la famille Volot rachète le domaine, et donne à l’abbaye d’Auberive la vocation qu’on lui connaît aujourd’hui : celle d’un centre culturel.

La famille Volot a ainsi transformé l’abbaye, classée aux Monuments Historiques, en espace de rencontre autour des arts. La collection fait la part belle à la création contemporaine, tandis qu’une saison musical et festive est organisée chaque été. Jean-Claude Volot, collectionneur d’art avisé, a ainsi trouvé l’écrin idéal pour abriter sa collection de quelque 2500 œuvres d’art (pour beaucoup issues des mouvements de l’art brut).  Des expositions temporaires sont régulièrement organisées, la dernière en date étant dédiée à Gustave Courbet, sa pratique du paysage, et son influence sur la jeune création  de notre époque.

Antoine Correia. Paysage, 2013, dyptique 100 x 100 cm (x2)

Antoine Correia, Paysage, 2013 © Photo Cyril Rezé

Art contemporain et Histoire

Une visite à l’abbaye d’Auberive est donc la promesse d’une escapade surprenante, entre art contemporain, patrimoine français et découverte de paysages bucoliques et encore sauvages. En découvrant l’espace culturel, le visiteur a l’occasion de découvrir les plus grandes tendances de l’art contemporain, grâce à une collection aussi éclectique qu’exigeante. Les événements temporaires ont mis en lumière des personnalités de l’art de notre temps comme  Claude Roffat, le duo Maryan-Ricol ou encore Dado. La rencontre entre la scène contemporaine et ces murs cisterciens vieux de presque un millénaire est un rapprochement surprenant, mais qui fonctionne à merveille !

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