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Des dessins du XVIe siècle laissés par des conquistadors espagnols découverts dans une grotte

Agathe Lautréamont 22 juillet 2016

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Au cours d’une expédition dans une petite île portoricaine, une équipe de chercheurs majoritairement composée d’archéologues et de scientifiques britanniques ont fait une surprenante découverte à laquelle ils ne s’attendaient pas… Là, laissés dans une grotte accrochée à flanc de falaise, demeuraient des dessins, inscriptions et graffitis réalisés par un groupe de conquistadors espagnols, datant du XVIe siècle. Ce témoignage inattendu jette de nouvelles lumières sur les relations entretenues entre les forces conquérantes et les populations autochtones.

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Des dessins laissés par les conquistadors © Revue Antiquity

Si l’on vous dit « Île de Mona », il y a bien peu de chances que ce nom vous évoque quoi que ce soit. Et pour cause ! Cet îlot plus qu’une véritable île (ce bout de terre aride et aux rivages escarpés ne mesure pas plus de 57 kilomètres carrés) est aujourd’hui totalement inhabité, bien que des peuplements par le peuple Taïnos est avéré, et se situe à mi-chemin entre Porto Rico et la République Dominicaine et a été découverte en 1494. Du fait de sa topographie torturée, l’île comporte un nombre important de grottes, caves et autres cavités naturelles. Et ce sont précisément ces lieux qui font l’objet d’intenses fouilles archéologiques depuis 2013 maintenant.

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Des phrases laissées par les conquistadors © Revue Antiquity

Des dessins vieux de plusieurs siècles

Or, cette semaine, une équipe d’archéologues britanniques a déclaré avoir fait une importante découverte. Là, gravés dans la paroi rocheuse, une trentaine de dessins et inscriptions à caractère religieux  attendaient d’être redécouverts depuis le XVIe siècle. Mais découvrir ces étranges gravures se mérite ! Pour atteindre la cave naturelle, dont l’ouverture se situe à flanc de falaise, il faut d’abord parcourir un long boyau constitué de plusieurs tunnels souterrains. On pourrait facilement se perdre dans ce dédale de couloirs, ce qui laisse penser que les soldats espagnols ont très probablement été guidés vers la grotte.

Si l’on en croit les déclarations de cette équipe de chercheurs mandatés par le British Museum et l’Université de Leicester, ces témoignages inattendus ont été laissés là par des colons espagnols, au sein d’une grotte qui comportait déjà 250 autres œuvres réalisées par la population autochtone de l’îlot. Les amérindiens vivant sur l’île de Mona considéraient en effet cette cavité naturelle comme sacrée.

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Les dessins des autochtones © Revue Antiquity

Deux cultures

C’est donc au milieu de dessins bien plus anciens, tracés par des Amérindiens soucieux de représenter leurs croyances et préserver le souvenir de leurs ancêtres, que les conquistadors y sont allés de leur griffe, en traçant des phrases en espagnol (« Dios te perdone ») ou  des extraits de la Bible, cette fois en latin : « Plura fecit deus » et  « Verbum caro factum est », qui signifient respectivement « Dieu peut faire beaucoup de choses » et « La parole s’est faite chair ». Ces phrases tendent à refléter l’angoisse des conquistadors de se trouver si loin de chez eux, et aussi leurs craintes face à des populations indigènes dont ils ne savaient strictement rien.

Certains soldats ont laissé leur nom dans la pierre : Alonso Perez Roldan el Mozo, Myguel Rypoll. D’autres ont laissé une date à côté de leur patronyme, comme Alonso de Contreras : 1550. Malheureusement, lorsque les chercheurs ont tenté d’en savoir davantage sur ces personnages, aucune trace d’eux n’a pu être découverte dans les archives espagnoles. Seul le capitaine de cette expédition : Francisco Allegre qui a également signé la paroi rocheuse en 1554, a laissé une marque de son passage dans l’Histoire.

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Des dessins laissés par les conquistadors © Revue Antiquity

Rencontres

On peut également observer des crucifix gravés sur la pierre, mais parfois agrémentées d’éléments ou représentées dans des styles qui montrent un syncrétisme entre l’art européen et celui des populations locales. Certains symboles de la religion chrétienne sont entièrement mélangés avec des signes amérindiens. Les chercheurs se réjouissent de cette découverte surprenante, qui permet de mieux comprendre les relations entretenues entre les conquérants du XVIe siècle et les peuples locaux…

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