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Frédéric Bazille, celui qui avait tout pour devenir un grand

Jéremy Billault 16 juillet 2016

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Pendant tout l’été, le Musée Fabre de Montpellier consacre une grande exposition à un peintre local dont l’importance dans l’Histoire de l’art est parfois sous-estimée : Frédéric Bazille (1841-1870).. Mort à 28 ans, l’artiste est, aux côtés de Monet, son grand ami, l’un des précurseur de l’impressionnisme. Retour sur un destin romanesque à explorer dans une exposition passionnante jusqu’au 16 octobre.

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Frédéric Bazille, Réunion de famille, 1867 © Musée d’Orsay

S’il n’avait pas voulu littéralement aller faire le zouave, il serait probablement l’une des figures de proue de l’impressionnisme. Il l’est d’ailleurs, mais tapis dans l’ombre d’un destin tragique, dans la discrétion d’une vie généreuse brillante mais trop courte. Frédéric Bazille est mort à quelques jours de son 29ème anniversaire, quand, après avoir décidé de s’engager dans le 3e régiment des zouaves en juillet 1870, la bataille de Beaune-la-Rolande a raison de lui, le 28 novembre de la même année. Quatre ans plus tard, la première exposition des impressionnistes comporte plusieurs de ses œuvres : il sera impressionniste à titre posthume.

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Frédéric Bazille, L’ambulance improvisée

Car l’histoire de Frédéric Bazille, c’est celle de la naissance de l’impressionnisme. Issu d’une famille bourgeoise Montpelliéraine, il s’oriente à la volonté de ses parents, vers une carrière de médecin. Mais à l’âge de 21 ans, il part pour Paris où il est accueilli par Charles Gleyre, peintre suisse actuellement exposé au Musée d’Orsay, dans son atelier. C’est ici que l’élément perturbateur de la vie et de la carrière de Frédéric Bazille se produit, un événement crucial pour lui comme pour l’Histoire de la peinture : il rencontre Claude Monet. A ses côtés, Bazille commence à peindre des paysages, ceux de la Normandie ou de la forêt de Fontainebleau et se lance définitivement dans une carrière de peintre.

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Frédéric Bazille, Autoportrait, 1865–1866 © Art Institute of Chicago

Sa situation est plus aisée que celle des autres artistes, son père est sénateur, descendant d’une dynastie de maîtres orfèvres (dont on peut admirer quelques pièces dans l’hôtel Sabatier d’Espeyran à côté du Musée Fabre) et il partage rapidement son atelier avec Monet et, quelques années plus tard, avec Auguste Renoir. Pendant cette période, il rencontre Degas, Sisley, Édouard Manet, Berthe Morisot ou encore Paul Cézanne, notamment grâce aux différents Salons. A Chailly, alors qu’il a promis à Monet de venir poser pour Le déjeuner sur l’herbe, il réalise une toile représentant le peintre alité après une blessure. Après avoir été refusé plusieurs fois au Salon (il voudra même créer un « Salon des Refusés), Frédéric Bazille fait son grand retour dans l’élite artistique de l’époque grâce à des tableaux inspirés par son sud natal. C’est notamment un tableau remarquable représentant sa famille au domaine de Méric, qui sera commentée par un Zola enthousiaste, qui témoigne du talent incroyable de ce jeune homme du sud à l’œil si particulier.

En quelques années seulement, Frédéric Bazille laisse derrière lui une oeuvre puissante d’intimité, entre réalisme et impressionnisme d’avant-garde, composée d’une cinquantaine de tableaux qu’il nous est donné à voir à Montpellier, accompagnés de ceux des autres, de Monet, de Renoir, de Delacroix, de ces amis et de ceux qui deviendront maîtres du genre.  La confrontation amicale nous plonge dans cette époque, dans cet âge d’or de la peinture française et fait surgir l’inspiration unique de Frédéric Bazille, que l’on réduit trop souvent à son rôle d’ami et à sa générosité envers les peintres de sa génération.

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