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L’UNESCO dévoile la liste des six sites les plus menacés par le changement climatique

Agathe Lautréamont 13 juillet 2016

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En ce début de semaine, le Comité du Patrimoine Mondiale de l’UNESCO se réunit à Istanbul, en Turquie. Dans le même temps, l’organisation internationale a publié un rapport alarmant, qui liste les sites historiques les plus menacés par le réchauffement climatique. Cent pages, qui démontrent à quel point le changement climatique est un des risques les plus importants pour l’héritage culturel mondial.

unesco

Hoi An, au Vietnam © UNESCO

Jusqu’au 20 juillet prochain, des délégués venus des quatre coins du monde se réunissent au Centre des Congrès d’Istanbul, dans le cadre d’une grande réunion organisée par l’UNESCO. But de la manœuvre : faire un état des lieux des récentes recherches démontrant les dangers encourus par les sites patrimoniaux face au changement climatique global, mais également nommer de nouveaux espaces qui seront ajoutés à la Liste du Patrimoine Mondial.

Car le constat de l’UNESCO est accablant. Alors qu’un peu partout dans le monde, des phénomènes météorologiques rares et dévastateurs se multiplient, les populations prennent peu à peu conscience que la Terre se réchauffe bel et bien. Seulement, l’effet de cette hausse générale de la température du globe sur le patrimoine est encore largement sous-estimé. Le rapport d’une centaine de pages rendu public en ce début de semaine étudie 31 sites répartis dans 29 pays différents et qui comptent parmi les plus vulnérables face au changement climatique.

Le directeur du Centre de l’UNESCO sur le Patrimoine Mondial explique qu’il devient véritablement urgent de mieux comprendre, maîtriser et lutter contre le changement climatique, si l’on veut que ces sites soient encore visibles dans cent ans. Le dossier s’accompagne de recommandations aux gouvernements, aux agences de voyages, au secteur du tourisme et aux acteurs travaillent sur les sites à protéger pour mieux faire face aux dangers à venir, si rien n’est fait pour lutter contre le changement climatique. Des pistes de réponse donc, mais pour le moment pas de solutions.

Kilwa Kisiwani

Ruines de Kilwa Kisiwani et de Songo Mnara © UNESCO

La liste de ces conseils comprend : produire un constat précis et fiable de la vulnérabilité des divers sites ; faire de la fragilité des sites un critère d’inscription à la liste ; développer des stratégies et des politiques pour réduire l’effet de serre dans la droite lignée des conclusions de la COP21 de Paris ; utiliser des données archéologiques pour mieux connaître les précédents changements climatiques survenus dans l’histoire de la planète ; mieux impliquer les populations locales vivant près des sites à préserver pour aider à leur protection et leur gestion.

Et parmi la liste des 31 sites les plus en dangers à cause du réchauffement de la planète, voici les six lieux qui seraient les plus menaces à court terme.

La lagune de Venise, Italie

La hausse du niveau de la mer est sans conteste le plus grand risque encouru par la cité des Doges et ses richesses. Au cours des deux siècles passés, le niveau de l’eau a déjà grimpé de trente centimètres, causant des dégradations sur des centaines de bâtiments, y compris sur la fameuse Basilique Saint-Marc. Et bien sûr, ces dégâts se trouvent amplifiés par les 10 millions de touristes qui, chaque année, visitent la ville du nord de l’Italie (qui, pour certains, arrivent via de gigantesques paquebots dont l’effet est désastreux sur la lagune).

wiki

Venise © Wikimedia Commons

Anciens ksour de Ouadane, Chinguetti, Tichitt et Oualata, Mauritanie

Les ksour sont des villes qui ont été fondées sur le passage des caravanes qui transportaient des biens innombrables à travers les routes commerciales d’Afrique. Fondées au Moyen-âge pour les marchands qui traversaient le Sahara, ces villes devinrent des centres majeurs de la culture islamique (Chinguetti est d’ailleurs considéré comme un des lieux les plus importants de l’Islam). Malheureusement, la désertification et le Sahara grignotant peu à peu les territoires alentours mettent en péril la préservation de ces sites uniques.

Les moaï de l’Île de Pâques, Chili

wikiki

Rapa Nui, île de Pâques © Wikimedia Commons

Elles figurant parmi les œuvres d’art les plus célèbres et surtout les plus reconnaissables au monde. Les sculptures monumentales qui se dressent sur l’île de Pâques, au large du Chili, ne sont pas protégées du changement climatique par leur insularité, bien au contraire. Ces œuvres mystérieuses, qui ont été sculptées entre 1250 et 1500, pourraient bien disparaître en même temps que l’île qui les abrite. L’érosion des côtes et l’élévation de la hauteur des vagues menacent les statues qui, pour la grande majorité, sont dressées sur les côtes…

La statue de la Liberté, États-Unis

Tout le monde la connaît, et on aurait tendance à imaginer qu’elle est à l’abri du changement climatique. Or, il n’en est rien. La fameuse statue de la Liberté, située dans les eaux bordant New York, a en effet déjà démontré sa faiblesse lors de la survenue de la tempête Sandy, en 2012. À l’époque, les vagues furieuses avaient considérablement endommagé 75% d’Ellis Island et les infrastructures qui s’y trouvent. Or, les experts du climat estiment que loin de diminuer, ces phénomènes climatiques violents ne vont faire qu’empirer au fil des ans…

wi

On ne la présente plus © Wikimedia Commons

Ruines de Kilwa Kisiwani et de Songo Mnara, Tanzanie

Ces deux sites situés sur les côtes de Tanzanie furent, au cours des siècles passés (du XIIIe au XVIe siècle), des ports extrêmement influents dans toute l’Afrique. Là, des biens comme l’argent, l’or, la porcelaine chinoise et l’ivoire se monnayaient, s’échangeaient, partaient dans des navires chargés d’autres richesses. Mais comme dans le cas de l’île de Pâques, l’érosion progressive des côtes et l’élévation du niveau de la mer pourraient bientôt faire disparaître ces sites inestimables de la surface de la Terre.

Vieille ville de Hoi An, Vietnam

À perte de vue, des bâtiments construits au cours des XVIe et XVIIe siècles, tous fabriqués à partir de bois et magnifiquement ornementés. Le style architectural de ce point de rencontre entre diverses cultures rappelle les influences européennes, chinoises et japonaises reçues par cette région commerçante du Vietnam. Malheureusement, la ville de Hoi An ne se trouve qu’à deux mètres au-dessus du niveau de la mer, et déjà, certains bâtiments ont été sévèrement endommagés par des épisodes de pluies diluviennes.

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