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Redécouvrir le nu classique d’Eckersberg à la Fondation Custodia

Agathe Lautréamont 12 juillet 2016

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Un passage du côté de la Fondation Custodia, à Paris, est toujours l’assurance d’une découverte artistique et esthétique passionnante. Cet été, et jusqu’au 14 août prochain, l’espace culturel situé dans le septième arrondissement de la capitale propose un vaste accrochage, très complet, sur le peintre danois Christoffer Eckersberg, peintre de l’âge d’or du Danemark. Après vous avoir parlé de l’exposition et proposé un coup de projecteur sur le voyage de l’artiste à Rome, attardons-nous désormais sur un aspect précis de son art : le nu…

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C.W. Eckersberg, Modèle masculin assis. Peter Kristrup, 1837 © Académie royale des Beaux-Arts du Danemark

Dans le septième arrondissement de Paris, à quelques pas de l’Assemblée Nationale et de la Seine, se tient la Fondation Custodia, un espace culturel et d’expositions installé entre les murs d’un magnifique hôtel particulier : l’hôtel Levis-Mirepoix. C’est là, dans les salles feutrées de ce bâtiment séculaire qu’une ravissante exposition se tient jusqu’au milieu du mois d’août : C.W. Eckersberg, artiste danois à Paris, Rome et Copenhague.

Dans un parcours tout autant chronologique que thématique, l’accrochage offre une plongée saisissante dans le travail de cet artiste méconnu en France, mais considéré comme un maître absolument immanquable dans la culture artistique du Danemark. C’est ainsi que, grâce à cent vingt-cinq dessins, gravures et sculptures, le visiteur peut véritablement plonger dans le foisonnement artistique de ce grand maître, mort du choléra dans sa soixante-dixième année.

Avant de partir en 1813 à destination de Rome, Christoffer Eckersberg a posé ses valises et ses palettes pendant un an dans la capitale française., il va se placer sous les bons auspices d’un certain Jacques-Louis David qui, au sein de son atelier, va lui permettre d’affirmer sa touche picturale et renforcer sa pratique du dessin.Il va alors s’inspirer des précieux conseils du maître qui lui recommande chaudement de puiser son inspiration du côté de l’Antique.

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C.W. Eckersberg, Modèle masculin tenant un bâton, 1837 © Académie royale des Beaux-Arts du Danemark

Un style qui s’afranchit

C’est en regardant en direction du passé que sa palette s’éclairera et que son style pourra glaner le style riche et puissant qui lui ouvrira les portes d’une grande carrière artistique. Si l’influence du peintre est prégnante pendant tout le voyage initiatique romain d’Eckersberg, le peintre danois va peu à peu se détacher de l’ombre écrasante de David pour lentement trouver son propre style ; une volonté particulièrement marquée à partir du retour de l’artiste sur ses terres natales.

En effet, la touche d’Eckersberg va alors se révéler particulièrement innovante dès lors qu’il s’installe comme peintre à Copenhague, où il ne tarde pas à rencontrer le succès. Mais cet esprit novateur, le visiteur de l’exposition de la Fondation Custodia le rencontre tout particulièrement dans la grande salle de l’accrochage qui se révèle entièrement dédiée au nu artistique.

Cette étape se trouve judicieusement placée juste après celle consacrée aux peintures et autres portraits des grandes familles influentes de son temps, à la façon d’une continuité. Là où les peintures d’Eckersberg pouvaient se révéler dans un premier temps conventionnelles et très attachées aux codes et canons traditionnels, la scission est évidente dans sa pratique du nu. Là où le nu artistique classique, le plus répandu, cherche à magnifier et idéaliser les corps représentés, Eckersberg prend résolument le contre-pied de cette pratique.

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C.W. Eckersberg, Nu féminin. Florentine, 1840 © © Brandts – Museum for Kunst og Visuel Kultur

Des modèles variés

Il a choisi ses modèles sciemment selon des critères d’âge et de morphologie diverses (une fillette, deux hommes, deux femmes à des âges de la vie bien différents) de sorte à pouvoir élargir sa palette et varier ses compositions. Il n’est ici plus question de regarder vers l’influence écrasante des marbres grecs dont les corps sublimés tendaient à atteindre un certain idéal esthétique. Eckersberg au contraire, va dédier la précision de son pinceau à représenter ses modèles tels qu’ils sont.

Les corps des hommes ne sont pas ceux d’Héraclès, le ventre est un peu rebondi, un nez peut être rougi, les pectoraux peu dessinés… Du côté des femmes, les corps peuvent avoir la fermeté de la jeunesse mais aussi révéler un certain relâchement dû à l’âge, au travail, aux grossesses…

Eckersberg ne gomme pas les défauts, il ne les souligne pas davantage. Ils sont là, font partie du modèle, et doivent donc être représentés le plus naturellement du monde. Un parti-pris qui pouvait être incompris pour cette première moitié du XIXe siècle. Mais l’artiste danois, en tant que peintre novateur et aussi en tant qu’enseignant, cherchait avant tout à représenter la vérité telle qu’il la voyait.

C. W. ECKERSBERG

01/06/2016 > 14/08/2016

Fondation Custodia

PARIS

Pour la première fois, la France accueille une exposition monographique de Christoffer Wilhelm Eckersberg, artiste danois majeur du XIXe si...

Exposition terminée
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