Votre action a été enregistrée avec succès !



LA NEWSLETTER

Quand les artistes construisent le mur voulu par Donald Trump à la frontière mexicaine

Agathe Lautréamont 12 juillet 2016

Share on FacebookTweet about this on TwitterGoogle+

C’est une des annonces les plus polémiques du candidat à la Maison Blanche Donald Trump : bâtir un gigantesque mur le long de la frontière mexicaine, de sorte à empêcher les migrations illégales et le passage de trafiquants de drogue. Et bien entendu, ce serait au Mexique de payer la facture… Face à cette nouvelle facétie de l’improbable Trump, des artistes se sont amusés à prendre sa proposition au pied de la lettre. Enfin, presque…

hyp

© Hyperallergic

Depuis que le candidat à l’investiture pour la Maison Blanche Donald Trump a annoncé en grande pompe vouloir construire un gigantesque mur le long de la frontière mexicaine, les débats ne cessent d’être alimentés quant à la manière dont ce projet insensé pourrait être mené, et surtout combien il pourrait coûter au contribuable.

Et comme Trump a la particularité d’inspirer régulièrement les artistes du fait de ses incessantes facéties et sorties de route toutes plus affligeantes (et inquiétantes) les unes que les autres, ce sont en toute logique un duo d’artiste qui ont décidé de prendre la proposition de Trump très au sérieux. Mary Mihelic et David Gleeson, deux artistes américains, ont donc commencé à construire ledit mur au niveau de Jacumba Hot Springs, en Californie. Le matériau utilisé pour construire le mur ? Des œuvres d’art anti-Trump !

hyp 22

© Hyperallergic

Une oeuvre engagée

Le morceau de mur, composite et bigarré, se situe à l’heure actuelle à quelques encablures de la véritable frontière marquant la séparation entre le Mexique et les États-Unis, où une imposante grille se dresse déjà. D’un côté du mur (le côté tourné vers les USA), on trouve de grandes affiches en faveur du candidat républicain à la Maison Blanche.

Et sur ces campagnes publicitaires, ont été cloués par les artistes des fleurs fanées, des fruits pourris et des objets du quotidien que l’on retrouve dans tous les foyers étasuniens. Ces éléments disparates sont censés représenter, pour les artistes, l’impact économique qu’aurait la fermeture de la frontière sur l’agriculture, l’industrie et la vie domestique.

En revanche, du côté du mur orienté vers le Mexique, on ne trouve que des parpaings, recouverts d’une peinture jaune fluorescente (la couleur des panneaux signalétiques américains), et posés au pied du mur, d’austères cactus.

hyp 44

© Hyperallergic

D’autres artistes pour reprendre le flambeau

Bien sûr pour le moment, on ne trouve dans cette zone de la Californie, non loin de la ville de San Diego, qu’un petit morceau de mur. Cet état d’inachèvement est bien sûr intentionnel : l’idée des deux amis créateurs est que d’autres artistes viennent à leur tour apporter (au sens propre comme au figuré) leur pièce à l’édifice et continuer cette œuvre d’art en forme de mur. Pour David Gleeson, l’art n’a jamais été aussi important qu’en ce moment, alors que le vote américain a porté Trump comme candidat éventuel à la présidence des États-Unis.

Et, suivant la proposition du fantasque politicien indiquant que ce serait le Mexique, et personne d’autre, qui paierait pour le mur, là aussi le duo d’artiste a suivi l’idée. Une facture de 14.600 dollars a ainsi été adressée à Enrique Peña Nieto, le président du Mexique. Le bénéficiaire indiqué est bien sûr Trump lui-même.

hyp 3

© Hyperallergic

Quid de l’avenir ?

Le projet de mur artistique a été réalisé, du propre aveu de Mihelic et Gleeson, à la va-vite, mais en toute légalité. Les deux artistes ont en effet demandé la permission au propriétaire de cette portion de terrain d’installer leur œuvre, et ce dernier a immédiatement accepté. Au bout du compte, l’installation du morceau de mur aura coûté aux alentours de 30 000 dollars aux deux amis ; une somme qu’ils ont totalement financée. Mihelic est courtière en bourse, tandis que Gleeson travaille dans une galerie d’art à New York.

Et ceux-ci entendent bien poursuivre et valoriser leur projet de mur artistique et humoristique jusqu’au mois de novembre prochain, date de l’élection présidentielle étasunienne. Le mur restera en place, et sera donc agrandi par d’autres artistes tant que le propriétaire des lieux autorisera celui-ci à se dresser sur la propriété. Quant à la période post-élection, il est encore trop tôt pour le dire…

LES DERNIERS ARTICLES

AJOUTER UN COMMENTAIRE