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Rosa Bonheur, la vallée de Chevreuse et la nature : chronique d’une œuvre bucolique

Agathe Lautréamont 11 juillet 2016

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Niché en plein cœur de la Vallée de Chevreuse, poumon de nature et d’agriculture de la région Île-de-France, se trouve un petit musée qui s’est élevé sur les cendres de l’ancienne abbaye de Port-Royal : le musée de Port-Royal-des-Champs. Celui-ci, jusqu’au 25 juillet prochain, dédie une belle exposition à une famille d’artistes exceptionnelle : les Bonheur, mais avec un coup de projecteur accordé au membre le plus éminent de ce cénacle créatif : Rosa Bonheur. À notre tour, mettons, nous aussi, un coup de projecteur sur une œuvre en particulier de Rosa, très simplement intitulée : Moutons

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Rosa Bonheur, Un labourage en Nivernais, 1849 © RMN – Grand Palais

C’est une exposition rafraîchissante qui se tient jusqu’à la fin du mois de juillet. Le Musée national de Port-Royal-des-Champs, dans les Yvelines, dédie un magnifique accrochage à Rosalie Bonheur, plus connue sous son surnom de Rosa, éminente représentante de la peinture animalière et qui passa une longue part de son existence dans le petit village de Magny-les-Hameaux, où se dresse aujourd’hui le musée qui nous occupe.

Rosa, entourée de sa fratrie et de ses parents tous artistes (peintres, sculpteurs, musiciens…) a donc été élevée dans un cadre propice au développement de la créativité. Entourée par une région essentiellement agricole, elle passa son enfance à se perdre dans les vastes espaces préservés de la vallée de Chevreuse, à la rencontre aussi bien des paysans menant paître leurs troupeaux, que des animaux sauvages vivant dans les forêts toutes proches.

Rien de surprenant donc, à ce que Rosalie soit devenue la grande Rosa Bonheur qui, au milieu du XIXe siècle, devint riche et célèbre grâce à ses peintures animalières qui rencontraient le succès aussi bien auprès de la critique (elle fut récompensée au Salon à plusieurs reprises) que du public, qui se portait acquéreur de ses toiles. Sa célébrité fut telle que, à la fin de sa vie, elle se vit remettre la Légion d’Honneur, devenant ainsi la toute première femme à recevoir cette distinction.

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Rosa Bonheur, Moutons, non datée © Collection Particulière

Une oeuvre laissée inachevée…

Dans la dernière salle du parcours du Musée national de Port-Royal-des-Champs, après avoir admiré sculptures en bronze, croquis au fusain et huiles sur toile admirablement exécutées, le visiteur tombe nez à nez avec une petite toile de taille modeste, discrètement accrochée dans un angle de la salle d’exposition, mais qui est touchante par ce qu’elle nous raconte sur le style de Rosa Bonheur, sa technique picturale, mais surtout de son amour de la nature.

Cette toile (malheureusement non datée), très simplement intitulée Moutons, a la particularité d’avoir été laissée inachevée par l’artiste. Sur ce petit tableau donc (39.5 x 55 cm), que voit-on ? Le décor est à peine esquissé. Les couleurs dominantes, pâles et douces, constituent une harmonieuse palette de beige, ocre et vert. Au centre de la composition, deux moutons paisibles, probablement un couple, se tiennent au soleil.

Un grand sentiment de douceur se dégage de la toile, comme une scène bucolique que l’on se serait arrêté pour contempler au bord de la route, par une douce après-midi de printemps. L’œuvre est inachevée nous l’avons souligné, mais c’est là justement tout l’intérêt de cette œuvre de petit format.

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Rosa Bonheur, Troupeau de moutons dans le Nivernais, XIXe siècle © Château Royal de Blois

Une plongée dans la technique

On peut ainsi observer, en premier lieu, un repentir de la part de Rosa Bonheur ; repentirs qui en temps normal, sont cachés sous les couches de peinture et ne peuvent aujourd’hui être dévoilés que par nos outils technologiques sophistiqués. Le mouton du premier plan devait initialement regarder vers la droite de la composition. Puis, changeant d’avis, Rosa lui fit finalement tourner la tête vers nous, le spectateur, qui regarde tranquillement cette scène délicate.

Le regard de l’animal est tranquille, serein, même si les oreilles dressées de l’ovin dénote tout de même une attention certaine à sa progéniture, qui se repose près de ses sabots. Une scène émouvante : deux jeunes agneaux, qui eux sont à peine esquissés, sont là aux pieds de leur mère. L’un devait être couché dans l’herbe, tandis que l’autre tend le museau en direction de sa mère, à la recherche de son attention. Peut-être était-il en train de bêler, au moment où Rosa assista à la scène ? On ne peut qu’imaginer la chose…

Grâce à ces esquisses, rapides mais pourtant d’une grande précision, on découvre le grand talent de Rosa Bonheur. Par quelques coups rapides de pinceau, l’artiste dessine une forme que l’on reconnaît d’emblée, avec une assurance surprenante. Ses deux petits agneaux, dont on devine le pelage doux et laineux, qui se réduisent à quelques touches de peinture, sont pourtant si émouvants !

Si vous n’avez pas encore eu l’occasion de visiter l’exposition « Rosa Bonheur et sa famille : trois générations d’artistes », il est encore temps de faire un tour du côté de Magny-les-Hameaux ! L’accrochage est visible jusqu’au 25 juillet prochain…

ROSA BONHEUR ET SA FAMILLE

07/04/2016 > 25/07/2016

Musée de Port-Royal des Champs

MAGNY-LES-HAMEAUX

Entre 1860 et 1930, le village de Magny-les-Hameaux fut habité par de nombreux artistes, parmi lesquels les membres de la famille Bonheur. ...

Exposition terminée
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