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Découvertes estivales #2 : la Fondation Maeght ou le paradis de l’art moderne

Jéremy Billault 11 juillet 2016

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Pour ce le deuxième épisode de notre saga d’été, direction Saint-Paul de Vence et un havre de paix qui fleure bon le thym et le romarin : la Fondation Maeght. Créée dans les années soixante par le marchand d’art Aimé Maeght, la Fondation est avant tout une belle histoire : celle d’une amitié, d’une passion intense pour la création et d’une brochette de génies à en faire pâlir la Tate Modern… Bienvenue au cœur d’un établissement singulier, construit pour l’art et par l’art, qui sera, on vous le dit d’entrée, un passage obligé si vous passez par la Provence cet été !

FRANCE - APRIL 01: Saint-Paul De Vence, Illustration On April 1st, 1995 (Photo by Alexis DUCLOS/Gamma-Rapho via Getty Images)

La Fondation Maeght © Alexis Duclos/Gamma-Rapho via Getty Images

D’accord, cette découverte n’en est peut-être pas vraiment une, mais on n’a pas résisté à vous en parler. Certains découvriront, d’autres se souviendront, dans tous les cas, il n’y a que des gagnants. Car la Fondation Maeght, puisque c’est d’elle qu’il s’agit, est, depuis sa création, un lieu emblématique gorgé d’Histoire. Cette histoire, c’est celle d’Aimé Maeght, un marchand d’art (qui ne goûtait pas tant que ça le marché de l’art), et de son amitié avec les plus grands; avec, entre autres, Calder, Giacometti, Miró, Chagall et Georges Braque, à l’origine de l’idée de la Fondation.

FRANCE - CIRCA 1900: The gardens of the Maeght foundation in Saint Paul De Vence, France - Sculpture by Miro. (Photo by Veronique DURRUTY/Gamma-Rapho via Getty Images)

Une sculpture de Miró à la Fondation Maeght © V. Durruty/Gamma-Rapho via Getty Images

Désespéré après la mort de son jeune fils Bernard, Aimé Maeght reçoit le soutien de Braque qui lui rend visite à Saint-Paul-de-Vence et lui propose de créer une institution à contre-courant du marché que, paradoxalement, il déteste : “Puisque vous avez tant envie de faire quelque chose qui dépasse le commerce des arts que vous avez l’air de mépriser, comme je vous comprends, faites quelque chose ici, quelque chose qui n’aurait pas de but spéculatif, qui nous permettrait à nous les artistes d’exposer de la sculpture et de la peinture dans les meilleures conditions possibles de lumière et d’espace. Faites-le, je vous aiderai.”

FRANCE - CIRCA 1900: The gardens of the Maeght foundation in Saint Paul De Vence, France. (Photo by Veronique DURRUTY/Gamma-Rapho via Getty Images)

Une sculpture de Miró dans le jardin de la Fondation Maeght © V. Durruty/Gamma-Rapho via Getty Images

Aimé Maeght décide donc de se lancer dans ce projet : un bâtiment à Saint-Paul pour abriter sa collection, un écrin unique qui valoriserait l’art moderne, l’art de son temps. Il fait appel à l’architecte catalan José Luis Sert, qui pourra compter sur de nombreux artistes pour créer des œuvres incorporées dans le bâtiment en construction. C’est ainsi que Joan Miró s’est associé à Sert, qui avait par le passé conçu son atelier, pour investir les jardins : dans un parcours imaginé par l’architecte, Miró a créé son fameux labyrinthe de sculptures et de céramiques qu’il alimentera pendant près de vingt ans. Mais la collaboration entre architecte et artistes ne s’arrête pas là : sur les murs, des mosaïques de Chagall et de Pierre Tal Coat, dans la chapelle, les vitraux sont signés Braque alors que Giacometti réalise… les poignées de portes.

FRANCE - CIRCA 1998: The Maeght foundation in Nice region, France in 1998. (Photo by Veronique DURRUTY/Gamma-Rapho via Getty Images)

 © V. Durruty/Gamma-Rapho via Getty Images

Loin des délires toujours plus délirants du marché de l’art, la Fondation Maeght continue, depuis son inauguration en 1964 par André Malraux, d’apporter à la création un soutien inconditionnel. Ainsi, sa collection extrêmement riche (et c’est peu dire) est rarement présentée au complet : elle voyage, parfois à quelques kilomètres de là (plusieurs sculptures de Miró sont actuellement exposées dans un centre commercial à côté de Nice), parfois plus loin (L’Homme qui marche de la Fondation a été prêté au Quai Branly dans le cadre de l’expo consacrée à Jacques Chirac) et même dans le monde entier. Pour sa politique culturelle unique, la Fondation Maeght a été reconnue d’utilité publique : elle reçoit, conserve et présente les œuvres au public, qu’elle accueille sept jours sur sept et s’associe aux artistes qui, aussi, se rencontrent.

FRANCE - JANUARY 01: Saint Paul De Vence, Foundation Maeght, Andre Malraux With Marc Chagall And Ludmilla Tcherina And Jacques Chazot. 1964 (Photo by Keystone-France/Gamma-Keystone via Getty Images)

Jacques Chazot, Ludmilla Tcherina, André Malraux et Marc Chagall à la Fondation Maeght, 1964 © Gamma-Keystone via Getty Images)

Cet été, c’est Christo, dont on a récemment beaucoup entendu parler, qui expose dans la cour un immense Mastaba , en prévision du monument qu’il souhaite installer à Abu Dhabi. Sous la présidence du fils d’Aimé Maeght, Adrien, la Fondation tient donc à poursuivre ce qui a toujours fait sa particularité, son cadre exceptionnel, ce qui fait d’elle « L’entre-deux où les possibles hésitent entre histoire et destin » (Joan Miró), ou, comme la décrivait brillamment un Malraux très inspiré :  « L’univers dans lequel l’art moderne pourrait trouver à la fois sa place et cet arrière-monde qui s’est appelé autrefois le surnaturel. »

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