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À la MEP, les souvenirs de Brasilia de Joaquim Paiva

Agathe Lautréamont 29 juin 2016

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Comment passe-t-on du monde de la diplomatie, à celui de la collection, avant de se dédier à la photographie ? Il suffit de poser la question à Joaquim Paiva, exposé au sein de la Maison Européenne de la Photographie, dont la saison brésilienne bat son plein depuis le début du mois de juin. Ce voyage dans l’image est celui de la découverte d’une ville au rythme de ses faubourgs, ses populations et ses couleurs éclatantes. Visite…

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Série Aile sud © Joaquim Paiva

Ce qui fait le charme des images saisies par Joaquim Paiva, c’est leur coté instantané, pris sur le vif. Des images aux couleurs un peu défraîchies, au piqué quelque peu passé, comme de vieilles diapositives qui ont jauni avec le temps qui passe. En observant le travail de l’artiste, on se sent envahi par une certaine forme de nostalgie, alors même que nous n’avons jamais vécu dans cette mégalopole qu’il a tant parcourue, explorée, dévoilée : Brasilia. Le photographe a très vite éprouvé une véritable fascination pour cette cité soudainement sortie de terre au milieu des années 1960, suite à la volonté du Président de l’époque, Juscelino Kubitschek.

Sous la présidence de l’homme d’état, naît en effet le projet d’une nouvelle capitale qui se situerait à l’intérieur des terres, afin de mieux répartir la population ainsi que les richesses.  Dans les deux cas, la concentration sur les côtes du pays posaient un problème d’organisation et de gestion du territoire, qu’il était urgent de résoudre.

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Série Marché de la tour de télévision © Joaquim Paiva

Brasilia devait être un nouveau centre économique pour le Brésil, tout en mettant fin à l’éternelle rivalité entre Rio de Janeiro (capitale culturelle) et São Paulo (capitale financière). C’est ainsi qu’à un rythme frénétique et grâce à l’injection d’importantes sommes d’argent, une nouvelle cité est apparue au cœur de ce grand pays d’Amérique du Sud.

Armé de son œil aiguisé et son appareil photo en bandoulière, Joaquim Paiva s’est attaché à documenter l’avènement de cette nouvelle ville devenue capitale dès les années 1960, s’attachant d’abord un temps à son architecture monumentale (qui tendait à démontrer la grandeur des constructions modernistes brésiliennes) avant de tourner son objectif vers des sujets plus modestes, mais tout aussi représentatifs du cœur battant d’une ville : sa population.

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Série Photos de photos © Joaquim Paiva

Le boîtier vissé sur l’œil a permis à Joaquim Paiva de jeter un pont entre lui, personnage né avant l’éveil de la puissance brésilienne (Paiva vit le jour en 1946), et ce symbole de l’aspiration à un nouveau monde, fait de démesure et d’espoir en un futur glorieux. Mais pour construire une telle cité ex nihilo, il fallut des bras, des mains, des êtres.

Joaquim Paiva va alors raconter en images la vie périphérique, celle menée par plusieurs milliers d’ouvriers qui ont été amenés à Brasilia pour mener les chantiers à bien. Vivant dans des espaces provisoires, parfois dans des conditions de salubrité difficiles, c’est sans misérabilisme que Paiva va photographier ces personnages et leurs familles.

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Série Photos de photos © Joaquim Paiva

Il capte leurs fêtes, saisit des moments de vie quotidienne. En somme, il rend une place à l’humain des plus bienvenues au cœur d’une ville magnifique certes, mais profondément déshumanisée lors de sa première décennie d’existence. Vendeurs sur de petits marchés installés à la va-vite, carnavals de rue aux scènes de liesse impressionnantes, rendez-vous d’amis au café du coin de la rue… Joaquim Paiva livre à la MEP un témoignage vibrant et très intéressant de toute une époque, de ses désillusions, mais surtout de ses espoirs.

JOAQUIM PAIVA

15/06/2016 > 28/08/2016

Maison Européenne de la Photographie (MEP)

PARIS

Joaquim Païva est né en 1946 au Brésil dans l’état de Rio de Janeiro. En parallèle d’une brillante carrière dans la diplomatie, il...

Exposition terminée
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