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Voyage à Rome avec Christoffer Eckersberg, à la Fondation Custodia

Agathe Lautréamont 28 juin 2016

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Si du côté de nos contrées, Christoffer Eckersberg demeure très mal connu, il est considéré dans son pays natal, le Danemark, comme l’un des plus grands peintres du XIXe siècle. Représentant flamboyant de l’âge d’or danois, Eckersberg est cet été mis à l’honneur par la Fondation Custodia, à Paris. L’institution s’attache à livrer un panorama le plus exhaustif possible de cet artiste néoclassique. Aujourd’hui, attardons-nous sur les années de formation de l’artiste, qui se déroulèrent à Rome…

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Christoffer Eckersberg, Vue de la Cloaca Maxima, 1814 © National Gallery of Art, Washington

Après avoir voyagé au Statens Museum for Kunst de Copenhague, puis à la Kunsthalle d’Hambourg, c’est au sein de la Fondation Custodia de Paris que la rétrospective dédiée à Christoffer Wilhelm Eckersberg pose désormais ses valises. Pendant toute la durée de l’été, ce ne sont pas moins de cent vingt-cinq peintures, dessins et gravures qui pourront être admirés dans l’écrin feutré de l’institution culturelle du septième arrondissement de la capitale ; et ce jusqu’au 14 août prochain.

Le parcours proposé dans les salles de l’hôtel Levis-Mirepoix est aussi bien thématique que chronologique. Le visiteur aura ainsi la possibilité de suivre l’évolution stylistique d’Eckersberg, ses influences et ses goûts qui se sont transformés en fonction de ses expériences, ses rencontres, et surtout ses voyages. Étape formatrice, les trois années passées à Rome sont abondamment documentées dans l’accrochage de la Fondation Custodia. Et c’est probablement dans la ville aux sept collines que l’artiste danois réalisa ses plus belles œuvres…

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Christoffer Eckersberg, Les escaliers de marbre menant à Santa Maria in Aracoeli à Rome, 1814-1816 © Statens Museum for Kunst

Après des études suivies à l’Académie Royale des Beaux-Arts du Danemark, à Copenhague, Christoffer Eckersberg ne s’est pas directement mis en route pour l’Italie. Son chemin le mena dans un premier temps vers Paris, où il put entrer dans l’atelier de Jacques-Louis David.

Entre 1811 et 1812, sous la houlette du maître néo-classique, il améliora sa technique de représentation du corps humain, mais surtout, il apprit peut-être le plus important des enseignements, celui qui allait conditionner son style pour les décennies à venir : celui de peindre d’après la nature et d’après l’Antique. Ainsi et seulement ainsi, si l’on en croit David, le jeune peintre trouverait la Vérité de l’art. Fort de ces enseignements, l’artiste danois se remit en route vers sa prochaine destination : Rome.

En juin 1813, c’est donc le grand départ pour Eckersberg, qui s’installe dans la Ville Éternelle pour trois ans. Là-bas, il intègre une société d’artistes bouillonnante, où il se lie d’amitié avec le sculpteur danois Bertel Thorvaldsen, qui se trouve à la tête de ce groupe de jeunes créateurs enthousiasmés autant par leur jeune âge que par les multiples possibles offerts par les paysages romains.

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Christoffer Wilhelm Eckersberg, Vue à travers trois arches du Colisée à Rome, 1815 © Statens Museum for Kunst

Suivant le modèle de ses promenades en Île-de-France, Eckersberg se concentre sur les œuvres exécutées en plein air, abandonnant l’atelier dont les murs ne lui permettent pas de saisir les changements de luminosité et les ombres dansantes projetées par le ciel et les nuages. Déjà, le peintre fait preuve d’une approche esthétique originale par rapport à ses contemporains, en choisissant des cadrages rares en peinture mais également en privilégiant des formats modestes ; là où la peinture de paysage appelle logiquement des toiles de taille relativement imposante.

Mais ce qui intéresse l’artiste danois, c’est bien le changement, l’innovation. Du bout de son pinceau, il exécute des vues de Rome qui sortent de l’ordinaire, en tournant ostensiblement le dos aux monuments les plus célèbres de la ville italienne. Aux Colisées et Châteaux Saint-Ange, il préfère des façades d’habitations anonymes, le perron de modestes églises ou les jardins rafraîchissants de la Villa Borghèse.

Christoffer Wilhelm Eckersberg, La Villa dite de Raphaël dans les jardins de la Villa Borghèse à Rome, 1814-1816 © Hamburger Kunsthalle

Christoffer Eckersberg livre donc, de son œil d’artiste, une vision inédite de Rome et peut-être une représentation plus bucolique et authentique de la cité millénaire. Avec un plaisir que l’on devine sans peine sur chaque toile, il croque, reproduit, sublime des rues écrasées de soleil où des draps sèchent en plein air, saisit des promeneurs à l’ombre des arbres d’un parc, représente l’animation d’une grande artère de Rome.

En somme, il saisit le pouls de la ville qui l’a accueilli pendant trois années qui furent décisives pour son art ; et dont il se souviendra des enseignements tout au long du reste de sa carrière.

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