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Exposition : l’amour de Pablo Picasso pour sa muse Jacqueline

Agathe Lautréamont 28 juin 2016

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Il y a des expositions qui s’attachent à décrire un courant artistique. D’autres qui se concentrent sur le travail d’un peintre particulier. Et puis, il y a celles qui mettent en lumière une belle histoire d’amour. à la Fondation Pierre Gianadda de Martigny, en Suisse, l’accrochage « Picasso, l’œuvre ultime : hommage à Jacqueline » inspire, et surtout émeut. Jacqueline Picasso, dernière compagne de l’artiste espagnol, disparaissait le 15 octobre 1986, il y a trente ans. L’événement rend hommage à la muse du peintre, dans un parcours passionnant.

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Pablo Picasso, Femme nue allongée, 1955 © Succession Picasso – RMN Grand Palais

Ils se sont rencontrés en 1952. Elle, travaille chez le céramiste Madoura, chez lequel Pablo Picasso se fournit depuis 1945. Lui, connaît une période de terrible tension avec sa compagne Françoise Gilot. Malgré la différence d’âge, ils se marient en 1961 et ne seront séparés que par le décès de l’artiste espagnol, survenu en 1973. Hypnotisantes et somptueuses, les œuvres créées par Pablo Picasso au cours des vingt dernières années de sa vie témoignent de l’arrivée de ce rayon de lumière dans sa vie, incarné par Jacqueline Picasso, née Roque.

Céramiques, linogravures, dessins, peintures et sculptures témoignent d’une envie fiévreuse de créer, d’une inspiration renouvelée, presque furieuse, grâce à la présence de cette femme discrète qui veilla sur son époux jusqu’à la fin. Par les formes renouvelées, par les couleurs d’un éclat sans pareil, par les thématiques sensuelles, l’œuvre tardif de Picasso, produit grâce à la muse Jacqueline, est un hymne à la création, à la vie, mais avant tout et surtout : à l’amour.

Picasso avait un jour confié à son ami Christian Zervos : « Pour mon malheur et pour ma joie peut-être, je place les choses selon mes amours. » Cette citation rencontre un écho tout particulier lorsque l’on découvre l’accrochage de la Fondation Gianadda.

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Pablo Picasso, Jacqueline aux jambes repliées, 1955 © Succession Picasso

Grâce au rassemblement d’une centaine d’œuvres de la main de Pablo Picasso, mais également grâce à une émouvante collection de photographies prises par son entourage (Jacqueline Picasso bien sûr, mais également Lucien Clergue et Henri Cartier-Bresson), on redécouvre un Picasso dont la passion pour la femme ne s’est jamais éteint, mais a cependant été brusquement ravivé par l’arrivée de Jacqueline dans sa vie ; une beauté brune aux traits qui lui rappelaient les femmes espagnoles de son enfance.

Que ce soit dans des peintures aux quelques réminiscences cubistes comme Femme nue allongée ou dans un superbe dessin au fusain intitulé Jacqueline aux jambes repliées, on sent chez l’artiste une fascination presque obsédante pour le visage et le corps féminins. Toujours changeant, toujours polymorphe, mais sans cesse représenté avec ce magnétisme artistique qui lui est propre, Picasso explore la silhouette de sa dernière compagne comme on explorerait une contrée inconnue, avec délice et retenue à la fois, entre élan et prudence.

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Pablo Picasso, Les femmes d’Alger – version H, 1955 © Succession Picasso

Jacqueline apporta à Pablo Picasso la stabilité dont il avait besoin pour renouer avec le travail artistique. Bouleversé par sa séparation avec sa précédente compagne, le maître espagnol se cherchait un nouveau chemin artistique, un nouvel éclat qui pourrait guider ses mains sur la voie de l’art. C’est en Jacqueline Rogue, âgée de 27 ans quand il la rencontre, qu’il va puiser à une nouvelle source inspiratrice.

Les œuvres sélectionnées par la Fondation Gianadda, visibles jusqu’au 20 novembre prochain, témoignent d’une célébration intense de sa compagne. Qu’il la représente vêtue à la turque avec un port de tête digne d’une reine, ou dans le plus simple appareil sur une gravure pleine d’érotisme, Jacqueline n’est plus simplement femme, mais se mue en une égérie, une muse, une déesse qui a le don de renouveler, nourrir et sublimer l’inspiration artistique de son amant.

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Pablo Picasso, Femme assise au chapeau jaune et vers, 1962 © Succession Picasso

Au long de deux décennies, Jacqueline constituera l’unique sujet de l’art de Pablo Picasso. Dans une pluralité de formes, de couleurs, de mises en scène, le maître espagnol multiplie les images de celle qui partage sa vie, comme revivifié par sa présence à ses côtés. L’accrochage nous fait donc comprendre que Jacqueline habite littéralement l’œuvre de l’homme qui l’aime comme un fou, corps et âme. L’exposition est riche, belle, et bouleversante.

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