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Les anamorphoses de Georges Rousse exposées au Festival du Regard

Agathe Lautréamont 27 juin 2016

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On ne présente plus le photographe français Georges Rousse, magicien de la photographie et actif depuis le début des années 1980. Sa pratique très personnelle de la photographie, qui mêle des approches aussi diverses que la peinture et l’installation artistique, lui a ouvert les portes des plus célèbres galeries, et lui a permis de s’affirmer très vite comme un des artistes photographes les plus influents de notre époque contemporaine. Cette année, le Festival du Regard de Saint-Germain-en-Laye lui dédie un accrochage monumental. Au sens propre, comme au figuré…

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Dans le cadre superbe du grand Manège Royal de Saint-Germain-en-Laye, une exposition majestueuse attend les visiteurs du Festival du Regard.  Sous la voûte séculaire du bâtiment, de solennels panneaux blancs reproduisent, dans des dimensions phénoménales, les plus belles photographies imaginées par Georges Rousse l’illusionniste.

Car oui, ce photographe né en 1947 est avant tout un prestidigitateur. Travaillant toujours à la chambre noire, l’artiste investit depuis des années des lieux désaffectés (granges, usines abandonnées, combles de châteaux…) où il peint, colle, sculpte, modifie à l’envie afin de créer un espace dans l’espace. Avec patience et méticulosité, l’artiste s’attache à imaginer des œuvres uniques, éphémères, en anamorphose et que seule l’image prise se montre capable de restituer.

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Argentan, 1997 © Georges Rousse

Nulle manipulation, très peu voire pas de retouche en post-traitement. Tout est installé par les mains et l’imaginaire de Rousse, capté le temps d’une seule photographie, puis oublié. La seule idée est de déboussoler le spectateur, qui ne sait plus tout à fait où il se trouve ; et perd la notion d’espace.

Une quinzaine de photographies ont ainsi été installées, dans des tirages titanesques, au cœur du Manège Royal. Saisissantes et éclatantes, les photographies de Georges Rousse sont une ode à la création, mais aussi à notre sens de la vue. Chaque image, créée dans un lieu spécifique, cherche à transformer la perception du visiteur vis-à-vis de l’espace bien sûr, mais avant tout de la réalité.

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Coblence, 1993 © Georges Rousse

Grâce à de subtiles installations et des touches de peintures parfaitement menées, Rousse finalise la création de trois espaces distincts, mais étrangement indéfectibles : celui, réel, dans lequel il est intervenu et a installé son œuvre. Un second espace créé de toute pièce grâce à l’anamorphose, fictif donc. Et enfin, un troisième et dernier espace qui mélange les deux précédemment cités, qui prend forme à l’instant de la prise de vue et qui n’existe que grâce à la photo. Cet ultime espace donne corps à ce que Rousse définit lui-même comme une « sculpture immatérielle », qui surprend, ravit et interroge.

Très poétiques tout autant que graphiques, les compositions mises au point par Georges Rousse parviennent étrangement à s’insérer à la perfection dans le décor qu’il leur a choisi. Loin de dénaturer l’espace désaffecté où il a décidé de travailler, Georges Rousse cherche systématiquement à créer une œuvre éphémère qui viendra sublimer le décor de ruine et de chaos, en lui adjoignant quelques touches de couleur, de gaîté et de rêve.

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Bercy, 1985 © Georges Rousse

Les sphères d’un bleu éclatant, les étoiles gigantesques et les damiers en papier journal viennent donc ajouter une autre dimension à l’espace ; le dote d’une dose de fantaisie qui ne laisse pas indifférent. C’est là tout l’attrait du travail de Georges Rousse : décloisonner les arts. L’architecture devient toile de fond, la photographie devient peinture, le réel devient incertain.

Comme un magicien, Rousse nous révèle une forme géométrique accrochée dans l’espace qu’on ne peut saisir que depuis un point de vue précis. Il joue avec la profondeur de champ, il sculpte le décor alentour, et crée ce qui lui plaît. Pour notre plus grand bonheur.

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