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Le Quai Branly rend hommage à Jacques Chirac et fête la diversité culturelle

Jéremy Billault 21 juin 2016

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A l’occasion de son dixième anniversaire, le Musée du Quai Branly rend hommage à son initiateur : Jacques Chirac. Depuis aujourd’hui 21 juin, le musée porte son nom (Musée du Quai Branly – Jacques Chirac) et présente une exposition jusqu’au mois de septembre consacrée à l’homme et sa passion pour les arts premiers de tous horizons, son engagement pour la diversité culturelle. 

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Masque japonais représentant un personnage du théâtre kyogen (XVIIIème siècle) présenté pour des raisons évidentes dans l’exposition ©Musée Georges-Labit/Ville de Toulouse

Appelez le Chirac. Jacques Chirac. C’est officiel, à partir d’aujourd’hui, celui qu’on connaissait sous le nom (un peu trop court ?) de Musée du Quai Branly portera désormais le nom de son initiateur, de celui sans qui les arts et civilisations d’Afrique, d’Asie, d’Océanie et des Amériques ne disposeraient pas du superbe écrin imaginé par Jean Nouvel : Jacques Chirac. Et pour ne pas faire les choses à moitié à l’occasion de son dixième anniversaire,le musée poursuit l’hommage à l’ancien Président de la République dans une exposition imaginée par Jean-Jacques Aillagon qui fut son Ministre de la Culture entre 2002 et 2004. La première exposition du Musée du Quai Branly – Jacques Chirac est donc consacrée à… Jacques Chirac, à son engagement et à sa passion, qu’il a longtemps gardé secrète, pour les Arts Premiers, expression créée par son ami le collectionneur Jacques Kerchache.

Visiting French President and sumophile Jacques Chirac (2ndL) is welcomed by Sumo Wrestlers at the Kyushu Grand Sumo Tournament in Fukuoka 21 November. The president is due to leave Japan 22 November for Paris.

Jacques Chirac accueilli par des sumotori au Kyushu Grand Sumo Tournament à Fukuoka le 21 novembre 1996 © JIJI PRESS / AFP

Abracadabrantesque ?

Dès son annonce, le projet d’une expo Chirac au Musée Chirac a intéressé autant qu’il a pu faire peur : on voyait déjà la marionnette des guignols, les affiches de campagne  et la tête de veau sur fond de « Voooooooooootons Jacques Chirac », ou même simplement un hommage un peu trop appuyé. Le fait est que, plus que sa vie son oeuvre, parler de l’homme permet plusieurs pistes de réflexions scientifiques plutôt intéressantes. D’abord,  l’évolution du regard européen sur l’art des autres civilisations, longtemps considéré comme mineur malgré sa diversité ; évolution fulgurante au XXème siècle, période que l’expo qualifie (avec un tantinet de zèle) de « siècle de Chirac ». Mais là où l’exposition tient sa promesse, c’est dans le traitement égal des époques et des zones géographiques : « le dialogue des cultures », l’engagement de Chirac pour la diversité des cultures à une époque où tout n’est que mondialisation et uniformité.

Musée du quai Branly. Vue de l'exposition "JACQUES CHIRAC ou le dialogues de cultures". Du 21 juin au 9 octobre 2016. Commissaire del'exposition : Jean-Jacques Aillagon, ancien ministre Mezzanine Est. Pour son 10e anniversaire, le musée du quai Branly consacre une grande exposition à son fondateur, Jacques Chirac. Véritable portrait culturel, l’exposition révèle la construction personnelle et politique de l’ancien président de la République à travers ses convictions culturelles. Longtemps restées discrètes, elles témoignent de la révolution qui a conduit l’Europe du 20e siècle à se défaire de son ethnocentrisme et à considérer les cultures lointaines avec plus d’intérêt et de respect. A travers plus de 150 œuvres présentées autour d’une soixantaine de dates clés, les fils du destin d’un homme croisent ainsi ceux de l’histoire des civilisations extra-européennes.

Vue de l’exposition © musée du quai Branly, photo Gautier Deblonde

On croise donc des pièces étranges, installées à côté de pièces étranges, dont l’étrangeté surgit encore plus grâce à un accrochage à la logique parfois étrange et difficile a cerner. Pas de présentation chronologique ou géographique, Brancusi  (qui partageait avec Modigliani son intérêt esthétique pour les œuvres d’arts premiers exposées à l’époque au Musée du Trocadéro, dont une partie des collections sont aujourd’hui au Quai Branly) laisse place à un masque japonnais aux traits familiers (on n’est finalement pas loin de la marionnette des guignols),  L’Homme qui marche de Giacometti illustre, quant à lui avec élégance, l’engagement de Chirac pour l’UNESCO (l’oeuvre exposée est celle de la Fondation Maeght, l’autre est toujours à l’UNESCO).

Jacques Chirac, Maire de Paris, réception d'Améridiens "Haidas" (Ouest du Canada). hotel de Ville. Aout 1989.

Jacques Chirac, Maire de Paris, réception d’Améridiens « Haidas » (Ouest du Canada). Aout 1989 © Eric Lefeuvre

L’art contemporain (Adel Abdessemed, Omar Victor Diop ou encore l’émouvante Leila Alaoui, disparue dans les récents attentats de Bamako) rencontre des pièces historiques dans une harmonie toute particulière : tout évoque, de près ou de loin, un engagement, l’ouverture d’esprit remarquable d’un homme qu’on a longtemps réduit aux westerns et aux musiques militaires et qui passait son temps à s’éclipser du parcours tout tracé des voyages officiels pour aller faire un tour dans les musées des pays qu’ils visitait.

Jean-Baptiste Belley, 2014, Série Diaspora

 Omar Victor Diop , Jean-Baptiste Belley, 2014, © Omar Victor Diop / Courtesy Galerie MAGNIN-A, Paris.

L’ensemble est agrémenté de photos, retraçant la vie de Jacques Chirac, toujours dans le but de refléter son amour des cultures du monde entier : Chirac en Algérie, pendant son service militaire, Chirac et son collier de fleur pharaonique, Chirac et les sumos ou encore Chirac à l’inauguration des différentes expositions majeures du genre (on pense notamment à L’art des Indiens Taïnosau Petit Palais). Quelques pièces proviennent même de la collection personnelle de l’ancien Président, dont une gigantesque dent de narval offerte par Jean Chrétien, Premier Ministre canadien de 93 à 2003 ou encore une statuette que les Chirac  appelaient Kofi Annan alors qu’ils étaient à l’Elysée, en raison de sa ressemblance (lointaine) avec le secrétaire général des Nations Unies de l’époque.

Figurine creuse féminine à décors géométriques représentant peut-être des peintures corporelles.

Figurine creuse féminine à décors géométriques, dite « Chupi ».600 avant J.-C.-200 après J.-C. © musée du quai Branly, photo Hughes Dubois

Chirac est donc bel et bien partout, en photos, dans le titre de l’exposition et, désormais, dans le nom du musée, mais cette omniprésence est justifiée par la richesse et, surtout, la diversité des pièces présentées. La création n’a pas de logique, le dialogue et le lien entre les œuvres réside en un engagement pour la diversité, une passion que Jean-Jacques Aillagon a su transmettre au cœur d’un musée qui en est l’écrin. Et à l’occasion de l’exposition, le Quai Branly expose, aussi, Chupi, la première oeuvre dont il a fait l’acquisition et qui est devenu son emblème, habituellement exposé au Louvre. Et rien que ça, ça vaut le détour.

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