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À la maison de Balzac, regards croisés entre les artistes et l’auteur de la Comédie Humaine…

Agathe Lautréamont 16 juin 2016

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Une promenade du côté de la maison de Balzac à Paris est toujours un voyage émouvant, une plongée dans le monde de la littérature et dans le foisonnement créateur du XIXe siècle. Perché sur les hauteurs du XVIe arrondissement de la capitale, le musée dédié au grand écrivain Honoré de Balzac propose jusqu’au 2 octobre prochain un accrochage très intéressant sur les liens étroits existant entre l’auteur de la Comédie Humaine et les artistes. Ceux d’hier, comme d’aujourd’hui…

Portrait de Balzac

Eduardo Arroyo (né en 1937). Portrait de Balzac, 2014 © Maison de Balzac – Roger-Viollet – Adagp, Paris 2016

Dans les petites pièces chargées d’histoire de la maison de Balzac, le visiteur amoureux d’arts et de lettres ne pourra que trouver son bonheur. Dans une scénographie immersive, qui reproduit sur les murs des extraits de romans du grand écrivain du XIXe siècle, une exposition passionnante et très précise se propose de détailler les liens entre Honoré de Balzac et les artistes ; ceux de son temps, mais aussi ceux plus proches de nous, des XXe et XXIe siècle, qui ressentent toujours une grande fascination pour ce bourreau de travail drapé dans son inénarrable robe de chambre, auteur d’une œuvre abyssale.

Le parcours thématique propose ainsi de déconstruire quelques mythes à commencer par celui qui, probablement, a le plus la vie dure : cette image du travailleur solitaire, ne pouvant trouver l’inspiration qu’une fois la nuit tombée, noircissant des pages et des pages de texte éclairé par la lueur d’une simple bougie. Une cinquantaine d’œuvres ont été rassemblées dans l’ancienne demeure de l’écrivain, afin de tenter de définir qui était vraiment le personnage de Balzac, comment il percevait le monde autour de lui, mais aussi comment ses contemporains le voyaient.

LES ROMANS POPULAIRES GRAVURE PARUE DANS LE JOURNAL POUR RIRE, 10 SEPTEMBRE 1853

Émile Marcelin et Dumont. Les romans populaires, Gravure, 1853 © Maison de Balzac

Pourtant, il est difficile de concevoir un personnage pouvant vivre de façon aussi isolé lorsque l’on a en tête le foisonnement de détails, la peinture acerbe, la description précise de toute une époque que Balzac a pu livrer dans les quelque quatre-vingt-seize ouvrages que compte La Comédie Humaine. Grâce à de très nombreuses gravures, des portraits émouvants et des caricatures de presse absolument hilarantes, c’est un tout autre auteur du Père Goriot qui nous apparaît, loin de la figure colossale assis à sa petite table de travail en bois, la plume à la main, que l’on a souvent en tête.

Le romancier était un homme éminemment sociable, qui n’aimait rien de moins que fréquenter les salons littéraires les plus courus de la capitale, rencontrer ses contemporains comme Victor Hugo,  Alexandre Dumas ou encore Eugène Sue. Séducteur dans l’âme, on le rencontre souvent croqué par un caricaturiste les bras chargés de lettres enflammées rédigées par des admiratrices qui rêvaient d’adresser leurs compliments à celui qui a écrit Le Lys dans la vallée ou les Mémoires de deux jeunes mariées.

COMEDIE HUMAINE - LES ILLUSIONS PERDUES - LA PAQUERETTE

Honoré de Balzac, Manuscrit corrigé du sonnet La Pâquerette dans les Illusions perdues ©  Maison de Balzac

Çà et là, on rencontre des sculptures, de taille plus ou moins modeste, qui rendent compte de la physionomie d’Honoré de Balzac. Certaines tendent à reproduire fidèlement le personnage à l’embonpoint légendaire (l’auteur était connu pour avoir un appétit d’ogre), d’autres réalisées après sa mort se concentrent sur l’aura prestigieuse que l’homme de Lettres dégage incontestablement (comme ce plâtre d’Auguste Rodin, prémices à sa fameuse sculpture qui provoqua tant de controverses).

C’est ainsi que l’on assiste à une véritable gradation de l’image de Balzac vu par les artistes. Au début de sa carrière, l’homme était volontiers moqué pour ses déboires aussi bien financiers que sentimentaux, ce qui faisait la joie des caricaturistes de tous bords qui n’aimaient rien de plus qu’écorner un peu cet auteur au style d’écriture très mal vu à l’époque (Balzac, avec son style concis et précis, était à mille lieues de personnages au lyrisme enflammé comme Alphonse de Lamartine ou Victor Hugo).

J.J. Grandville, Grande course au clocher académique, 1839 © Maison de Balzac

Puis, au fur et à mesure que son œuvre gagnait en ampleur autant qu’en popularité, le regard des artistes changea, se teinta peu à peu de respect, et parfois hélas de jalousie. Enfin, la postérité a fait de l’auteur de César Birotteau une sorte de mythe, un personnage à la stature absolument écrasante, mettant sur le devant de la scène l’image d’un écrivain incompris qui s’est tué à la tâche pour pouvoir être enfin reconnu de son œuvre (c’est occulter son incapacité presque pathologique à gérer ses comptes correctement, et sa propension à toujours dépenser plus qu’il ne gagnait). Honoré de Balzac a donc fasciné, les artistes d’hier et d’aujourd’hui se sont emparés de son image ; et la passionnante exposition de la Maison de Balzac rend compte à merveille de cette image profondément complexe.

BALZAC ET LES ARTISTES

17/06/2016 > 02/10/2016

Maison de Balzac

PARIS

De la petite table en bois sur laquelle aura été écrite toute La Comédie humaine, jusqu’aux tout récents portraits de l’écrivain p...

Exposition terminée
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