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Numérisation et reproduction au secours des grottes de Mogao

Agathe Lautréamont 15 juin 2016

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Promouvoir un lieu de patrimoine exceptionnel peut parfois être extrêmement délicat lorsque la fragilité des œuvres qu’il contient impose une régulation des plus strictes du nombre de visiteurs. C’est le cas des grottes de Mogao, en Chine, un ensemble de plus de 500 sanctuaires bouddhistes creusé dans la montagne, pour certains datant du IVe siècle. Menacées par l’afflux de visiteurs, une équipe de chercheurs chinois et américain réfléchissent aujourd’hui à l’éventualité de recréer intégralement les grottes à l’aide de la technologie…

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Un sanctuaire dans les grottes de Mogao © Wikimedia Commons

Dans la province de Gansu en Chine, non loin du désert de Gobi, 492 temples bouddhistes ont été creusés directement dans la montagne par des moines, entre le IVe siècle et le XIVe siècle. Sanctuaires, lieux de culte, bibliothèque et tombes ont ainsi été créés ex nihilo et richement ornementés au fil des années. Ces grottes représentaient des lieux de dévotion d’une grande importance, idéalement situées qu’elles étaient sur la fameuse route de la soie. À l’heure actuelle, les archéologues estiment que ces espaces sont les plus anciennes grottes recouvertes de peintures murales de toute l’histoire de l’Empire du Milieu.

Aujourd’hui, le site est classé au Patrimoine Mondial de l’UNESCO, et représente un lieu touristique très attractif pour les voyageurs venus des quatre coins du monde. Malheureusement, du fait de leur ancienneté, de leur situation de préservation parfois préoccupante, et face au défi représenté par le nombre grandissant de touristes venus les visiter, les grottes de Mogao sont aujourd’hui menacées. À tel point que l’Institut de Conservation Getty travaille activement depuis plusieurs années avec le gouvernement chinois afin de s’assurer que les cavernes puissent traverser les siècles…

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L’entrée du site © Wikimedia Commons

Et un de ces moyens de préservation a été de photographier, numériser puis recréer (pour certaines dans leur intégralité) ces grottes et leur contenu. Le résultat de ces nombreuses années d’expertise, de travail et de recherche est actuellement l’objet de la nouvelle exposition du Centre Getty de Los Angeles : « Les temples-cavernes de Dunhuang : l’art bouddhiste sur la route de la Soie », visible aux États-Unis jusqu’au 4 septembre prochain.

Les grottes ont été (en partie) ouvertes aux visites en 1980, mais dès 1989, les autorités de la région de Mogao se sont rendues compte que le sable du tout proche désert de Gobi pénétrait dans les anciens espaces de culte et altérait les pigments des peintures murales. Chaque année, des centaines de mètres cubes de sable doit être retirés des grottes. Parfois, le sable brûlant et corrosif usait certaines parois au point de les affiner et provoquer l’apparition de fissures inquiétantes.

Puis, il a fallu répondre au problème des variations de température et d’humidité provoquées par les incessantes allées et venues des visiteurs (une foule de curieux peut provoquer une élévation du taux d’humidité de 5%, pouvant avoir un impact désastreux sur le patrimoine), ainsi que se livrer à une analyse précise des pigments utilisés pour les ornementations murales. En apprendre plus sur les matériaux utilisés pour ces œuvres d’art a permis aux archéologues de savoir si les couleurs avaient déjà changé au fil des siècles et si l’ouverture soudaine au public du site avait eu un impact négatif sur ces dernières.

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Un des bouddhas géants situés dans les grottes © Wikimedia Commons

Enfin, dernier élément à prendre en compte, et non des moindres : les grottes de Mogao sont situées sur une zone sismique. Or, face au déchaînement des éléments, l’homme est bien impuissant ; d’où l’idée ayant germé au fil des années, de numériser intégralement le site…

Mais la pièce probablement la plus précieuse de ce complexe d’un peu moins de 500 grottes (une soixantaine seulement sont ouvertes au public) demeure les grands bouddhas. Quatre des lieux de culte en contiennent, tous ont été sculptés vers le VIIe siècle et l’un d’entre eux atteint la taille monumentale de 35.5 mètres ! Les œuvres, terriblement fragiles, ne doivent pas être vues par plus de 6000 visiteurs par jour, ce qui demeure un nombre important ; trop important aux yeux des conservateurs.

Tous ont en effet en tête le sort qui a été réservé par les Talibans aux bouddhas de  Bâmiyân. Les œuvres, situées au Pakistan, avaient été dynamitées en 2001… La numérisation et la reproduction des grottes lancées par la Fondation Getty tendent ainsi à vouloir préserver coûte que coûte ce joyau du patrimoine asiatique, qui ne cesse de se détériorer au fil des ans.

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Un sanctuaire dans les grottes de Mogao © Wikimedia Commons

En proposant au grand public une visite la plus immersive et réaliste que possible, mais également en offrant une expérience immersive incluant des éléments en 3D, les scientifiques espèrent que la technologie pourra venir en aide aux grottes de Mogao. Certaines parties des reproductions ont été peintes intégralement à la main, tandis que des numérisations de certains manuscrits entreposés dans les sanctuaires peuvent être admirés puis consultés par les visiteurs de l’exposition américaine.

L’idée est simple : tenter de recréer le même sentiment d’éblouissement que les pèlerins des siècles passés ont dû ressentir en pénétrant dans les grottes, et assurer une pérennité à ces dernières. Une question plus que jamais d’actualité ces derniers mois, à une époque où les destructions d’antiquités se multiplient dans le monde, et plus particulièrement au Moyen-Orient.

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