Votre action a été enregistrée avec succès !


expo_une_favori
expo_cercle_1 CY TWOMBLY

30/11/2016 > 24/04/2017

Centre Pompidou

- PARIS

expo_cercle_3 SOULÈVEMENTS

18/10/2016 > 15/01/2017

Jeu de Paume - PARIS
expo_cercle_5 BRASSAÏ

09/11/2016 > 30/01/2017

Centre Pompidou - PARIS

LA NEWSLETTER

La collection de peintures de nus des rois d’Espagne bientôt exposée !

Agathe Lautréamont 15 juin 2016

Share on FacebookTweet about this on TwitterGoogle+

Aux États-Unis, l’Institut d’Art Clark s’apprête à accueillir une exposition qui, autre siècles en arrière, aurait fait scandale. Un ensemble d’une trentaine d’œuvres de grands peintres, pour la plupart des nus, qui avait appartenu aux rois d’Espagne Philippe II et Philippe IV. Durant leurs règnes, les souverains étaient contraints de garder cette collection secrète, afin de ne pas froisser les bonnes mœurs…

Titian (Tiziano Vecelli), Venus with an Organist and Cupid, (ca. 1550–1555).

Titien, Vénus avec Cupidon et un organiste, vers 1550 © Wikimedia Commons

Jusqu’au 10 octobre, si vous avez prévu de passer quelques vacances du côté de la côte est des États-Unis, poussez jusque du côté du Massachussetts, où se trouve le musée Clark Art Institute. Celui-ci présente en effet une exposition quelque peu sulfureuse, tout du moins selon l’époque depuis laquelle on la regarde !

Intitulé « Splendeur, Mythe, Vision », l’accrochage s’attarde sur la présentation d’une collection de tableaux qui, aux XVIe et XVIIe siècles, étaient vu comme si lascifs, si choquants, si impudiques, que même le roi d’Espagne en personne devait la garder secrète…  Les mœurs espagnoles, un pays profondément catholique, auraient en effet pu être choquées par des œuvres représentant des corps humains dans toute leur nudité, tandis que l’Inquisition n’aurait pas manqué de vouer aux gémonies ces œuvres d’art si mal considérées en ces temps passés.

Guido Reni, Saint Sebastian, (ca. 1617–19).

Guido Reni, Saint Sébastien, vers 1617-1619 © Wikimedia Commons

Mythologie et récit biblique

L’exposition a été rendue possible grâce à de nombreux prêts accordés au Clark Institute par le Musée du Prado, et la plupart des œuvres sont de la main de grands maîtres comme le Guerchin, Rubens, le Tintoret, Guido Reni ou encore le Titien. La plupart des sujets sont tirés de la mythologie grecque et latine, comme la Vénus avec Cupidon et un organiste, toile exécutée par Titien vers 1550-1555, ou encore le Viol d’Europe par le même artiste, une œuvre réalisée plus tard dans sa carrière (le tableau est daté aux alentours de 1628-1629).

D’autres cependant, s’éloignent de la mythologie (excuse bien pratique pour représenter des hommes et femmes dans leur plus simple appareil) pour aborder des épisodes issus de l’Ancien Testament, comme l’œuvre de Francesco Furini : Lot et ses filles, datée de 1634. Malgré la beauté indéniable des œuvres et la précision de leur exécution, les rois étaient forcés par l’église catholique de cacher ces œuvres dans leurs résidences royales, n’acceptant de les montrer qu’à de petits groupes de notables triés sur le volet.

eter Paul Rubens, Fortuna, (1636–38)

Pierre Paul Rubens, La Fortune, vers 1636-1638 © Wikimedia Commons

Un secret de polichinelle

La collection fut d’abord la propriété du roi Philippe II (1556-1598) avant de passer aux mains de Philippe IV (1621-01665), à une époque où l’Espagne figurait parmi les plus grandes puissances européennes, en partie grâce à son rayonnement culturel mais surtout grâce à ses nombreuses colonies disséminées à travers le monde. Les tableaux étaient conservés dans des « salas reservadas » (pièces réservées), des chambres qui à l’époque, comptaient le plus grand nombre de peintures de nus dans toute l’Europe !

Cependant, l’église n’était très probablement pas dupe de l’existence de la tendancieuse collection royale, mais celle-ci aurait choisi de fermer les yeux tant que celles-ci ne sortaient pas des appartements du roi, de sorte à ne pas détourner le petit peuple de la bonne morale. Et ce fut effectivement le cas.  Les œuvres furent rarement exposées ou montrées au public, jusqu’à très récemment. Cependant, la collection sulfureuse du roi d’Espagne était en vérité un secret de polichinelle. Quand le goût des souverains pour les peintures de nus s’est répandu dans toutes les cours d’Europe, d’autres monarques se mirent à offrir des toiles représentant des corps dénudés aux rois, enrichissant ainsi la collection royale. L’un de ces cadeaux est la toile du Guerchin, Suzanne et les anciens, une œuvre peinte en 1617 et représentant un épisode biblique.

À la mort du roi Philippe IV en 1665, cette exceptionnelle collection manqua d’être détruite par son successeur au trône d’Espagne, Charles II, choqué par l’indécence des œuvres d’art. Fort heureusement, et sans que l’on sache véritablement comment, les tableaux traversèrent les siècles préservés (sauf dans le cas du Saint Sébastien de Guido Reni, qu’un peintre peu scrupuleux affubla d’un pagne venant cacher son sexe initialement laissé visible par l’artiste, quelques années plus tard). Finalement, elles finirent par entrer dans les collections permanentes du Musée du Prado en 1827.

LES DERNIERS ARTICLES

AJOUTER UN COMMENTAIRE