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À la galerie Anne-Sarah Bénichou, les pierres ont une mémoire…

Agathe Lautréamont 7 juin 2016

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Jusqu’au 16 juillet prochain, la galerie Anne-Sarah Bénichou propose une exposition toute en subtilités et en poésie, intitulée « Le souvenir des pierres ». Un titre bien surprenant pour cet accrochage signé de l’artiste Julien Discrit, qui voit la géographie et la géologie comme des pistes de tentative de compréhension du monde…

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Vue de l’exposition © Julien Discrit courtesy – Galerie Anne-Sarah Bénichou

C’est la première fois que l’artiste Julien Discrit propose une exposition personnelle au sein de la galerie Anne-Sarah Bénichou. Et quelle exposition ! D’abord, un titre pour le moins antithétique : « Le souvenir des pierres ». Peut-on véritablement dire, à moins d’avoir su garder une âme d’enfant (ou de poète), que la roche peut être dotée d’une quelconque mémoire ? Mais Discrit n’a pas peur de rapprocher des domaines contradictoires, pour mieux provoquer des rencontres étonnantes et d’une grande subtilité.

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Vue de l’exposition © Julien Discrit courtesy – Galerie Anne-Sarah Bénichou

D’un côté nous avons l’élément minéral, qui incarne une forme de temps immuable, une sorte de sagesse glanée au fil des millénaires et des transformations de notre planète. De l’autre, il y a notre capacité à nous souvenir, qui est pourtant si faillible ! Quoi de plus simple d’oublier, de manquer, d’omettre ? La mémoire cherche à retenir ce qui est fugace. La pierre est permanente et porte en elle les marques de l’histoire de la Terre. L’artiste plasticien a donc tout naturellement fait se rejoindre ces deux domaines, dans une exposition pleine de douceur, où la sensibilité rivalise avec la surprise, le sens du détail avec la délicatesse.

Tirages pigmentés, photographies, sculpture en verre acrylique ou encore cartes ponctuent le parcours proposé par la galerie parisienne. Que cherche à nous souffler à l’oreille Julien Discrit ? Grâce à ces réalisations reprenant les codes de la topographie et de la géographie, le créateur tend à expliquer qu’avec une once d’imagination, la pierre ne se limite pas à revêtir le rôle d’une forme inerte, froide, morte; mais au contraire qu’elle porte des souvenirs figés en elle qu’il convient de décortiquer d’un œil aussi scientifique qu’artistique.

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Inframince (Mont-Blanc) 2007 © Julien Discrit courtesy – Galerie Anne-Sarah Bénichou

La mémoire elle, est vivante, mouvante, elle évolue sans cesse au fil des ans et des expériences. Cette activité mentale constante pourrait-elle se retrouver au cœur de la roche ? Les créations exposées dans la galerie sembleraient bien dire que oui, si l’on accepte de se laisser porter par le lyrisme de certaines réalisations. On retiendra en particulier « Inframince (Mont-Blanc) », une sculpture en verre acrylique reproduisant à l’intérieur de celle-ci le relief du massif du Mont-Blanc. Il faut tourner autour de l’installation, la décortiquer, admirer le travail exécuté au creux du verre qui reproduit avec beaucoup de précision les formes escarpées des montagnes, c’est superbe !

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Etats Inversés -Walla Walla-  2016 © Julien Discrit courtesy – Galerie Anne-Sarah Bénichou

Un court film, intitulé « Sédiments », vient compléter la visite. Réalisé au cours de l’année 2013 et présenté pour la première fois à Paris, celui-ci convoque peut-être encore plus que toutes les autres créations exposées à la galerie, cette idée de mémoire. Dans des images lentes, qui se succèdent à un rythme hypnotisant, roches, sédiments, reliefs se rencontrent et se confondent, tout en étant explorés par Julien Discrit.

Celui-ci semble emporté dans une quête de compréhension du temps géologique, il cherche à parvenir à enfin lire cette grande écriture du monde renfermée dans les pierres. La réalisation met en scène un personnage anonyme, aux prises avec son passé douloureux qui sans crier gare, a refait surface, importun. Il finit par se laisser emporter par les strates, les vagues, les recouvrements successifs qui déferlent sur la surface de la Terre.

LE SOUVENIR DES PIERRES

21/05/2016 > 16/07/2016

GALERIE ANNE-SARAH BENICHOU

PARIS

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Exposition terminée
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