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Le lumineux noir et blanc de Josef Sudek éclaire le Jeu de Paume

Agathe Lautréamont 6 juin 2016

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Lorsque l’on cherche une exposition de cette ampleur consacrée au photographe tchèque Josef Sudek, il faut hélas remonter l’horloge jusqu’en 1988… Il était donc plus que temps de remettre en avant ce magicien de la lumière, considéré comme un des pères de la photographie tchèque. Ses compositions en noir et blanc, réalisées entre les années 1930 et 1970, subjuguent et ne sauraient laisser indifférent. Promenade dans un accrochage coup de cœur !

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Josef Sudek, La dernière rose, 1956 © Succession de Josef Sudek

Visiter l’exposition « Josef Sudek : le monde à ma fenêtre », c’est pénétrer dans un ailleurs, où la lumière se fait révélatrice des touches de poésie insoupçonnées qui constellent une vie quotidienne. Des moments de grâce dont on aurait peine à soupçonner l’existence, mais que l’œil et la sensibilité couplés de Josef Sudek parviennent à dévoiler au regard du monde.

Mais il les révèle avec pudeur et prudence, comme quelqu’un qui s’avancerait sur la pointe des pieds… Sudek (1896-1976) était de ces créateurs qui ne s’intéressent pas à la quête aussi effrénée qu’utopiste de la photographie parfaite. Celle qui respecte les lignes de fuite, se compose avec la règle des tiers et se cale sur des lois de géométrie bien trop normées, et donc intrinsèquement froides. L’anguleux, le droit, le rectiligne n’est pas ce qui attire l’artiste qui fuit le défini, le précis ; préférant guetter la vie des objets, rechercher le souffle des jours qui ne souffre aucune certitude, aucune norme véritable.

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Josef Sudek, Labyrinthe sur ma table, 1967 © Succession de Josef Sudek

L’événement du Jeu de Paume ne se contente donc nullement d’un simple parcours chronologique. L’exposition peut se targuer d’être la première de cette ampleur à rendre compte du travail et de l’existence de Josef Sudek, dont la majorité de la carrière se déroula dans un pays troublé, au sein d’une capitale qui était le cœur battant d’une nation mais aussi le reflet des agitations et des dissensions au sein d’une Europe qui se construisait.

Quand Sudek travaillait, la République Tchèque était encore la Tchécoslovaquie. Mais bien loin de ces questions politico-sociales, Josef Sudek s’est surtout attelé à photographier un pays qu’il aime, qu’il décrypte, détaille, explore au gré de ses pérégrinations campagnardes ou citadines. Cent trente photographies ont été rassemblées par le musée de la Place de la Concorde en ce sens.

Toutes courent de 1920 à 1976, toutes explorent les subtilités du monde environnant, les enchantements fugaces d’un crépuscule ou d’une ville endormie, le lyrisme ensorcelant d’une rose fanée posée sur le rebord d’une fenêtre dégoulinant de pluie automnale.

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Josef Sudek, Prague pendant la nuit, vers 1950-1959 © Succession de Josef Sudek

Des débuts de sa carrière représentés par d’émouvantes épreuves gélatino-argentiques  aux portraits de son cercle d’amis en passant par ses expérimentations presque surréalistes de la fin de sa vie, le parcours proposé par l’institution culturelle parvient à collectionner d’incroyables temps forts d’une existence. Une existence qui fut entièrement tournée vers la captation de l’image, vers l’art de sublimer un instant, vers la recherche du petit rien d’une journée, mais dont la beauté suffit à éclairer l’âme et le cœur.

C’est avec le même œil amoureux de la belle lumière et de la composition exquise que Josef Sudek photographie une portion de son jardin depuis la fenêtre embuée de sa maison, ou immortalise des scènes de rue captées au beau milieu de la capitale de la République Tchèque, Prague.

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Josef Sudek, Le jardin royal, vers 1940-1946 © Succession de Josef Sudek

Le photographe est affamé de lumière : il la cherche, la traque, la suit, la saisit au vol, l’absorbe dans ses tirages argentiques et exploite ses mille et un reflets dans des photographies d’une beauté à couper le souffle. Avec un talent rare, l’artiste fige l’instant en noir et blanc et avec le même talent un jardin public ou l’intérieur d’une cathédrale baignée de lumière filtrant au travers des vitraux.

Tout est magnifié chez ce photographe inspirant mais aussi d’une grande intelligence, qui avait parfaitement compris que la luminosité, avant tout autre artifice, toute autre pirouette photographique, est la clé de voûte d’une image. Son essence.

JOSEF SUDEK (1896 – 1976)

07/06/2016 > 25/09/2016

Jeu de Paume

PARIS

« Le monde à ma fenêtre » est la première exposition de cette ampleur qui resitue le travail et la vie de Josef Sudek (Kolin, 1896 ...

Exposition terminée
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